ACTE PREMIER
ci Beckmanu.) Je crois, il u reste, que nous n’avons pas assez offert!... C’est un homme de talent, après tout! Et comme notre amour-propre doit s’ètre piqué à ce jeu, que chacun de nous essaye de l’emporter sur les autres... l’enchère est ouverte! (Haut.) Moi j’ajoute, à ce que j’ai proposé, une somme de trois mille florins!...
' RANSPACH
J’ajoute cinq mille florins, moi!
RECKMANN.
' J’en mets dix mille!
LE BARON
J’en donne vingt mille, moi!
ARY, éclatant.
Assez, messieurs, assez!.... (Parlant d’abord d’une voix concentrée, puis, involontairement, s’animant peu à peu.) Si VOUS Tl’ayiez voulu acheter que mes bras, mon temps, mon obscur talent, je vous eusse arrêtés à vos premiers chiffres. Je sais ce que cela vaut, mais vous voulez aussi acheter ma conscience l... Cette chose-là, messieurs, vous ne l’aurez pas! Enchérissez l’un sur l’autre, remplacez les florins par des lhalers, les thulers par des frédôrics, les fréilérics par des millions; couvrez chaque enchère, montez encore, enchérissez toujours, vous serez toujours trop pauvres, messieurs les millionnaires, pour atteindre le prix de la conscience d’un honnête homme ! Allezvous-en !
LE BAROH.
Jeune homme, je suis de ceux qui ne pardonnent jamais; regardez-moi bien, et... au revoir! (il sort.)
RANSPACH
Docteur Kœrner, vous mourrez sur la paille 1 (u sort.)
BECKMANN
Monsieur mon petit-neveu Ary, vous êtes un mauvais fils !
(il sort. Ary, resté insensible jusque-là, tressaille à cette dernière parole.)