‹ L'ange et le prêtreChapitre 16 sur 25 · XXI II · texte numérisé non relu

XXI II

Le Prêtre Domination.

Un des caractères essentiels de la divinité est de dominer tout d'une manière absolue. « Son empire a des temps précédé la naissance » et n'est susceptible d'aucune limite ou restriction.

Les Esprits célestes que Dieu a chargés de le représenter dans cet attribut sont nommés, pour cela, Dominations. Ce qui distingue le Chœur des Dominations, c'est l'empire qu'il exerce sur tous les Esprits inférieurs.

Cet empire leur est assuré par l'empire quelles exercent d'abord sur elles-mêmes. En elles tout est spontanément soumis à Dieu. Leurs volontés, leurs pensées, leurs mouvements, leurs moindres actes sont réglés par la volonté de Dieu. Elles identifient leur volonté à sa volonté et ne veulent jamais que ce qu'il veut. C'est ainsi qu'il leur est

donné de réaliser celte magnifique parole : Ciii servire retjiiare est.

Oui, c'est en se soumettant cordialement à Dieu et en restant dans une profonde et sincère humilité que les Dominations reçoivent le pouvoir de soumettre à Dieu les Elsprits inférieurs et de leur faire aimer sa volonté. Rester soumis à Dieu et dépendre de lui, en lui soumettant tous leurs actes libr.'s : voilà la vraie jouissance des bienheureux Esprits.

Et voilà ce qui doit èlre aussi la vraie jouissance du prêtre. Il doit dire, comme celui qui l'envoie et qu'il représente: Ecce venio al faciam l'olunlalem luam. Fiai volunlas tua., siciit in cœlo et in terra. Pourf[ue le prêtre obtienne cette soumission pleine et entière dans les autres, il faut qu'il l'ait dabord en lui-même. Dieu fait la volonté de ceux qui font sa volonté: Obedienle Deo L'oci ho mi ni s.

Il n'est pas propre à exercer la domination sur les âmes, celui qui prétend l'exercer en son propre nom, avant de s'être lui-même pleinement soumis à Dieu. II est impuissant et son ministère reste stérile. Tous les dons de la nature deviennent inutiles dans le prêtre qui ne sent pas son néant et qui croit pouvoir quelque chose par ses propres forces.

Dans l'ordre naturel, les moyens naturels suffisent pour arriver aux résultats cherchés. Dans

LE PRÊTRE DOMINATION 9cî

l'ordre surnaturel, ils sont absolument impuissants, parce qu'ils n'ont aucune proportion avec la fin. Une fin si excellente exige des moyens plus élevés, des moyens surnaturels.

On a vu dans la sainte Église des hommes qui dominaient les multitudes, soumettaient à l'Evangile des peuples entiers et régnaient véritablement sur les âmes. D'où venait à ces Apôtres, à ces conquérants, à ces Dominations de la terre, leur irrésistible ascendant? Voyez leur humilité, leur abnégation, leur parfaite soumission à Dieu : là fut toujours le secret de leur puissance spirituelle.

Représentons-nous un Prêtre subitement transporté au milieu d'une population qui vit dans l'oubli de Dieu, dans le mépris de sa loi, dans une révolte perpétuelle contre ses commandements: comment ce Prêtre viendra-t-il à bout de la changer et de la soumettre à Dieu? Par le spectacle de sa propre soumission. Ne recherchant que les intérêts de Dieu et son bon plaisir, il n'enseignera rien qu'il ne Tait déjà lui-même pratiqué. Sa vie donnera autorité à sa parole et sa prière préparera la soumission des âmes que la grâce peut seule opérer. Le prêtre sera et se montrera ainsi Domination.

S'il m'est arrivé si souvent, ô mon Dieu, de me sentir impuissant à vous soumettre les âmes, dois-je m'en étonner? Quelle a été ma propre

soumission? Quand fut-elle absolue? Quand aije cessé de faire des réserves secrètes ?

O saintes Dominations du ciel, obtenez-moi d'être soumis à Dieu comme vous Têtes, et comme vous je pourrai lui soumettre les âmes de mes frères, comme vous je serai Domination.

Le Prêtre Trône.

Les Trônes sont des Esprits qui représentent Dieu dans son inaltérable pureté. Ils sont appelés Trônes, parce que Dieu siège en eux comme sur des trônes de prédilection. C'est ce qui les distingue des Esprits inférieurs dans lesquels Dieu siège aussi, mais d'une manière moins éclatante et moins parfaite.

Nous servant de l'image matérielle sous laquelle il nous est donné de nous les représenter, nous dirons que ce sont des trônes inébranlables, élevés au-dessus de toute chose créée, n'ofïrant aucune tache, brillants de toutes les beautés et de toutes les richesses que nous pouvons concevoir, or, pierreries, diamants.

Dieu y réside avec complaisance et proclame de là ses oracles : amour de tout ce qui est pur et saint, horreur de toute souillure morale, ana-

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lliènie à loules les confusions criminelles du bien et du mal, du juste et de l'injuste, de la vérité et du mensonge.

Et les Trônes éprouvent des délices indicibles à porter Dieu en eux, à être honorés de son intime présence, à devenir ses organes pour révéler partout sa pureté, en inspirer l'amour, la communi quer aux créatures intelligciiles.

Prêtre de Jésus-ChrisI, (picls ravissants modèles otîerts à ta foi! Tu n'auras aucune peine à comprendre que tu dois être éminemment, loi aussi, le Trône de Dieu. Être le Trône de Dieu, c'est ta vocation.

Il est vrai que toutes les âmes pures sont les Trônes de Dieu à leur manière, mais non pas à la manière du prêtre.

Tu es le Trône du Verbe incarné, quand tu le reçois et le places en ton cœur, au divin Sacrifice, quand tu le portes en tes mains aux fidèles réunis à la table eucharistique, quand tu lélèves audessus de leui's têtes, pour les bénir, quand tu le promènes triomphalement dans les nel's du saint temple ou à travers les rues décorées en son honneur, quand, en son nom, tu prononces les sentences de la miséricorde, au tribunal de la pénitence.

Quels beaux Trônes avait le Rédempteur dans le sein de Marie, dans ses bras, dans ceux de Joseph, dans les bras des amis à qui Marie permettait de le recevoir et de le porter un instant !

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