LE PUR ESPRIT ET LE PRÊTRE 1G
passible et mortel ? Avec quel ravissement, nous l'aurions livré et sacrifié pour votre amour 1 N'avez-vous pas dit vous-même qu'il n'est pas un plus grand amour que de mourir pour celui qu'on aime ?
Mais non, répond le Sauveur ; à l'homme pour qui je suis mort, le privilège de pouvoir mourir pour moi. A mon Prêtre d'être en union avec moi, sacrificateur et hostie ; à lui de pouvoir dire en mon nom : Ceci est mon corps , ceci est mon sang ; à lui de me porter en ses mains, de me recevoir en aliment et de me donner en aliment aux âmes pures.
O mains vénérables ! 0 bouche sacrée ! 0 corps lionoré de fonctions toutes divines ! En quelle l'acuité de la nature spirituelle des Anges trouvons-nous rien de plus élevé et de plus saint !
Quand ton corps sera séparé de ton âme et qu'il ira, lui aussi, faire son purgatoire, en se dissolvant dans le sein de la terre, ton Ame ne cessera d'aspirer à lui être de nouveau unie. Elle lui sera unie au dernier jour, après sa régénération. Alors, ô mon frère, elle jouira d'un autre privilège que n'auront point les Anges. Par lui elle pourra contempler le Christ en son humanité d'une manière qui sera une source nouvelle de délices qui nous restera inconnue.
Les Anges ont parfois revêtu des corps d'emprunt pour remplir leur mission auprès des hom-
ir>() l'ange ET LE PRÊTRE
mes, leur parler, entrer en relalions nvcc eux.. Combien ces corps apparaissaient nobles et dignes ! Qu'étaient cependant cette noblesse et cette dignité comparées à celles du corps d'un prêtre? Le corps dun Ange ne fut jamais honoré d'une pareille consécration et ne devint jamais l'instrument de fonctions si hautes.
.Je reconnais, ô mon bon Ange, les admirables prérogatives que vous me révélez en mon corps ; mais puis-je oublier qu il porte en lui l'élément mauvais dont il a été pénétré à son origine. Les tendances de l'intérieur et les contacts du dehors peuvent en faire, à chaque instant, un instrument de perdition. Son caractère sacré ne l'a point délivré de la concupi«;cence dont je puis, chaque jour, triompher, mais qu'il ne me sera jamais donné d'extirper.
r'ournge, mon frère! .Même en ce point tu peux trouver en ton corps de précieux avantages. Les grands Saints, qui ont rivalisé de perfection avec les Anges et qui les ont égalés ou surpassés, onl dû leiH' élévation à leui-< billes conire les tentations. C'est sur les ruines de la sensualité et de l'orgueil qu'ont fleuri les plus belles vertus. C'est aux combats dont le corps fut le IhéAlre que sont réservées les plus nobles couronnes.
La prudence de l'Ange et du Prêtre.
Si le Sauveur a dit à ses Apôtres et à ses Prêtres : Soyez prudents comme les serpents, c'est qu'il a voulu les mettre en garde contre la malice du serpent infernal. A ceux qui sont ses ministres et les organes de sa Providence, à ceux qui ont à remplir des missions en son nom, auprès de leurs frères, celte prudence est dune absolue nécessité.
Il n'est pas de plus parfait modèle de la pru- <lence sacerdotale que la prudence angélique. Notre prudence, ô mon frère, nous vient de nos lumières surnaturelles et de notre expérience.
Nous connaissons les ruses de l'ennemi de Dieu. Nous l'avons vu à l'œuvre, parmi nous, au jour de notre épreuve, près de l'homme au paradis terrestre, à côté de Judas, au Cénacle, et nous le voyons encore, chaque jour, acharné à la poursuite des âmes.
1G8 l'ange et le prêtre
Vaincu par S. Michel, relégué au déserl par S. Raphaël, écrasé par le pied de Marie, expulsé du corps des possédés par le Christ, il reparaît toujours, il avance par mille détours et se dissimule pour surprendre sa proie.
Nous avons su lui dérober le secret de nos missions, les soustraire à sa méchanceté, faire servir à leur accomplissement les desseins les plus pervers, déjouer les projets de sa haine, opérer le salut des âmes, assurer le triomphe de l'Église.
Voilà, prèlre de Jésus-Christ, ce que tu as à faire à ton tour. Pour accomplir la même œu\rc. tu as besoin de la même prudence. Il te faut une prudence surnaturelle et tout angélique. Comme autrefois, Satan est au milieu des enfants de Dieu ; il se retrouve partout et ta demeure est au sein de ses embûches.
Il ne dépend que de toi d'avoir celle prudence. Si tu le désires sincèrement, ma prudence deviendra la tienne. Tu n'auras qu'à le confier à moi-même, aller en assurance et protéger les Ames qui te sont confiées.
La souveraine Sagesse a dit: Mon fils, ne fais rien sans prendre conseil et tu ne le repentiras pas après l'action. Quand tu m'as consulté el «(lie lu as suivi généreusement mes inspirations, la prudence s'est-elle jamais trouvée en défaut.*
Je sais toujours où est Salan ; je vois les pièges
LA PRUDENCE DE l'aXGE ET DU PRÊTRE 16&
qu'il a tendus sous tes pas, les écueils qu'il a semés sur ta route, les traits qu'il fait voler dans l'ombre, les glaives quil a cachés dans la nuit.
Je te découvrirai les périls que tu cours ; je te les ferai pressentir quand ils approcheront ; je t'enseignerai à les éviter quand ils seront présents.
N'est-ce point ma voix tutélaire que tu entends au dedans de toi, dès que tu te recueilles? C'est elle qui ne cesse de te redire :
Prudence contre les mouvements de l'amourpropre et de loi^gueil, de la susceptibilité et de laversion, de la sensiialité et de la mollesse.
Prudence contre un zèle qui n'est point désintéressé, une dévotion qui n'est point dévouée, une réserve qui n'est que lâcheté et faiblesse.
La prudence aimée de Dieu n'a rien de commun avec cette prudence de la chair qui s'effraie du moindre sacrifice, s'arrête à chaque difficulté, rend impossible toute initiative, paralyse toute action.
Le Rédempteur, ses v^pôtres, ses confesseurs, ses martyrs, tous ses saints, ont-ils manqué de la vraie prudence, quand ils ont foulé aux pieds les calculs humains, afTronté les combats, bravé les persécutions, subi les tortures, accepté la mort ?
Qui s'applaudit aujourd'hui d'avoir été prudent? Celui qui a su éluder le devoir? Non, mais
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celui qui s'est soumis à loul pour l'accomplir.
C'est eu sacrifiant le corps à lame et non l'âme au corps que la prudence sauve 1 un et l'autre el leur prépare les délices éternelles.
Par ta docilité à mes inspirations se révéleront <lans toute la conduite sacerdotale, ma sagesse et ma prudence et les Ames soumises à ta direction auront le bonheur d'en bénéficier.
La simplicité de l'Ange et du Prêtre.
Si la simplicité était bannie du reste de la terre, elle devrait encore se trouver au cœur du prêtre comme au cœur de l'Ange.
La simplicité est un doux éclat de la vérité, l>rillant sans altération. Dieu est la simplicité parfaite, parce qu'il est la parfaite vérité.
Les cœurs simples sont l'objet de sa prédileclion. Il aime ses Anges, parce qu'il les voit simples en leurs intentions, en leurs paroles, en leurs actes, comme en leur nature.
Tout en nous est sincérité. Quand nous nous présentons à une âme sur la terre, c'est toujours le cœur ouvert. En chacune de nos apparitions, notre simplicité inspire une irrésistiljle confiance.
De chacun de nous, comme du Verbe incarné, on peut dire : Jamais le déguisement de la vérité n'effleura ses lèvres.
172 I/ANGE ET LE PnÈTPE
Noms formons la cité de la luniièrc. La lumière fail nos délices el nous rcvèt de ses splendeurs. KWc est notre élément, notre aliment, noire vie.
Si nous conversons avec nos frères, si nous nous adressons à Dieu, si nous parlons aux liommes, c'est toujours pour exprimer la vérité ; en notre parole est toujours la pensée de nos cœurs.
Le démon est simple en sa nature, mais par une monstrueuse contradiction, il est en ses actes, tout fausseté, tout fourberie, tout mensonge.
11 s'est menli à lui-même, dès le commencement ; il a menti à l'homme au paradis terrestre ; il ment chaque jour, à celui qu'il lente, tout son règne est fondé sur le mensonge ; sa cité est la cité des ténèbres.
Il se transforme parfois en Ange de ténèbres, mais c'est pour mieux tromper. 11 met alors le comble à sa fourberie.
Tu vois, ô mon frère, combien est nécessaire la belle vertu de simplicité, soit pour la propre sanctification, soit pour celle de tes frères.
Elle le donnera devant Dieu une légitime assurance et te fera prévenir lelTroyablc déception du dernier jour. Ouelie sera, au dernier jour, lallitude des malheureux qui auront durant loute leur vie, pesé leurs œuvres dans une fausse balance?
Bien dire et mal faire, se peut-il une plus 1er-
LA SIMPLICITÉ DE l'aXGE ET DU PRÊTRE 173
rible condamnation de soi-même ? La vérité ne change point. Elle résiste à tout, survit à tout et demeure éternellement.
La simplicité seule, unie à son inséparable sœur, la prudence, assurera le succès de ton ministère. Elle t'ouvrira les cœurs et te les attachera. On ne donne sa confiance qu'à la parfaite sincérité.
La simplicité de la colombe recommandée par le Fils de Dieu à ses apôtres, au moment même où il les envoyait comme des brebis au milieu des loups, respectera sur tes lèvres le sceau de la discrétion. Elle ne te laissera manifester que la vérité, mais elle te laissera aussi la taire à propos.
Heureux le prêtre qui possède la simplicité évangéhque. Les prêtres les plus éclairés et les plus éminents en vertu ont été les plus simples. Ils apparaissent aux peuples avec une sorte de naïveté enfantine et sublime à laquelle les plus dissimilés eux-mêmes ne résistent pas.
Saint Vincent de Paul devait envoyer un prêtre au milieu d'une population reconnue pour sou esprit rusé et fourbe. On l'engageait à choisir un prêtre doué de finesse. Non point, répondit-il ; pour g'uérir un malade, ilnefautpointun médecin atteint du même mal. Il désigna le plus simple de ses prêtres qui eut bientôt gagné la confiance de tous. Un Ange eût agi comme ce grand saint, s'il eût été à sa place.
Oui fui jamais plus naïf et plus simple que laimable docteur saint Franeois de Sales ? Sa simplicité était le plus bel ornement de sa science; elle lui donnait un incomparable atlrail pour attirer les Ames, les transformer, les conduire à la perfection. Sa simplicité toujours pleine d'humilité et de lumière était bien véritablement celle d'un Anye.
La demeure de l'Ange et du Prêtre.
Cette demeure, ô mon Frère, nous est commune. J'y réside à tes côtés et j'y passe les mêmes instants que toi. Elle doit être digne de lun et (le l'autre. Elle n'est généralement connue que comme la tienne. A ce titre dabord que doit-elle (Hre?
Te rappelles-tu ces paroles que lu as lues dans la Sainte Écriture, au premier livre des Rois? « Olim, in Israël, sic loquebatur wnisquisqiie vadens consuleve Deiim : veniie et eamiis ad Videnlem. Qui enim prophela diciiur hodie vocahaUir olim Videns (I, Reg. 9, 9).
Celui qu'on appelait, au temps de Samuel, le l»rophète, s'était appelé autrefois le Voyant. Ces deux dénominations annonraient, dans celui qu'elles désignaient, un même ministère. Quand les Israélites voulaient consulter Dieu et cou-
naître ses volontés, ils s'adressaient à son ministre e[ demandaient la maison du Voyant.
C'est la maison du prrtre qui est aujourdlnii la maison du prophète ou du Voyant. En sortant de la maison de Dieu et en entrant dans sa propre maison, le prcHre ne cesse pas d'être le ministre des divins conseils. Avec la connaissance qu'il a des saintes Écritures et de la science ecclésiastique, il esl, pour les fidèles, le véritable Voyant.
Sa maison, ouverte à tous, est la maison des bons conseils, des douces consolations, des puisifants encouragements. Les âmes qui en franchissent le seuil y trouvent la paix, la joie, la lumière, tous les secours du ciel, et en sortent meilleures qu'elles n'y étaient entrées.
Dans la demeure du prêtre, dépendante de la maison de Dieu, régnent le calme et la bienveillance, la pureté et le dévouement. Les âmes s'y trouvent dans une atmosphère de piété et de sainteté qui les pénètre et les réconforte. Au-dessus de ce toit, le ciel est plus ouvert et il en descend des grâces plus abondantes. C'est un de ces points de contact privilégiés (jue Dieu a ménagé'' cntrt; la terre et le ciel.
Supposons maintenant rendu sensible ce qui est une invisible réalité. Supposons que l'Ange du prêtre, toujours présent à ses côtés, revêle un corps, prenne la place du prêtre, ordonne
L\ DEMEURE DE l'aNGE EÏ DU PRÊTRE 177
tout clans celte demeure et y reçoive les visites des fidèles, quel spectacle olTriront les scènes du presbytère?
Quel aspect dabord dans cet intérieur évangélique I Quels en seront les ornements? Brillant palais ou humble chaumière, peu importe, l'Ange voudra y reproduire une image de ce qu'il aime, cVsl-à-dire une image du ciel. On y verra donc en une place d'honneur l'image du roi du ciel^ celle de sa divine mère, celle des Élus et des Anges. On y verra aussi les scènes de l'amour divin accomplies sur la terre. Tout y sera plein des souvenirs de la naissance, de la vie, de la mort et de l'ascension du Sauveur, accompagnés des merveilles qui ont illustré la sainte Eglise^ les actes des Apôtres, des martyrs, des confesseurs, des saints de tous les ordres.
Les àinesjustes et les âmes coupables y seront attirées comme en un coin de la terre voisine du ciel. Elles approcheront avec respect et confiance et nul n'y osera prolérer une parole de haine, de colère, de mensonge et y avoir une altitude simplement mondaine. Oui osera chercher dans cet Ange une connivence à ses passions et à ses désordres ?
Et combien de fois se sont rencontrées, sur la Icrre^ les demeures otïrant cet aspect évangélique et salutaire? Ne l'a-t-on pas vu dans les cellules de ces saints prêtres, de ces Anges revêtus
d'un corps, et nommés Ambroise, Vincent de Paul, François de Sales, Philippe de Ncri et tant dnutres. Vrais Voyants d'Israël, ils ont transformé leurs cellules sacerdotales en cellules angéliqucs et y ont rendu des oracles tout célestes pour éclairer et réconfoi-ler les âmes.
Ils ont transformé leurs demeures par la prière, l'étude, la mortification et les saintes méditations. Le prêtre, s'efforçant d'imiter son Ange (iardien. sanctifie aussi son presbytère, qui devient un lieu de sanctification pour les âmes.
O demeure du prêtre et de l'Ange, sois toujours pure et qu'à ton ombre fleurissent toujours toutes les vertus. Les mérités du ciel y seront aussi nombreuses que celles de la terre, et la terre ol le ciel y trouveront toujours un lieu propice à leur réconciliation et à leur union.
La résidence de l'Ange et du Prêtre.
Ce n'est point du haut du ciel et à grande distance que TAnge Gardien veille sur une âme. 11 ost ici-bas et à ses côtés. C'est là que Dieu lui a marqué sa place et qu'il réside. Sa résidence duie autant que la vie. quelque prolongée quelle soil. et n'est jamais interrompue.
La vie d un impie, d'un hérétique, dun païen, nolïre ordinairement à l'Ange que des sujets de tristesse. Sans l'impassibilité dont il jouit, ce spectacle lui serait insupportable. Mais il est là par la volonté de Dieu et il y continue son ministère, tout en le voyant paralysé.
Il .sait la divine miséricorde inépuisable et il espère en l'avenir malgré les décourageantes apparences du présent. 11 cherche à éclairer cette âme, à lui inspirer la crainte et le remords, à la
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tlégoùler des passions et du vice, à l'allirer par les charmes de la vertu, à la porter aux bonnes actions, à la détourner au moins de quelques fautes plus graves.
Parfois il fmil par triompher : quelle joie et (picls tressaillements en son cœur ! Trop souvent lame résiste jusqu'au l)0ul et se perd, malgré ses soins : ([uelle amère désolation 1 Sa mission remj>lie, il remonte au ciel et reçoit de Dieu l'accueil souriant réservé aux bons serviteurs.
Dans le spectacle de la résidence évangélique, «jucl enseignement et quel encouragement pour le prêtre 1 Lui aussi a sa place marquée auprès des âmes et doit y résider. Sa résidence sera continuelle, comme celle de l'Ange, et ne pourra cesser avant (pie Dieu lui-même l'ail relevé de son poste.
En voyant un sublime Esprit, un prince de la Cour céleste, un représentant de lintinic bonté, <iescendre jusqu à celte terre, fixer sa résidence auprès de lame qui arrive à la vie, devenir le captif de son amour et rester son inséparable gardien jusqu'à la mort, le prêtre hésitera-t-il, lui simi)le mortel, à observer la résid-ence dont il a reçu la charge, non pas auprès dune seide Ame. mais auprès de plusieurs, mais souvent auprès d un grand nombre?
Placé là comme une vigilante sentinelle pour la garde du troupeau, il restera, jouiel nuit, lidèle
LA RÉSIDENCE DE l'aNGE ET DU PRÈTOE 181
à son poste. Et quand Dieu lui fera entendre sa voix: Ciistos, qiiid (le /zoc/e /* il pourra répondre: « Me voici, Seigneur». Le bercail repose en sûreté, les loups en ont été écartés et nulle brebis no manque.
Le prêtre se plait au milieu de ses chères âmes, comme s'y plaisent leurs Anges Gardiens, comme se plaît un père au milieu de ses enfants. S'il est forcé de s'éloigner momentanément, même en se faisant suppléer, il n'est plus à son aise, il semble hors de son élément. S'il arrivait, dit-il, quelque danger I Et il se hâte de revenir.
Sa résidence n'est point oisive et retirée , elle est active et agissante, elle est attentive et protectrice. Sa vigilance qni ne s'est jamais ralentie durant la vie, redouble aux approches de la mort. Il ne se contente point de conférer aux moribonds les sacrements destinés à les purifier, il les y prépare. Il est accouru à la première annonce de la maladie et il a multiplié les visites sanctifiantes.
Les âmes confiées à un tel pasteur, ne sortent de ce monde que pour entrer dans la bienheureuse éternité. S'il est quelque fils de perdition, il en verse des larmes amères, mais son zèle ne fut point en défaut. 11 n'a pas été comme le mercenaire toujours absent au moment où sa présence est nécessaire. Ca-uelle absence 1 Absence dont les suites seront à jamais irréparables.
182 L'ANfiE ET LE PHÈTHE
Est-il rien tle plus honorable pour le prêtre que le devoir de la résidence ? Est-il rien de plus sanctilianl pour lui-même? Est-il une meilleure sauvegarde pour lo <olul des Ames?
Les divines révélations.
Oiiand je m'entretiens avec vous, mon bon Ange, je suis parfois tenfé de vous demander quelques révélations sur les réalités du monde supérieur, sur Dieu, sa nature, ses perfections, ses actes ; sur la distribution de la grâce et la prédestination ; sur la part du concours de l'homme dans l'opération du bien , sur létat des Ames séparées de leur corps, leur entrée dans, l'éternité et leur jugemenl; sur les délices du ciel, les rigueurs de l'enfer, les épreuves du purgatoire ; sur le nombre des élus, celui des purs Esprits et leurs relations mutuelles; sur l'étendue de la divine miséricorde envers les malheureux (pii ne reçurent point TÉvangile ; sur le rôle des «lémons à notre égard et linlervention en notre faveur, des Anges, des saints et de la Vierge -Marie ; sur l'humanité glorieuse du Verbe
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incarne'' cl sur les adorations qu'il rocoil ; enfin sur la vision el la possession de l'Infini par les bienheui'eux. Sur tant de merveilles (jue vous connaissez, que de questions, ô mon bon Ange, j'aurais à vous adresser, si je l'osais !
Je ne le blâme pas, ô mon frère, d'avoir soif des <-éleslcs révélations ; mais est-il dans l'ordre que lu aspires aux révélations extraordinaires que Dieu n'a point faites parce qu'elles ne te serviraient de rien, alors que lu le montres si peu zélé pour les révélations ordinaires qu'il a faites et qui sont dune souveraine importance pour le salut? Les révélations divines sont innombrables. Elles sont partout dans l'Ancien et le Nouveau Testament. Avec quelle ardeur as-tu cherché jusqu'ici à les découvrir, à les comprendre, à en suivre la haute portée ? As-tu appliipu' à cette étude tout ton esprit et tout ton conir? Kt quand lu n'as pu exploiter par toi-même ces riches trésors, as-tu recouru à ceux qui les ont connus mieux que toi, aux Pères, aux Docteurs, aux conciles, aux papes, à 1 Éj.;lise infaillible? C'est là que les vérités surnaturelles et toutes les révélalions venues du ciel, sont déposées et restent à la portée de chacun.
Sans doute ces révélations ne sont dans leur ensemble qu'un resplendissement de la lumière divine, à travers le voile de la foi ; mais combien elles surpassent en beauté, en certitude, en utilité