LE COURONNEMENT DE L'ŒUVRE
— En m'aidant.
— Jamais ! jamais ! m'écriai-je.
— Alors, je te perdrai..., me dit-il.
— Il y a un bon Dieu, répondis-je. L'abbé Pascal m'a dit de me confier en lui, de me Femettre dans ses bras comme un enfant, d'éviter le mal et de suivre la route du repentir... Je fais ce que m'a dit l'abbé Pascal. Si tu me trahis, moi qui gagne avec peine le pain de la vie, tu feras une mauvaise action, et si celles-là ne sont pas punies par les tribunaux, elles le sont par la justice du ciel... Mais non ! tu ne trahiras pas mon secret! car ce n'est pas seulement pour moi que je t'implore, c'est pour ceux qui me doivent l'existence et qui n'ont que mes bras pour la leur assurer...
— Tu es en rupture de ban ! me dit-il. Je frissonnai.
■— Pitié, grâce! lui dis-je ; aie un bon mouvement dans ta vie. Non, je ne suis pas en rupture de ban, car je n'ai point de surveillance; mais ta parole peut me perdre.
— Faisons l'affaire à deux.
— Tu ne me feras pas retomber, lui dis-je, que Dieu dispose de moi!
Deux jours après, quand je voulus reprendre mon travail les ouvriers s'écartèrent avec mépris pour me faire place.
A l'heure du dîner le patron m'appela.
— Claude, me dit-il, depuis trois ans vous avez été
.il I l'ange du bagne.
un bon et fidèle ouvrier, je vous suis attaché, je vous plains, mais...
— Vous savez tout! m'écriai-je.
— Oui, mon ami; les ouvriers vont me quitter on masse si vous restez, mon atelier demeurera vide et je
ij ruiné.
— Ah 1 les préventions! les préventions ! lui dis-je en pleurant à chaudes larmes.
— Je ne les partage point, je subis celles des autres. Je sanglotais comme un enfant.
— Ktes-vous sans ressource, Claude?
— Bêlas! monsieur, lui dis-je, nous vivions quatre sur le produit de mes journées.
— Quatre?
— Trois pauvres compagnons m'ont demandé du pain, a moi qui avais le bonheur d'avoir de l'ouvrage. Nous partagions.
— Devant Dieu!
— Ce que vous dites est la vérité !
— i:ii bien ! restez, Claude; il ne sera pas dit qu'un homme qui se relève par le travail et la charité manque d'ouvrage et de pain. Amenez-moi vos camarades; formez un atelier nouveau, devenez mes enfant», pour ainsi dire, et laissons ceux qui ne comprennent la vertu que dans l'homme qui n'a jamais failli, vous jeter la pierre l't vous
— Vous êtes bon! vous (Mes bon! monsieur, et le Seigneur tous bénira dé votre piété. Maintenant, i moi qui tous refuse, et voua ailes comprendre uour-