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LA METHODE DES ANESTHESIES DE BASE

Parmi les nouvelles méthodes, l’anesthésie de base est une des plus intéressantes. Elle marque un progrès considérable.

L'anesthésie de base ou de fond, encore appelée pré-narcose, hypno-narcose, sommeil crépusculaire, répond à un double but : diminuer la dose de l’anesthésique complémentaire, supprimer l'angoisse pré-opératoire.

L'idée en est très ancienne, puisqu'il y a plus de trente ans, Lejars avait rapporté d'Allemagne la scopolamine-morphine, dont il avait généralisé l'emploi. En 1o10, Fédoroff utilisait l’hédonal; plus récemment, on eut recours au somnifène (Bérard), au numal (Fredet), à l’amytal (Ferguson). Depuis . une dizaine d’années, Bréchot a l'habitude de préparer ses opérés par le bromure de sodium, Desplas par le soneryl, etc. Mais il ne s’agissait pas alors d’une véritable pré-narcose.

La véritable anesthésie de base n’a été bien appliquée que le jour où l’on a connu l’avertine ou tribromo-éthanol, plus connu en France sous le nom de rectanol, et qui nous vient également d'Allemagne.

C'est depuis l’apparition de l’avertine que l’on a bien compris tous les bienfaits que l’on pouvait tirer de cette nouvelle méthode ;: depuis, on a multiplié les anesthésies de base. On a redécouvert la scopolamine, qui est maintenant introduite par la voie intra-veineuse par les chirurgiens suisses; on a utilisé une centaine de barbituriques, en particulier l’évipan et le rectidon.

Quel que soit le narcotique utilisé, il convient de ne jamais perdre de vue la double indication de l’anesthésie de base: diminuer la dose anesthésique et supprimer l'angoisse préopératoire. Si nous insistons sur ce point au risque de nous répéter, c’est qu’on l’a souvent oublié, et que, là aussi, de graves erreurs ont éfé commises, par excès ou par défaut.

Par excès: Certains, frappés de la facilité avec laquelle les malades s’endorment sous l'influence du lavement d’avertine ou de l'injection d’évipan, se sont laissé aller à augmenter les doses dans le but de supprimer l’anesthésie complémentaire. La plupart des produits employés ont été présentés hâtivement au public médical, et les notices qui les accompagnent comportent généralement un tableau, sorte de barême permettant soi-disant de calculer la dose optima, en se basant sur l'âge, le sexe, le poids, etc... du malade. Il faut se défier de cette manière d'opérer, qui a conduit à des déboires et à des accidents.

Un autre excès a été commis par les partisans des anesthésiques peu puissants, tels que le protoxyde et le chlorure . d'éthyle. Ces anesthésies combinées à une anesthésie de base un peu poussée, sont apparues comme très puissantes, en réalité, leur faiblesse était déguisée par une intoxication préalable qui risquait d'être excessive.

Il faut se rappeler :

1° Que tous les produits utilisés actuellement en anesthésie de base sont des toxiques ;

2° Que la dose nécessaire à chaque individu ne peut en aucun cas être établie à l’avance.

Il existe pour chaque malade une dose qu’on ne peut déterminer qu'en administrant l’anesthésie de base lentement, progressivement, en surveillant les signes cliniques de l’anesthésie commençante. [1 faut savoir s'arrêter dès qu’on a obtenu l’effet désiré, c'est-à-dire la pré-narcose, la perte de conscience et Fo l’anesthésie chirurgicale. Sinon on risque de voir apparaître les pires accidents d'intoxication, contre lesquels on ne ou rien, car une fois que la dose toxique est lancée dans l'organisme par la voie intra-veineuse ou rectale, il est trop tard.

La deuxième erreur, par défaut, est celle qui consiste à emte Fu an PHP anesthésique insuffisante,

, morphine, le bromure de sodium,

à utiliser des doses insuffisantes ou à ne mettre en train l’anesthéSie de base qu’au dernier moment, sur la table d'opération.

C'est contre cette dernière erreur que nous voulons surtout mettre en garde les anesthésistes qui emploient l’anesthésie de base par voie intra-veineuse. L’indication majeure de l’anesthésie de base, son effet psychique sur le malade que l’on doit endormir dans son lit, presque à son insu pour lui éviter la peur du masque et la vue de la salle d'opération, est complètement oubliée. «Que devient cette pré-narcose dont les bienfaits étaient si agréables, lorsqu'on conduit le malade dans la salle d'opération, qu’on introduit dans sa veine une aiguille, qu’on le prie de compter jusqu’au moment où il s’endort sous l’œil intéressé de tous les assistants ? »(Desmarest).

L’anesthésie de base bien comprise mérite d’être généralisée ; elle apporte au malade le maximum de confort et de sécurité à condition qu’on ne perde pas de vue sa raison d’être et qu’on utilise un anesthésique complémentaire d’une puissance suffisante à lui seul.

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