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ANESTHÉSIE DES VISCÈRES ABDOMINAUX

ANESTHÉSIE DES SPLANCHNIQUES

L’anesthésie splanchnique péalise celle des viscères. En la combinant à l’infiltration locale, on pourra intervenir sur l’étage supérieur de l’abdomen (foie et voies biliaires, rate, estomac, intestin grêle et côlon). . .

Les nerfs splanchniques sont accessibles par deux voies : antérieure et postérieure.

yV. Voie antérieure. — Deux techniques peuvent être employées :

J O Inciser la paroi abdominale sous anesthésie locale,' soulever le foie, chercher les battements de l’aorte, piquer l’aiguille à droite de l’aorte (entre l’aorte et la veine cave inférieure), immédiatement au-dessus du pancréas et injecter 20 à 40 cc. de novocaïne-adrénaline à 1 p. 100 (Pauchet).

2^ .Anesthésier la paroi abdominale, mais avant la laparotomie, pratiquer l’infdtration des splanchniques : prendre l’aiguille de 9 cm., la piquer à 1 cm. au-dessous et 1/2 cm. à gauche de la pointe de l’appendice xiphoïde, l’enfoncer perpendiculairement au plan de la table, traverser la peau, le lobe gauche du foie, la cavité péritonéale et, arrivé dans le repli gastro-hépatique, audessus du tronc coeliaque, injecter 50 à 80 cc. de solution à 1 p. 100. Wkndi.ing, qui est l’auteur de cette technique, recommande d’employer une aiguille à biseau court, un peu émoussée, et de la pousser lentement, en pressant le piston de la seringue pour refouler ou écarter, sans les embrocher, les petits vaisseaux.

La résistance de l’aiguille renseigne, comme toujours, sur la situation de la pointe ; quand elle passe du foie dans le péritoine, la main a la sensation de vide, et une nouvelle résistance, faible, avertit qu’on pénètre dans le petit épiploon. De même, le piston cède à la sortie du tissu hépatique et le liquide s’écoule librement dans le péritoine, sans grande difficultu dans le tissu péri-cœliaque. Tâter toujours le terrain en cours dé route, par de petites tractions sur le piston, pour s’assurer que l’aiguille n’est pas dans un vaisseau. On évitera ainsi de verser dans la circulation une dose trop brutale d’anesthésique qui pourrait causer une intoxication aiguë.

B. Voie postérieure (Naegeli, Labat). — Coucher le patient

sur le côté, comme pour la paravertébrale. Tracer la ligne médiane des apophyses épineuses de la 10® vertèbre dorsale à la 3® vertèbre lombaire ; projeter sur la peau la direction de la 12® côte.et prendre sur le bord inférieur de cette côte, un point à quatre travers de doigt (7 cm.) de la ligne médiane. Prendre raiamiîle de 12 cm. de

Fig. 174. —■ Anesthésie splanchnique.

Position du mtient. — Cquohé sur le côté, dans l’attitude a rn cMcn de fusil », un coussin sous le flanc, pour corriger ' la déformation du tronc due au décubitus.

[/aiguille doit être piquée sur le bord inférieur de la 12® Jfntc, verticalement au-dessus de la + indiquant l’apophyse épineuse de la U' vertèbre lombaire. Ce point est à quatre travers de doigt de la ligne médiane inlcr-épinouse.

longueur, la piquer à ce point dans un plan vertical à la table et l’enfoncer doucement en la dirigeant vers le rachis sous un angle de -'iS® environ avec le plan médian antéro-postérieur du corps. La pointe bute à 7, 8 ou 9 cm. de profondeur, contre le corps vertébral de la P'® vertèbre lombaire, un peu en avant du trou de conjugaison. Retirer Faiguille- jusqu’au tissu cellulaire souscutané, afin de pouvoir changer de direction, et l’introduire de nouveau, sous un angle inférieur à 45®, de façon à ce qu’elle passe tangentiellement au corps vertébral. 11 ne faut pas s’écarter du squelette avec lequel l’aiguille doit garder .contact constant pour ne pas s’égarer. Lorsque la pointe de l’aiguille est tangente au corps vertébral, l’introduire de 1 cm. plus loin et, s’il ne s’écoule pas de sang par le pavillon de l’aiguille, monter la seringue, aspirer un peu pour être bien sûr de n’avoir pas ponctionné un vaisseau et injecter 25 «à 35 cc. do solution à 1 p. 100. La solution s’étale suffisamment dans le tissu rétro-péritonéal, baigne les

splanchnique? et infiltre en même temps toute la zone qui doit subir les manœuvres de traction (Labat).

Fig. 175. — Anesthésie splanchnique.

Position de l'aiguille, au moment de i’injection, — L’aiçuille, piquée à 7 centimètres (4 travers do doigt) de la ligne médiane, lormo avec le plan médian du corps un angle inférieur à d.")" ; elle est tangente as corps vertébral.

Le pointillé montrera première direction de l’aiguille (45") et li prise de contact . du corps vertebial, en avant du trou de conjugaison.

Prier le patient de se mettre sur le côté opposé et recommencer la. même technique de l’autre côté. Dix à quinze minutes après, l’anesthésie sera absolue et permettra d’opérer sur tous les viscères de l’étage supérieur de l’abdomen.

La voie postérieure est plus simple que l’antérieure ; la technique est bien réglée, facile et rapide, d’une innocuité absolue.

La tendance du débutant est de prendre le contact du rachis trop près de la face postérieure du corps ; en introduisant l’aiguille trop obliquement vers le rachis, on prend contact avec l’apophyse transverse et, croyant que c’est le corps vertébral, on pousse l’aiguille tangentiellement à cette apophyse, on la dépasse de 1 cm. et l’on pousse l’injection, qui alors se répand inutilement dans les masses musculaires, au lieu de s’étaler dans le tissu sous-péritonéal. L’aiguille qui, piquée à quatre travers de doigt de la ligne médiane, prend le contact osseux à moins de 8, 9 ou

Veine cave

10 cm. de profondeur, selon l’embonpoint du patient, n’est pas sur le flanc du corps vertébral ; il faut changer légèrement sa direction et l’introduire plus profondément. Il n’y a aucun risque de blesser l’aorte ou la veine cave, si l’aiguille garde toujours le contact osseux et ne s’avance que d’un centimètre après l’avoir perdu. Si cet accident survenait, le sang, s’écoulant par le pavillon de l’aiguille, indiquerait qu’un vaisseau a été ponctionné ; il n’y aurait qu’à reculer l’aiguille de quelques millimètres. Le sang alors cesse de couler; adapter la seringue, aspirer et poursuivre la technique sans plus s’inquiéter. Les aiguilles que nous employons sont fines et ne peuvent causer qu’un hématome insignifiant.

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