SCÈNE II
Les mêmes, LE COMTE, KARL et ARY.
LE COMTE, à part, en apercevant le baron.
Ab ! le voilà !... J’espérais que cet homme serait mort eu roule. (Dans une grande agitation.) Pourvu que Karl ne remarque pas mon émotion... Elle pourrait le gagner, et... (Bas à Ary.) Est-ce que je suis bien pâle?... (Sans attendre la réponse, et regardant le baron.) Comme il est calme, lui !... (Avec terreur.) S’il allait me tuer mon fils!... (il frissonne.) Oh ! j’ai peur de tomber! (a Ary.) Donne-moi ta main... Oh! pardon! donnez-moi votre... (Ary remonte avec les témoins.) Ma pauvre Marguerite... que fait-elle en ce moment?... (il va pleurer, pu» il s’arrête.) Qu’est-ce qu’ils font, eux ?... Ils préparent les épées, sans doute ! Est-ce qu’ils vont commencer?... (a part.) 0 mon Karl! Ame de sa mère, veille sur lui!... (il joint les mains et semble prier. Pendant ce monologue du comte, les témoins du baron ont retiré les épées de leur gaine, les ont mesurées, puis ont aplani lu terrain, préparé déjà, etc., etc. Pendant ce temps, le baron fredonnait une tyrolienne en sc promenant. — Les préparatifs sont terminés ; chacun des deux combattants a reçu une épée. Ils tombent en garde ; le froissement du fer tire brusquement le comte de sa rêverie ; ramené brusquement à le réalité, il se retourne en étouffant un cri. — A paît.) Oh !
ARY
Oh ! quelle angoisse ! Est-ce l’heure du châtiment? (Le duel
commence.)
LE BARON, tout en se battant, regardant les témoins l'un après l'autre.
Tiens! un... deux... trois médecins!... Brelau de médecins!... Décidément, ce sera mortel !...
ARY, à part, pendant que le duel continue.
Ce châtiment, èst-ce dans Karl qu’il va me frapper?... La mort était dans ce bal ; était-ce lui qu’elle menaçait?... (il regarde Karl, et aperçoit en ce moment la vieille bûcheronne qui se dirige de