‹ L'anesthésie régionaleChapitre 132 sur 148 · ACCIDENTS IMMÉDIATS · texte numérisé non relu

ACCIDENTS IMMÉDIATS

Ils débutent immédiatement après l’injection ou pendant l’injection même, rarement avant, pendant la ponction ; ces accidents sont de courte durée et non alarmants.

Etat syncopal. Vertiges. — Cet état est dû à la position assise ; le fait de coucher le patient le fait disparaître.

Chaleur. — Certains malades éprouvent une sensation de chaleur par tout le corps. Parfois même elle se manifeste par une rougeur intense et une température plus élevée de la face, au lieu de la pâleur habituelle. Cela s’observe surtout avec la novocaïne et dans la position de Trendelenburg ; placer des compresses froides sur le visage. et sur le cou. Cet état est favorable, puisqu’il indique la congestion plus que l’anémie du cerveau ; elle est désagréable pour le patient et peut durer plus d’une demi-heure.

Angoisse respiratoire. Asphyxie. — L’angoisse est un phénomène fréquent, lorsque pour obtenir une anesthésie haute, on surélève le bassin. Le patient se plaint d’étouffer, il pousse des soupirs, des plaintes, mais le faciès reste bon ; cette angoisse est due à la paralysie deSs^muscles intercostaux, à une diminution de. la respiration thoracique qui est compensée par la respiration abdominale ; le phrénique, en effet, n’est pas atteint.

En cas d’angoisse respiratoire, dire au patient de « souffler », respirer profondément et lentement par le nez ; le forcer à parler constamment pour l’obliger à respirer. Cette angoisse respiratoire

LA RAGHI-ANBSTHÉSIE

peut aller, jusqu’à l’apnée, par atteinte des centres respiratoires, lorsque l’anesthésie s’est faite trop rapidement. Elle ne s’observe guère avec la technique que nous employons ; c’est-à-dire quand le liquide céphalo-rachidien est d’abord aspiré, puis poussé lentement^ progressivement^ pour offrir ainsi à l’organisme une dose très diluée de l’anesthésique. Cette apnée peut apparaître 5 à 10 minutes après l’injection, au début de l’opération et peut devenir alarmante ; essayer de faire parler, souffler le patient, faire des frictions sur le thorax, ne pas s’empresser de se livrer à des manœuvres respiratoires intempestives. Si elle persistait, après quelques secondes, faire la respiration artificielle, aussi longtemps que l’anesthésique ne sera pas éliminé. Il nous est arrivé "une fois de ranimer un malade après deux heures de respiration artificielle et de traction rythmée de la langue.

Nausées. Vomissements. — Phénomènes fréquents ; ils délmtent souvent aussitôt après l’injection; quelquefois 5 à 20 minutes après. Recommander au patient de respirer .profondément et lentement par le nez. Si le sujet vom^it, appliquer une compresse froide sur la gorge, le faire respirer par la bouche pour l’empêcher do pousser.

Céphalée. — Phénomène fréquent. Elle débute souvent de suite après l’injection, quelquefois 5 ou 10 minutes après ; son intensité varie avec la spoliation du liquide céphalo-rachidien et la durée du «brassage ». Si le volume de liquide enlevé a été de'15 cc. en moyenne, chez les individus à tension normale, la céphalée est supportable et dé courte durée; il en sera de même si le « brassage » a été lent et prolongé. Elle dure parfois plusieurs heures, rarement plusieurs jours et nécessite alors une ponction lombaire évacuatrice.

Incontinence anale. — Le malade perd ses matières sur la table d’opérations. Accident dangereux en cas d’hystérectpmie totale par voie abdominale, car les matières peuvent couler dans le vagin et dans le ventre. Il faudra recommander à l’infirmière de ne pas donner de lavement le matin de l’opération, et de faire un tamponnement du vagin avant l’intervention.

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