‹ L'Anesthésie au CyclopropaneChapitre 27 sur 42 · CH · texte numérisé non relu

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Le mélange d'un volume de cyclopropane avec 4,3 vol. d'oxygène est explosif. Le mélange d’un volume de cyclopropane avec 21,4 vol. d'air (contenant 4,3 vol. d'oxygène) est également explosif. Il correspond à une teneur de l'air en cyclopropane de 4,5 p. 100 en volume. Lorsque la teneur atteint 10 p. 100, le mélange n’est plus explosif. Dans ces conditions, pas de risque d'inflammabilité, mais la combustion devient dangereuse par les gaz toxiques dégagés. Elle n’est plus poussée REE au stade CO* et s'arrête, en ie à l’oxyde de carbone ou à l’aldehyde formique. |

Le permanganate de potassium, à froid, en solution diluée (1-2 p. 100) n'attaque pas le cyclopropane. Tel est du moins l'avis des chimistes jusqu’à ces dernières années; c'était un moyen de se débarrasser du propène. Mais l'étude physique vers 1931 du méthyléthylcyclopropane, faite en France par Lespiau, Wakemann et Bourguel, a révélé des anomalies curieuses à ce dérivé, qui possède une exaltation nette de la réfraction moléculaire. Le spectre Raman de ce corps soigneusement purifié était exempt des raies caractéristiques de la double liaison, et néanmoins il réduisait le permanganate. Il semble donc vraisemblable que la réduction permanganique et l’exaltation réfractométrique soient le fait même du cycle triméthylénique. Les observations sont encore trop peu nombreuses pour que l’on puisse dès maintenant retenir la réduction du Pérmanganate comme une propriété chimique générale des composés cyclopropaniques. En tous cas, pour le cyclopropane

= AOI — 2

lui-même, la réduction, si elle existe, est hors de proportion avec celle des impuretés éthéniques, comme lle propène par exemple.

Il en est de même de l’action du brome, plus marquée qu'avec les cycles plus grands, mais moins rapide qu’avec le propène.

Essai

Le cyclopropane destiné à l’anesthésie doit être exempt d'impuretés. Le prix élevé de ce composé chimique et l'usage important auquel il est destiné, nécessitent un essai. Il ne doit contenir ni impureté provenant de sa fabrication (hydrogène, propane, propène, dérivés halogénés), ni gaz toxiques (oxyde de carbone), ni gaz ajouté pour le diluer (oxygène, azote, gaz carbonique). On devrait donc procéder à une analyse gazométrique comme celle établie par Lebeau et Damiens pour d’autres carbures. L’essai qualitatif peut suffire en pratique. Duquénois propose le suivant : Le gaz doit être entièrement absorbable par l'acide sulfurique fumant. Un gramme d’acide absorbe 480 cc. de cyclopropane à 18° d’après Berthelot (gaz étrangers).

L’eau de baryte ne doit pas se troubler quand on y fait barboter un courant lent et prolongé du gaz (le CO? pouvant provenir d'un emploi antérieur). Il en est de même du nitrate d’argent ammoniacal : un précipité blanc indiquerait la présence de carbures éthiniques (acétylène), un précipité brun serait l'indice d’une réduction à l’état d'argent métallique (oxyde de carbone).

Le permanganate de potassium à 1 p. 100 ne doit pas être réduit immédiatement, et le cyclopropane doit être sans action sur une solution acide de bromate de potassium (propène). Enfin, une solution aqueuse contenant 33 gr. 3 de Br et 13 gr. diode dans 200 cc. absorbe d’abord le propène. Une telle solution a servi à Roginsky et Rathman pour éliminer le propène du cyclopropane et pour faire l'analyse du mélange de ces gaz.

La tolérance des traces de propène nous semble possible, ce gaz étant lui-même un anesthésique général peu toxique (Duquénois).

Présentation

Le cyclopropane a été d’abord uniquement délivré par l'Ohio. Chemical and Manufacturing C° de Cleveland en gros tubes d'acier contenant 100, 200, 500 litres de cyclopropane liquéfié à la pression de 5 kg. 27 par cm’ (7 livres par pouce carré).

Depuis un an environ, l’Imperial Chemical Industries de: Londres produit le cyclopropane présenté de la même façon.

Un gros progrès, qui a permis la diffusion du cyclopropane à l'étranger a été réalisé par la firme Squibb de New-York, qui délivre actuellement le cyclopropane en petits obus d'aluminium, dits amplons, de 04, 22, et 7 litres. Ces derniers, que nous représentons sur la figure 4, sont à peu près des dimensions des petits obus sparklett de CO bien connus en France.

L'avantage de ces petits obus est qu’ils sont extrêmement légers et qu’ils peuvent être jetés quand ils sont vides, ce qui simplifie le réapprovisionnement. On a beaucoup exagéré le prix de revient du cyclopropane en ne tenant pas compte des très faibles quantités nécessaires. Le petit amplon de 7 litres suffit pour 8 heures d’anesthésie environ.

Sans insister davantage sur cette question, nous pouvons affirmer qu’actuellement, en France, une anesthésie au cyclopropane ne revient pas plus cher qu’une anesthésie au protoxyde d'azote. Le coût en sera encore abaissé dès que les producteurs français fabriqueront eux-mêmes le cyclopropane.

Fig. 4 : Le petit tube d'aluminium « amplon » contenant 7 lit, 1/2 de cyclopane à la pression de 5 kilogs. Ce tube, des dimensions du petit obus sparklets suffit pour environ 8 heures d’anesthésie.

PROPRIETES PHYSIQUES

Le cyclopropane est un gaz qui bout à 34°,5; il est incolore; son poids moléculaire est de 42,05 et sa densité est de 1,46. Il est donc plus lourd que l’air. Comme les vapeurs d’éther, le gaz échappé d’un tube se répand à terre, mais son odeur est suffisamment forte pour qu’au cours d’une anesthésie on soit immédiatement averti de l’existence d’une fuite.

Le cyclopropane est inflammable, et mélangé dans certaines proportions avec l’oxygène il peut être explosif.

L'intérêt de cette propriété n'a pas échappé aux premiers expérimentateurs, et avant de le mettre entre les mains des cliniciens, les chimistes Jones et Kendy, d’une part, Buchman et Wardel, d’une autre, ont étudié les concentrations dangereuses en provoquant des explosions en miniature dans des pipettes de laboratoire (pipette de Hempel), contenant du mercure. Les résultats de ces expériences sont représentés sur le tableau suivant :

EXPLOSIBILITE DU MELANGE CYCLOPROPANE-

Cyclopropaner 271, 4 re rue

OXYGENE Pourcentage du mélange :

OxYÈNE: 20 0% 46.5 LUE ER É aucune explosion Cyclopropane 80 %.....:.........

OXygène rs PRIME SIERRA | aucune explosion CvCIODrOpane 75 OMAN LE OXVPÈNCE 20 240 14 MR EEE ES légère explosion Cyclopropane raté rene ARPNReetE | COX VLÈNENS AT PEN NRC RD RE forte explosion CyClOpro pan 66 AA. PR EE CXYPÉTE NT OUR PER EE | s | forte explosion |

Oxygène 75 %

Cyclopropane 25 %

| légère explosion

Oxygène 80 % très légère explosion.

tlsnaeé ea ele] ass tsiterele

Cyclopropane 20 % |

Oxygène 81 %

Cyclopropane 19 % | aucune explosion

suohelelsntore ble ele + ee

Nous verrons plus loin, en étudiant les concentrations coucanment utilisées, que l’on n’atteint pratiquement pas les concenfrations dangereuses dans l’appareil, la concentration utile étant

toujours inférieure à 20 % de cyclopropane. Néanmoins, il con-

vient de ne jamais perdre de vue ce danger du cyclopropane, qui

pour être moindre que celui de l’éthylène, est sensiblement supérieur à celui de l’éther.

Pour éviter tout danger d’explosion, il convient :

1° De n'utiliser le cyclopropane que dans des appareils à cir-

cuit fermé. Nous avons vu plus haut, en étudiant les derniers perfectionnements des appareils que ceux-ci méritent d’être généralisés pour de multiples raisons (économie de gaz, élimination du CO”, conservation de la chaleur et de l'humidité) ;

2° De ne pas utiliser le bistouri électrique en chirurgie du poumon, où l’étincelle diathermique vient en contact direct avec l’atmosphère alvéolaire. On a récemment insisté sur les dangers d’explosion pouvant provenir de l'électricité statique. De petites étincelles pourraient, dans certaines conditions, se produire à l’intérieur de l’appareil par le frottement du gaz contre l’intérieur du tube de caoutchouc. Une telle hypothèse n’a pas besoin d’être confirmée pour qu'ils soit prudent de la considérer comme vraie à priori. Heureusement que les moyens sont simples pour se mettre à l’abri d’une telle éventualité. Le premier moyen consiste à «mettre à la terre » l'appareil par l’intermédiaire d’un fil de fer; nous avons vu quelquefois Hunter employer cette précaution. Le second est de maintenir constamment en état d’humidification l’intérieur de l’appareil.

Au cours de l’anesthésie en circuit fermé, l'appareil est constamment chargé de la vapeur d’eau expirée par le patient, mais au début l'appareil pourrait, par temps très sec, se charger d'électricité, et il est prudent de laver l’intérieur du tube. Cette précaution est d’ailleurs en accord avec la nécessité de désinfecter par ébullition le masque et les tubes de caoutchouc avant chaque anesthésie.

Grâce à ces précautions, aucun accident n’est à redouter. Les anesthésistes anglais recommandent néanmoins d'éviter autant

-que possible l'usage du thermocautère et du bistouri électrique (précautions que nous ne leur avons jamais vu observer).

Répétons-le : grâce au circuit fermé, aucune émanation de gaz ne peut se faire dans la salle d'opération.

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