‹ L'ange de minuit drame en six actesChapitre 9 sur 116 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

Les mêmes, MARTHE, pois VERNER.

MARTHE, sans voir Karl.

Monsieur Kœrner, je vous dérange peut-être... Mais c’est mon mari, c’est M. Burna qui a voulu... Non certes qu’il soit inquiet; mais vous savez... à de certaines époques, il faut mettre ses livres en règles, et comme, après tout, on ne peut demander de l’argent...

l’ange de minuit.

ART

Qu’à ceux qui vous eu doivent : vous venez en chercher ici, n'est-ce pas, dame Marthe?

MARTHE

Il ne faut pas en vouloir à mon mari; mais, vous savez, dans le commerce...

ARY

Oh! je ne vous en veux pas, madame Burna, de me demander de l’argent. Puissiez-vous ne pas m’en vouloir davantage de ne pouvoir point vous en donner.

MARTHE, chaugeant de tou.

Hein?

ARY

Je suis pauvre, madame Burna, bien pauvre, à celle heure...

MARTHE

Permettez, monsieur, permettez; mais voilà trois mois que nous vous fournissons du pain, et voilà trois mois que nous n’avons rien reçu.

ARY

Je le sais, madame Burna.

MARTHE

Vous le savez! vous le savez! Mais vous devez savoir aussi que l’on ne nous donne pas la farine pour rien ? Ce n’est pas avec de belles paroles que nous payons nos ouvriers, 11 leur faut leur argent recta à la lin de chaque semaine. Ce n’est pas pour notre plaisir que nous travaillons; mais c’est que nous savons que,* lorsqu’on n’a pas su se mettre un morceau de pain de coté, ce ne sont pas les autres qui vous en donnent...

ARY

Voyons, madame Burna, ce n’est pas la faible somme que je vous dois qui...

MARTHE

Il n’y a pas de faibles sommes, monsieur; les petits ruisseaux font les grandes rivières, et, si tous les ruisseaux étaient comme vous, les rivières seraient bientôt à sec. 11 me faut de l’argent!

ARY

Pardon, madame, je n’en ai pas l

VERNER, qui eutrait.

Ah ! alors, me voilà payé I

MARTHE

Monsieur Verner, le brasseur! Vous ne vous attendiez nas à cela?

Oh! pardon 1 lin entrant ici, je n’avais point du tout l’espoir... et, je dirai plus, en consentant à vendre à M. Kœrner,

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