‹ L'angine couenneuse et le croupChapitre 15 sur 50 · INDICATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS

250. Les principales indications thérapeutiques qui doivent être remplies dans les affections diphlhéritiques en général, sont, il me semble : 1° De résoudre l’inflammation locale et de combattre ses effets généraux ; 2°dc faire disparaître les fausses membranes, en favorisant leur absorption ou leur dissolution, leur séparation de la muqueuse et leur expulsion; 3° de modifier avantageusement et l’état général de l’économie, et les

propriétés vitales des tissus malades, en sorte qu’il s’opère une mutation dans le mode de sécrétion établi et qu’il ne se fasse plus d’exsudation de produits fibrino-albumineux sur les surfaces des muqueuses affectées.

En produisant un tel changement dans l’organisme, en attaquant, pour ainsi dire, l’essence même du mal , on empêche non-seulement la reproduction des fausses membranes, mais on détruit aussi la source de tous les accidents.

TRAITEMENT DE l’âNGINE DIPHTHÉRIQUE SIMPLE.

251. Quand, au début de la maladie, les symptômes phlegmasiques locaux, tels que la rougeur, le gonflement, la gêne dans la déglutition et la respiration étaient très-prononcés, quand la réaction fébrile était vive, la peau chaude, le pouls plein et accéléré, j’ai commencé le traitement par l’application de quelques sangsues aux apophyses mastoïdiennes, et j’en ai toujours tiré de bons résultats ; l’amendement rapide des phénomènes phlegmasiques me permettait alors d’administrer l’eau d’Adélaïde, dont je ne voulais faire usage qu’après la mitigation des accidents que je viens de signaler. Dans l’intervalle, je fis prendre l’eau alcalino-muriatique (voy. 273) avec de l’eau sucrée. Selon l’âge de l’individu un litre, un demi-litre ou un tiers de litre de cette eau, qui servait en même temps de boisson, fut ordinairement ingérée en 24 heures. Il est inutile d’ajouter que la quantité de sang que j’ai fait retirer était proportionnée à l’âge et à la force du sujet, et que les émissions sanguines n’étaient jamais abondantes, excepté dans quelques cas, où des symptômes phlegmasiques très-intenses ou des accidents céphaliques et l’état pléthorique du malade l’exigeaient impérieusement. Immédiatement après la saignée , la teinture d’iode iodo-bromurée était appliquée sur le cou. J’indiquerai plus loin ( voy . 278) de quelle manière les frictions furent pratiquées.

252. J’ai dû différer l’emploi de l’eau d’Adélaïde , et commencer le traitement intérieur par l’administration d’un vomitif ou d’un émétocathartique , lorsque, au début de la maladie, il se présentait des signes d’embarras gastrique, tels que l’amertume delà bouche, l’enduit épais et jaunâtre ou blanchâtre de la langue, des nausées, etc. Quant à la dose et au mode d’administration (voy. 277), je me bornerai à faire remarquer que dans la plupart des cas d’angine diphthérique simple, la préparation de cette eau n* II ( voy. 274) fut suffisante pour faire disparaître la maladie , et que je n’eus recours à la préparation n° I que dans les cas urgents, c’est-à-dire quand la diphthéri te menaçait de se porter rapidement du pharynx sur les voies aériennes , ou lorsque les

fausses membranes résistaient avec une grande ténacité ou qu’elles se produisaient de nouveau.

255. L’emploi de l’eau d’Adélaïde et de la teinture a été continué jusqu’à ce que tout vestige d’exsudation plastique aux fosses gutturales et nasales ou sur d’autres points du corps eut disparu. Il arrivait cependant quelquefois, qu’à la suite de l’action de ces médicaments sur les muqueuses, les fosses gutturales, la cavité buccale et les canaux aériens étaient tellement remplis et obstrués par des mucosités épaisses et visqueuses , que la respiration en devint fort embarrassée. Dans ces cas, l’usage de l’eau d’Adélaïde fut interrompu , et un vomitif fut administré. Après l’évacuation de ces matières, il arriva quelquefois chez des individus affaiblis que l’expectoration ne se fit qu’avec difficulté. L’administration de la liqueur d’ammoniac anisée avec de l’eau de fleurs d’oranger et d’un sirop pectoral quelconque, me rendit alors de bons services.

254. Comme j’ai dit plus haut, la cautérisation n’a été pratiquée que quelques cas, et expérimentalement. Elle me semblait plutôt entraver dans que favoriser l’action de notre médication. Pour empêcher la reproduction des fausses membranes, j’ai employé vers la fin de l’angine, comme moyen astringent et modificateur, une solution de pierre divine, dont l’effet m’a paru avantageux. — D’autres moyens topiques pourraient, il me semble, seconder utilement l’action de la médication nouvelle dans les premières périodes de la maladie, avant la chûte des concrétions, en favorisant la dissolution et la séparation des couenne s, tels que l’emploi topique de l’eau d’Adélaïde en gargarismes et en injections ou l’application du carbonate sodique sur la muqueuse pharyngienne, au moyen d’insufflations, de gargarismes, etc. Ce dernier a été expérimenté par M. le docteur Gigot qui en a obtenu les meilleurs résultats.

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