II. — Parties molles de la face
La figure 49 rappelle l’étendue du champ d’innervation de chacune des branches du trijumeau et leur chevauchement l’une sur l’autre, très variable, du reste.
Fig. 49 bis. — Les territoires sensitifs de la tête (d’après Farabeuf). 1 , Ophtalmique- — 2, Maxillaire supérieur. — 3, Maxillaire inférieur. — 4, Plexus cervical (rameaux antérieurs). — 5, Rameaux postérieurs du plexus cervical.
Par suite de cet empiétement, l’injection centrale d’un de ces troncs, très importante quand il s’agit des cavités crâniennes, reste insuffisante pour les parties molles de
la face, et doit être complétée par l’injection périphérique du champ opératoire. Même l’injection du ganglion de Gasser, qui donne un territoire d’anesthésie très étendu, ne dispense pas, si elle est unilatérale, de corriger, par des injections périphériques sur la ligne médiane, la suppléance des nerfs du côté opposé.
L’anémie suprarénique du champ opératoire est très favorable.
Nez extérieur. Lèvre SUPÉRIEURE. Joues. — Soit l’ablation d’une tumeur du lobule du nez (fîg. 50) ; marquer trois « boutons », deux près des ailes du nez, à droite et à gauche, le troisième sur la face dorsale, à l’union du cartilage avec les os propres du nez; injecter largement la solution à 1/2 p. 100 sous la peau, le long du rebord osseux de l’orifice; bien prolonger l’infiltration sous l’insertion de l’aile du nez, la sous-cloison, jusque dans la lèvre supérieure (20 à 25 centimètres cubes de solution). Le lobule du nez, les ailes, cartilage et muqueuse, la sous-cloison sont insensibles. Cette injection peut être employée pour le lupus. Si la lèvre supérieure doit être touchée par l’opération (fig. 51), après avoir fait
Anesthésie du lobule du nez.
OPERATIONS SUR La TÊTE
l’injection ci-dessus, injecter par 1 et 2, sur le doigt guide placé dans la bouche, 10 centimètres cubes de solution à 1/2 p. 100 en deux bandes sous-muqueuse et souscutanée, allant jusqu’à la commissure des lèvres.
L’aiguille est piquée au point marqué, puis poussée, ainsi que l’injection, dans le sens des flèches.
L’injection figurée (fig. 52) agrandit encore le champ opératoire : circum-injection par 1,5, 3,6, 2 — bande par 4(nerf ethmoïdal) et, de chaque côté, injection dans le trou sous-orbitaire par 5 et 6.
Pour un bec-de-lièvre, il faut injecter, de chaque côté de la lèvre supérieure, une bande allant de la commissure aux ailes du nez, puis la face antérieure du maxillaire supérieur jusqu’au trou sous-orbitaire, et sous
l’aile du nez. L’injection diminue notablement l’hémorragie.
La fente transversale de la joue, premier temps d’une opération sur la bouche et le pharynx, est faite après infiltration de la tranche de section. L’index gauche
dans la bouche soulevant la joue, par une seule piqûre au bord antérieur du masséter (fig. 53), une longue aiguille permet d’injecter sous la peau et sous la muqueuse jusqu’à la commissure.
Lèvre inférieure et menton. —Pour les opérations limitées à la lèvre inférieure, faites l’injection cunéiforme :
Fig. 53. — Injection pour fente transversale de la joue.
un « bouton » sur ,1e menton; sur le doigt guide placé dans la bouche, poussez l’aiguille sous la muqueuse; il faut 20 à 25 centimètres cubes de solution à 1/2 p. 100. L’incision sera faite nettement en dedans de la zone infiltrée, qui, elle, doit toujours être à distance du tissu malade (cancers).
Anesthésie de la totalité de la lèvre avec la PEAU DU MENTON. — Par deux piqûres, infiltrez une
bande au-dessus du maxillaire inférieur. Injectez d’abord au-dessus du périoste, puis sous la peau, la solution à 1/2 p. 100. L’anesthésie n’est pas encore complète ; il faut infiltrer le nerf dentaire inférieur, soit à l’émergence du trou mentonnier, ou bien à l’épine de Spix. Toute la région, y compris l’os sous-jacent, est alors insensible.
Quand il faut dessiner des lambeaux pédiculés pour des plastiques de la face, se rappeler que le point qui irrigue le pédicule ne doit point recevoir de suprarénine, et en tenir compte dans la forme de l’injection.