SHEKEL
En fait d’amour, es*tu bien sûr, au moins, de parler de ce que lu connais? Tu es encore bien jeune...
GARDEN
Eh! crois-tu donc que j’aurais attendu la vieillesse pour aimer? Je me suis dépêché, au contraire... Tiens, mon inlidèle, c’était une Française, et une Parisienne encore!...
SUEBKL, riau!.
Tu m’en diras tant !
GARDEN
Aussi, j’avais été longtemps sans me décider à placer ma vie sur ce cœur-là; enlin, la confiance est venue...
SHEREL.
Et alors?
GARDEN, riant.
Alors la femme est partie... Du reste, je m’en suis bien vengé depuis... sur d’autres!
KARL, arec un soupir.
C’est pourtant l’histoire de mes dix-huit ans, qu’il raconte là, à la nationalité près, cependant, et aussi avec cette différence, que je n’ai point songé à nie venger sur d’autres, et que j’ai voulu mourir!...
RANDAL, riant.
Bien obligé!
MARGUERITE, au balcon.
Mais c’est la voix de mon frère ! Oh ! que je le voie, au moins, si je ne puis l’embrasser !
GARDEN
Ah çà! mais, quelle était donc celte femme-là?
KARL, passaut la main sur scs yeux.
C’était... Eli! parbleu! c’était... la tille de sa mère !
GARDEN
Merci !
ARY, à Kart.
Pourquoi t’attristes-tu ? Au moins, lu as aimé, loi I Et, ne fùl-ce qu’un jour, 11e fût-ce qu’une heure, 011 t’a aimé, mon Karl ! Tu as pu savourer le radieux instant oii l’espoir se réalise ; tandis que moi, qui cachais dans mon âme des mondes de tendresse, j’ai dû m’interdire l’amour, l'espoir, le rêve même, et j’ai réussi dans ce suicide, et c’est tant mieux! et je dois en remercier Dieu comme d’un bienfait! Qu’aurais-je offert, moi, à l’adorée de mon âme? Mon âme! Qu’est-ce que c’est que cela? (Riant d’un rire nerveux.) Ah ! ah ! ah !
KARL, avec tristesse.
. Ary!
MARGUERITE, avec un mouvement.
Ary! Ary Ivœrner!... C’est lui!... Oh ! qu’il a dû souffrir pour parler ainsi !