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LE ROLE DE L'OXYGENE

Il serait superflu de rappeler que l'oxygène doit au cours de l’anesthésie générale, être administré au patient en quantité au moins suffisante à ses besoins métaboliques, si cette notion, n'avait été contestée par certains physiologistes.

Chaque individu a besoin d’une ration d'oxygène qui varie entre 200 et 600 cc. par minute. Au-dessous de ce débit minimum, il subit les effets de l’anoxémie, dont le premier signe est la cyanose, mais dont les effets se font sentir d’un façon moins visible et plus grave sur les fonctions vitales de l’organisme. Au Congrès de Boston (octobre 1934), de très nombreuses communications appelèrent l’aftention des chirurgiens sur l'influence de l’anoxémie sur les fonctions hépatiques. Les congressistes ont été unanimes à recommander aux anesthésistes de s’efforcer de maintenir dans l’atmosphère alvéolaire un taux d'oxygène suffisant. Faute d'observer cette précaution, on peut voir apparaître même à la suite d’anesthésies de courte durée avec le protoxyde ou l’éthylène des troubles importants de la jonction hépatique (Niéber).

La privation d'oxygène est un des plus grands inconvénients de l’anesthésie au protoxyde d’azote et à l’éthylène. Nous avons vu que le patient était toujours maintenu à la limite de ses besoins en oxygène, que certains restaient cotinuellement : cyanosés et que d’autre part un patient peut, sans être cyanosé, être privé d'oxygène.

L'anoxémie peut survenir par plusieurs mécanismes :

1° Déficit de la tension de l'oxygène dans le sang artériel. Ééluiel peut être dû à une altération de l’épithélium pulmonaire.

Rulh, en 1930, a montré l'existence d’un œdème des parois

alvéolaires qu’il attribue à l’action irritative de l’éther. C'est

là on cause qu'on ne peut invoquer qu'au cours de cette anesthésie particulière.

En pratique, le déficit de la tension de l'oxygène dans le sang artériel est dû à un abaissement de la concentration en oxygène du mélange gazeux inspiré par le malade. En moyenne, pour que celui-ci ait à sa disposition une quantité d'oxygène suffisante, il faut que cette concentration soit d’au moins 20 %. Or, avec l’appareil d'Ombrédanne, elle est en moyenne de 11,6 %, avec l’appareil de Desmarest de 10%. La respiration en atmosphère aussi confiné n’est possible que par une accélération du rythme respiratoire dû à l’excès de CO”, dont nous verrons plus loin les inconvénients. Avec le cyclopropane, la concentration en oxygène est toujours supérieure à la concentration utile, puisqu'elle varie entre 90 et 80 %. Un tel excès d'oxygène ne peut avoir que des avantages, supprimant tout danger d’anoxémie et permettant une respiration lente et superficielle.

2° L'organisme peut être privé d'oxygène par d’autres mécanismes au cours de l’anesthésie

Par anémie : Certains produits anesthésiques diminuent

considérablement, le nombre des globules rouges circulant. C’est surtout l’acétylène qui est responsable de cette anoxémie anémique, et à un degré moindre, mais non négligeable : le chloroforme, l’éther et l’évipan. (Joltrain). . 3° L’anoxémie peut être due également à la sfase sanguine. Ce type d’anoxémie se produit lorsque, par suite d’un ralentissement circulatoire, l’approvisionnement des tissus en oxygène devient insuffisant. De très nombreux travaux scientifiques (Halsey, Reynolds, Joltrain, etc.) insistent sur ce ralentissement qui peut être dû, d’une part à l’hypotension artérielle, d'autre part à un défaut de la contractibilité cardiaque au cours de l'anesthésie par les principaux agents : éther, chloroforme, évipan, avertine.

4° Enfin, la plupart des narcotiques courants privent l'organisme du précieux comburant par les modifications qu'ils apportent au processus d’oxydation tissulaire. C’est l’anoxémie

histotoxique. L'on voit donc que par tous ces mécanismes, l'organisme risque, au cours de l’anesthésie, d'être privé dangereusement d'oxygène. Il nous paraît inutile de rappeler les hypothèses suivant lesquelles l’anoxémie jouerait un rôle utile à l’anesthésie. Certaines autres prétendent que l’oxygène joue un rôle nocif au cours de l’anesthésie (Cordier), que l’anoxémie histotoxique est la cause même de la narcose (Mashall et Rosenfeld). S'il était besoin d’opposer un argument à ces théories, il suffirait de rappeler que l’on peut donner une anesthésie parfaite à un malade suroxygéné, grâce au cyclopropane.

C'est, en effet, la grande supériorité de cet anesthésique, de permettre au malade de respirer un excès considérable d’oxygène, et d'empêcher précisément tout risque d’anoxémié par les mécanismes que nous venons d'étudier et ses dangereuses conséquences : menaces de syncope et altération de la cellule hépatique.

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