ACCIDENTS TARDIFS
Céphalée. — La céphalée du début peut se prolonger. Sa durée est facteur de plusieurs conditions :
a) Technique imparfaite. — La céphalée prolongée est un accident
ACCIDENTS
fréquent entre certaines mains, rares avec d’autres anesthésistes.
b) Hypertension du liquide céphalo-rachidien. — On ne peut pas mesurer, à moins du manomètre de H. Claude, la tension exacte du liquide céphalo-rachidien. Le fait d’obtenir un écoulement en jet n’indique nullement une hypertension, que l’on utilise ou non une aiguille fine ou le rachi-trocart de Le Filliâtre. Si donc, on se contente d’évaluer « à l’œil » cette tension, en la considérant faible, lorsque le liquide s’écoule goutte à goutte, n’évacuant que 10 cc. de liquide céphalo-rachidien avant d’injecter, il arrivera quelquefois d’être trompé. Dans ce cas, la céphalée persistera plusieurs heures, quelquefois plusieurs jours ; elle ne cédera qu’à une ponction lombaire évacuatrice. Si en se servant de l’appareil de Claude, on a eu soin de ne pousser l’injection qu’après avoir ramené la tension légèrement au-dessous delà normale (16à 18), on n’observera pas de céphalée persistante, ni de vertige (Meuriot et Platon, Tzaicu).
c) Hypotension du liquide céphalo-rachidien. — Eiî prolongeant l’évacuation du liquide céphalo-rachidien, la décompression, l’hypotension intra-crânienne détermine de la céphalée. Si alors, par une fausse évaluation approximative de la tension, on a fait une trop grande spoliation chez uii patient hypotendu, on aura augmenté cette hypotension et la céphalée pourrait persister longtemps. Dans ce cas, si la ponction lombaire évacuatrice qu’on . a faite, croyant à une hypertension causant la céphalée, reste infructueuse, on fera quelques instants après une injection de sérum physiologique (500 cc. à 1 litre). Employant l’appareil de Claude, l’hypotension du patient étant reconnue avant l’injection, on fera l’injection de sérum tout de suite.
Vomissements. — Rares après une bonne technique.
Rétention d'urine. — Elle peut durer plusieurs jours ; ne pas faire l’anesthésie avant d’avoir fait le cathétérisme vésical.
Fièvre. — La température monte souvent et tombe le lendemain . ou le surlendemain. C’est un incident sans danger.
Troubles nerveux. ,
a) Paralysie vésicale. — Rare, mais elle existe et peut durer trois à quatre semaines. Trois mois, chez un de nos- opérés. Elle peut être complète ou incomplète.
b) Névralgie sciatique. — L’aiguille a été introduite trop en dehors de la ligne médiane et a blessé un des nerfs d’origine du sciatique.
LA RACHI-ANESTHÉSIE
c) Lésion médullaire. — La moelle descendant jusqu’au deuxième espace lombaire, rarement jusqu’au troisième, ce n’est qu’en pratiquant la ponction dorso-lombaire qu’on pourrait l’atteindre. Cet accident nous paraît sans importance. Sur 5.000 cas, Jonnesco n’a observé aucun accident nerveux ; cependant, nous croyons la piqûre de la moelle très fréquente au moment de l’opération. La moelle s’accorde parfaitement avec la piqûre et l’anesthésiant qui la suit, sans accident consécutif immédiat ou tardif. Le liquide céphalo-rachidien retiré par ponction le lendemain ou le surlendemain est normal,, preuve d’une réaction passagère de courte durée.
Nous sommes convaincus que les accidents nerveux attribués à tort à d’anciens anesthésiés ne sont jamais dus à Vanesthésie. Si l’on se donnait la peine d’examiner le système nerveux des futurs opérés, on découvrirait souvent des affections de cet appareil en pleine évolution. Il serait injuste de mettre sur le compte de l’anesthésie rachidienne les accidents qui auraient pu survenir au cours des années suivantes et qui n’ont aucune relation avec l’anesthésie.
Mort. — ^ Il est possible que la mort survienne avec l’anesthésie spinale. Nous croyons que le danger est égal à celui du chloroforme. La technique doit être exécutée suivant un rite déterminé, avec une perfection absolue, en ce qui concerne l’asepsie, le matériel et le produit. Les accidents éloignés fréquents avec la narcose sont, à notre avis, nuis, avec la rachi-aiiesthésie, quelle que soit la substance analgésiante employée.