‹ L'Anesthésie Épidurale HauteChapitre 21 sur 33 · DISTRIBUTION PÉRIPHÉRIQUE DES NERFS SPINAUX · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION PÉRIPHÉRIQUE DES NERFS SPINAUX

Dès 1934, C. Meyer avait démontré expérimentalement que les muscles d’un territoire donné et la peau qui les recouvre étaient innervés par les mêmes racines.

Peyer (1854), poussant plus loin l'observation physiologique, à la suile de recherches faites par l'excitation électrique et contrôlées par la méthode des dégénérescences, avait posé les conclusions suivantes :

1° Les muscles reçoivent leurs fibres motrices non seulement d’une, mais de deux et quelquefois de trois rACINES ; |

2° Les variations individuelles au point de vue de l'innervation d’un territoire par une racine déterminée sont peu importantes ;

3° Des muscles voisins sonttoujours innervés par des fibres provenant d’une même racine ou de racines voisines.

Pour Danis, les segments sensibles s’imbriquent «comme les écailles d’un talou », chacun recouvrant le suivant des deux tiers, ce qui nécessite, pour abolir sûrement la sensibilité d'une bande métamérique, l'ingection des deux racines sus el sous-jacentes.

Or, pour obtenir une anesthésie au cours d’une laparotomie médiane sous-ombilicale, et d’une hystérotomie sur le segment inférieur, il nous faut une anesthésie

remontant jusqu'à la 9° racine dorsale. Ce faisant, nous avons une anesthésie de la peau, des muscles abdominaux et des nerfs de l'utérus venant du plexus hypogastrique, lui-même formé en grande partie par le nerf présacré.

Nos recherches sur la hauteur d’ascension du liquide coloré, jointes aux déductions anatomo-physiologiques résumées dans le tableau de Reid, montrent qu'avec 90 cc. de liquide le résultat cherché est oblenu.

En effet, le liquide remontant dans l’espace épidural jusqu’à D‘ (limite supérieure obtenue, et jusqu’à D: (limite inférieure), l’anesthésie atteint la ou la 8e paire dorsale. Par conséquent :

1° Anesthésie culanée remontant au-dessus de l’ombilic, ce dernier étant compris, au point de vue de l’innervation sensitive, entre D° et D'° ;

2° Anesthésie des mucles abdominaux, ceux-ci étant inner vés par les 5 derniers nerfs intercostaux {8e-9°-106- 11°-12° racines) et le abdomino-génitaux 12° dorsal et surtout 1'° racine lombaire).

3° A cette hauteur, l’anesthésie atteint sûrement les rami communicantes d'origine du nerf présacré el partant du plexus hypogastrique (9-10° racines dorsales).

En conclusion, la hauteur d’ascension d’un liquide dans l’espace épidural est fonction :

1° Avant tout de la quantité de liquide infecté ;

2° Pour une part plus restreinte également.

a) de la profondeur de pénétration de l’aiguille dans le canal sacré ;

b) de la capacité de l'espace épidural, certainement

Pre variable avec la taille et partant avec le sexe du sujet considéré.

Il n’est pas douteux, en effet, que l’injection de 30 cc. de liquide dans l’espace épidural ait pu donner une anesthésie dépassant l’anesthésie en selle habituelle, et le territoire anesthésié comprenait les membres inférieurs et remontait plus ou moins haut sur la paroi abdominale. :

La profondeur de pénétration de l'aiguille dans le canal sacré peut, dans certains cas, favoriser la diffusion haute du liquide. Certains auteurs, en particulier J. H. Henry et L. Jaur (Gynécologie et Obstélrique, janvier 1929), ne se sont fondés que sur ce facteur et non sur la quantité de liquide injecté pour obtenir à volonté une anesthésie épidurale haute ou basse.

En dehors du réel danger sur lequel nous insistons longuement que comporte la pénétration profonde de l'aiguille daus le canal sacré, à cause de la présence du cône dural et de la variabilité de la «zone de sécurité », nous pensons, après nos recherches, que cette manœuvre ne suffit pas pour obtenir sûrement une anesthésie épidurale haute.

La quantilé de 50 ce. sans augmentation de la dose de Scurocaïne, nous semble donc nécessaire et suffisante pour obtenir, par injection d’une solution anesthésique dans l’espace épidural par la voie de l’hiatus sacré, une anesthésie permettant la laparotomie sousombilicale et la section césarienne supra- symphysaire, anesthésie. épidurale haute, dorso-lombaire, que nous allons maintenant étudier au PASS de vue physiologique et clinique.

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