OU PENDANT L'INJECTION
a) Accident de ponclion
1) Piqüre du périoste. — L’aiguille étant trop inclinée en avant ou en arfière et poussée trop vivement.
Le sujet accuse une vive douleur, en même temps la pointe de l'aiguille perd sa liberté, il ne faut pas insister, retirer l'aiguille pour la diriger dans une autre direction en avant ou en arrière.
Sinon on s’exposerait à injecter la solution anesthésiante dans l’espace sous-périosté, on s’en apercevrait d’ailleurs à deux signes :
— La douleur très vivé accusée par le patient.
— La difficulté extrême qu’on aurait à pousser linjection. DRAP
Normalement en effet le liquide doit progresser avec assez de facilité. |
2) Piqüre des plexus veineux. — Cet incident est assez fréquent. L’anatomie l'explique, nous avons vu en effet que l’espace épidural est sillonné de nombreuses veines (Walther, Bourgery et Breschet) formant deux groupes anastomosés en arcade. [Il n’y a pas là à proprement parler de sinus mais simplement de riches anaslomoses.
D'autre part il n’est pas inutile de souligner que chez la femme enceinte, ce riche plexus veineux est le siège d’une forte congestion, c’est dire qu’on doit redoubler de prudence lorsqu'on utilise l’épidurale haute pour la section césarienne. |
L'accident reconnu par l’écoulement de sang au pavillon de aiguille. Certains se contentent de retirer un peu l’aiguille, en voyant l'écoulement se tarir, injectent la solution. Ils n’ont de ce fait vu survenir aucun accident. Etant donné le coefficient de toxicité des solutions de novocaïne, scurocaïne ou svncaïne, injectées dans l’espace épidural ainsi que l’a montré Cathelin, nous préférons, à la suite de cetauteur, renoncer à l'injection épidurale et recourir alors à un autre mode d’anesthésie.
3) Piqüre d’un nerf. — Le cas est rare. Cela se produit quand l'aiguille n’est pas exactement médiane, sans grande conséquence d'ailleurs provoquant une vive douleur dans un territoire déterminé, il suffit de rectifier l'orientation de l'aiguille.
4) Piqüre du cul-de-sac dural. — C'est là véritablement
l’accident le plus grave qui puisse survenir si méconnu, l'injection est poussée dans l’espace sous arachnoïdien. Toutes nos recherches ont été faites pour préciser la situation exacte de ce cul-de-sac par rapport à l’hiatus sacré. Nous avons relevé dans un chapitre précédent le résultat des mensurations.
La possibilité d'anomalies doit toujours être envisagée par l'opérateur, et au point de vue technique nous avons vu l’importance de l’emploi d’aiguilles courtes (6 cm.), et la nécessité de ne pas dépasser 2 cm. après la perforation de la membrane obturatrice sacro-coccygienne.
En suivant méthodiquement cette technique on doit être à l’abri, même en cas de situatiou basse du cône dural, de la piqûre de ce dernier.
b) Rupture de l'aiguille.
Cet accident est très rare (Harris, Lynche). Il a été bien étudié par Laporte (Thèse Paris 1928). Pour Cathelin on l’observait 2 fois sur 1000. Cet auteur en rapporte deux eas : une première fois l’aiguille fut retirée sur le champ, une seconde fois, elle fut laissée en place et retirée à l’autopsie six mois après sans avoir entraîné de trouble.
Du point de vue étiologique il faut incriminer le manque de flexibilité de l’aiguille (aiguille d'acier) soit un mouvement inopiné du sujet.
c) Troubles subjectifs survenant pendant l’injection.
1) Céphalée. — Relativement rare s’observerait de préférence lorsque l'injection est faite dans la position
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genu-pectorale, elle disparaît d’ailleurs dans ce cas dès que le sujet est remis en décubitus dorsal.
Parfois, la céphalée paraît liée à une trop grande rapidité de l’injection, aussi est-ce la règle de pousser la solution anesthésique le plus lentement possible. |
2) Troubles traduisant la diffusion du liquide. — L’ascension des 50 cc. de solution de scurocaïne dans l’espace épidural jusqu'à la 3° ou même la 4° vertèbre dorsale,
ne s’est jamais traduit par aucun symptôme alarmant.
Parfois sensation de tension, de replétion 4n situ qui permet d’ailleurs de prévoir une anesthésie efficace.
Une de nos malades a accusé, pendant l'injection, quelques troubles passagers au niveau des membres, douleur de courte durée mais assez vive, puis sensation d'engourdissement diffus, l’anesthésie qui suivit fut excellente et exempte d'incidents.