‹ L'ange et le prêtreChapitre 20 sur 25 · LA DIVINE DOXOLOGIE · texte numérisé non relu

LA DIVINE DOXOLOGIE

prêtre, comme au cœur de FAnge. Le prêtre saisit moias que l'Ange les profondeurs du mystère, mais il peut l'adorer avec un égal amour. En le célébrant dans les transports de sa foi. il commence le cantique qui dominera tout pour lui et fera ses délices dans l'éternité.

En redisant chaque jour les psaumes du divin Office avec les expressions si variées de la crainte et de l'espérance, du regret et de la confiance, du triomphe et de la gratitude, le prêtre les couronne toujours par la sainte Doxologie. Les prêtres de Jésus-Christ forment sur la terre un chœur harmonieux rivalisant avec les chœurs célestes. Saint André Avellin avoua qu'il lui arrivait souvent d'entendre comme, venant dune région éloignée. les voix des Anges qui lui répondaient et chantaient avec lui.

Quoique la sainte Église ait une fête spéciale en l'honneur de la Trinité, il n'en est pas moins vrai que toutes les fêtes catholiques sont des fêtes en son honneur. Tout converge à elle et toul la glorifie. Il n'est pas, dans la divine liturgie, un seul acte important qui ne commence par son invocation et ne se termine par sa louange.

Prétendre arriver à comprendre un si profond mystère serait une coupable témérité. Celui qui le tenterait serait ébloui et aveuglé parla lumière qui le rend inaccessible. Mais s'efforcer d'en saisir les dehors et les propriétés dans la mesure

l'.\nge et le prêtre. — U.

(les divines révélalions et selon les inlerprriations (les saints Doclciirs et des conciles, sera loiijoiirs une loualde curiosih'. L liuniiliU'- du cœur el non roi'gueil de Icsprit est un guide sur celle incomparahle «}lude.

Avec le g-iand ap(')lrc des Indes, au milieu de ses écrasants travaux, le bon prèlre aime à s'écrier pour ranimer son zèle : O Sanclissima y'rinitasf 0 Saiîctissima Trinitas.' Ou avecrKglise elle-même en son office : 0 Sanclissima Trinilas, adoranda Uiiitas !

L'adorable Trinité est mon principe el ma fin, ma vie et mon immortalité. Son sein est mon refuge dans le temps, ma patrie dans l'éternité. Comment ne l'aimerais-je point, en tout, partout, au-dessus de tout. Benedicta sii Sancta Trinitas mine el semper el in Scecula ssecidorum.

Le pur Esprit et le Prêtre.

Ce que lu nous envies par dessus tout, ô mon frère, c'est notre qualité de purs esprits. Qu'il est heureux, cet Ange, as-tu dit mille fois, de n'être point embarrassé dans ses opérations par l'union naturelle à un corps 1

Dans cette indépendance et cette netteté de son intelligence, dans cette facilité de se transporter d'un point à un autre sans trouver d'obstacle, dans cette exemption de fatigue, de tentations, de préoccupations, de douleur, que de sujets d'actions de grâces!

Il est vrai, ô mon frère, que l'union de ton âme à un corps te prive de grands avantages, mais il est vrai aussi qu'il t'en assure d'autres que nous n'avons pas et dont nous pourrions être jaloux à notre tour.

?s"est-ce pas à ton corps que tu dois dètre de la

1(')4 l\\nge et le prêtre

famille de riIomme-Dieii. Cesl par lui que lu es son frère. Ta chair esl la sœur de sa chair, comme Ion âme est la sœur de son âme. Tes org^anes et tes sens représentent ses organes et ses sens; ton corps est formé sur le modèle de son corps. Intime et glorieuse alliance que ne partagent point les purs esprits.

Cest par liiilermédiaire de Ion corps que ton àme reçoit les grâces divines des sacrements et c'est par ton corps aussi que tu produis les actes généreux et méritoires des plus sublimes vertus.

Par ton corps, membre mystique du corps de Jésus-Christ, tu deviens avec lui le Pontife de la création matérielle. Tu la fais servir à sa gloire cl lu lui prèles ta voix pour chanter un hymne perpétuel à sa louange.

A ton corps tu dois dètre le dépositaire de la dignité la plus haute qu'ait créée l'amour du Ré- <lempteur, d'être son Prêtre et de conférer à tes frères, ses sacrements, réservoir des grâces privilégiées du salut.

Grâce à ce corps, lu as Ihonneur et le bonheur de pouvoir répondre aux souffrances et à la morl du Sauveur par les soutlVances et par ta mort. C'est surtout ce privilège que t'envient les Anges. A la vue des confesseurs et des martyrs, nous sommes souvent tentés de nous écrier :

Pourquoi donc, ô Dieu Rédempteur, ne nous avez-nous pas donné comme à lliommc un corps

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