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V. — Sinus frontaux

Pour la trépanation simple, l’infiltration des parties molles qui recouvrent le sinus suffit.

Opération de Kilian : injection orbitaire interne, par laquelle on baigne de solution le toit de l’orbite. Puis injection périphérique du champ opératoire (fig. 60). Il faut 10 centimètres cubes de solution à 2 p. 100 pour l’injection orbitaire, 40 à 50 centimètres cubes de solu-

tion à 1/2 p. 100 pour l’injection périphérique. Si la trépanation est bilatérale (fig. 61), on peut enlever les cellules ethmoïdales aussi loin qu’il est nécessaire, ainsi que les parois antérieure et supérieure du sinus, découvrir l’orbite jusqu’à sa partie postérieure, établir la communication entre le sinus et les fosses nasales, et l’anémie facilite l’opération.

Trépanation de l’antre d’Highmore. — Le maxillaire supérieur est innervé par le nerf du même nom; mais pour la cure radicale de l’empyème de l’antre d’Highmore, on pénètre dans les fosses nasales, sur le domaine du filet ethmoïdal, branche de l’ophtalmique; les deux nerfs doivent donc être interrompus. Marquez trois « boutons » (fig. 62) : le premier et le deuxième sont ceux de l’anesthésie des nerfs maxillaire supérieur et ethmoïdaux; le troisième est près de l’aile du nez. Par 1 injectez 5 centimètres cubes de solution à 2 p. 100 dans la fosse ptérygo-palatine, et, en retirant l’aiguille, 5 centimètres cubes à 1/2 p. 100 le long de la tubérosité du maxillaire supérieur. Par 2 faites l’injection orbitaire interne, 2 centimètres cubes à T/2 ou 2 p. 100. Par 1 encore, infiltrez, sur un doigt guide placé dans la bouche, la joue jusqu’à la commissure labiale, avec 15 à 20 centimètres cubes de solution à 1/2 p. 100; cette injection annihile l’innervation de la troisième branche du trijumeau et diminue l’irrigation des branches de la maxillaire interne. Par 3, injectez 10 à 15 centimètres cubes de solution à 1/2 p. 100 le long de l’orifice osseux des fosses nasales, sous l’aile du nez, la cloison

QFERATIONS SUR LA TÊTE

et au milieu de la lèvre jusqu’au bord rouge, ce qui agit sur les nerfs et artères de la lèvre du côté opposé. L’opération peut alors être pratiquée sans douleur et sans hémorragie, soit par l’extérieur, soit par la bouche.

Pour la simple ouverture du sinus par la fosse canine.

Fig. 62. — Trépanation du sinus maxillaire.

1, Infiltration du nerf maxillaire supérieur au trou rond. — 2, Anesthésie du nerf ethmoidal. — Tracé de l’infiltration sous-cutanée.

il faut procéder comme pour anesthésier les dents d’une moitié de la mâchoire supérieure et injecter sur la tubérosité du maxillaire supérieur. Les deux injections peuvent être faites par une piqûre unique, sous l’angle inférieur du malaire; un « bouton » est fait en ce point, l’aiguille est poussée sous le trou sous-orbitaire, jusqu’à

l’os nasal, et 5 centimètres cubes de solution à 2 p. 100

sont injectés; mais la muqueuse de l’antre, très sensible

dans les inflammations aiguës, n’est pas complètement

anesthésiée.

Résection du maxillaire supérieur. — Pour la résection totale unilatérale, il faut faire les deux injections

Fig. 63. — Anesthésie pour résection du maxillaire supérieur.

1 et la, Injections orbitaires interne et externe. — 2, Injection du nerf maxillaire supérieur. — Tracé des bandes d’infiltration sous-cutanée.

orbitaires interne et externe et interrompre -le nerf maxillaire supérieur; si le plancher de l’orbite doit être conservé, l’injection orbitaire externe est superflue. Ensuite, il faut faire l’infiltration périphérique des parties molles, pour parer à l’innervation cutanée par les

branches du troisième tronc du trijumeau et à l’hémorragie (fig. 63). Enfin, il faut infiltrer le palais dur et mou, au point où il sera sectionné. Pour les injections centrales» 10 centimètres cubes de solution à 2 p. 100. Pour l’infiltration périphérique, 80 à 100 centimètres cubes de solution à 1/2 p. 100. Pour supprimer les réflexes gênants, il

est bon de badigeonner le pharynx et les fosses nasales à la cocaïne. Si l’orbite devait être évidée, ou que la nécessité d’énucléer l’œil fût démontrée au cours de l’opération, il faudrait injecter 10 à 15 centimètres cubes de solution à 1 p. 100 dans la partie postérieure de l’orbite. L’étendue de la tumeur peut rendre nécessaire l’anesthésie du nerf maxillaire inférieur; elle pourrait

aussi faire manquer l’anesthésie du nerf maxillaire supérieur au trou rond si elle avait gagné la fosse ptérygopalatine ; quelques gouttes de chloroforme seraient nécessaires, à moins de faire l’injection dans le ganglion de Gasser. .

Pour la résection temporaire du maxillaire supérieur

Fig. 65. — Infiltration pour résection Unilatérale de la mâchoire inférieure.

en lambeaux, l’anesthésie est faite comme pour les opérations sur le Jiez; il faut, en outre, infdtrer le palais dur et mou et la ligne de section.

L’absence d’hémorragie, dit Braun, change du tout au tout le caractère de cette opération, qui «n’estplus qu’un jeu ».

Mâchoire inférieure. — La mâchoire inférieure et le plancher buccal sont desservis par le nerf maxillaire inférieur, qu’il faut donc interrompre soit à l’épine de Spix, soit au trou ovale. Pour les opérations par voie externe, il faut en outre annihiler les nerfs cervicaux par infiltration périphérique des parties molles.

Suture d'une fracture de la branche horizontale. — Injection à l’épine de Spix. Puis le champ opératoire est circonscrit, par trois piqûres, à la solution à 1/2 p. 100 (fig. 64).

Résection de la branche horizontale pour cancer du rebord alvéolaire (fig. 65). — Injection bilatérale à l’épine de Spix; si la mâchoire doit être désarticulée, injection au trou ovale. Infiltration périphérique. Infiltration du plancher de la bouche; naturellement quand l’opération est complétée par l’ablation des ganglions et de la glande sous-maxillaire, il faut emprunter les procédés décrits pour les opérations sur le cou.

Vil. — Opérations sur le palais.

L’anesthésie du palais, dur et mou, peut être obtenue en faisant une injection sous la muqueuse en dedans des dernières grosses molaires et derrière les incisives (fig. 33). Pour une simple incision médiane, on se contenterait d’infiltrer la ligne de section. La résection' du palais osseux réclame l’infiltration bilatérale du maxillaire supérieur. Dans les palatoplasties ou staphylorraphies, il faut se méfier de Pischémie suprarénique au niveau du pédicule des lambeaux.

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