‹ L'angine couenneuse et le croupChapitre 35 sur 50 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

401. J... B..., garçon de trois ans et demi, bien constitué, d'un tempérament lymphatique.

Il y a quelques jours que le petit frère du malade a succombé au croup. Appelé dans ses derniers moments et ne pouvant lui prêter aucun secours réel, je me bornai à explorer l’arrière-gorge de l’agonisant. Bien que je trouvasse le pharynx couvert de mucosités et les amygdales un peu rougies et gonflées , je ne pouvais y découvrir la moindre trace d’une exsudation coucnncuse.

Le 27 novembre 1857. Toux catarrhale, langue jaune, mouvement fébrile. —Vomitif.

2e jour. Amendement.

3e jour. Malaise, fièvre intense, sécheresse et forte chaleur de la peau, somnolence. Enrouement, toux croupale, gêne de la respiration. Amygdalite, pellicules jaune-blanchâtres sur les tonsilles. Engorgement des parties latérales du cou , écoulement aqueux du nez.— Application de la

teinture d’iode brom. sur le cou; eau d’Adélaïde, mêlée avec de la tisane de racines d’allliæa.

402. 4° jour. La toux perd successivement son caractère croupal, en devenant plus catarrhale, mais l’enrouement persiste. La tumeur ganglionnaire s’est amollie et paraît moins tendue, principalement du côté droit. La tonsille droite est désenflée , celle du côté gauche est encore un peu tuméfiée, leur coloration apparaît presque normale. Les concrétions se sont rapetissées, celle de l’amygdale droite n’est pas plus grande qu'une lentille, tandis que celle du côté opposé ne surpasse pas la dimension d’un petit pois. Une couche très-mince d’exsudation concrète revêt la paroi postérieure du pharynx.

403. Langue nette et humide, haleine fétide, écoulement mucososéreux et très-abondant des narines, dont la tunique pituitaire est tapissée de concrétions grisâtres , d’une part encore adhérentes , d’autre part détachées; yeux rougis , épiphora , tuméfaction oedémateuse de la face; turgescence, température élevée, coloration et moiteur de la peau ; forte excrétion des urines rouge-jaunâtres et chaudes; déjections alvines fétides, contenant un grand nombre de fragments membraneux grisâtres. — Le pouls est agité et très-accéléré (125 puis.) , mais mou et égal. Le petit malade est bien dispos et animé, l’appétit se fait sentir.

Eau d’Adélaïde; frictions.

404. 5e jour. Le malade a passé une bonne nuit. La pellicule sur l’amygdale gauche paraît un peu amollie. La toux est tantôt rauque et sèche, tantôt humide, et le malade rejette parfois des crachats mucosopuriformes d’une teinte verdâtre ou jaune, d’autre fois des mucosités tenaces, filantes, d’une couleur et transparence vitreuses.

Même prescription.

405. 6° jour. L’état, général ne laisse rien à désirer ; fièvre presque imperceptible, pouls normal, d’une fréquence de 90 pulsations.

L’amygdale gauche est maintenant aussi désenflée. La concrétion se présente comme une tache, celle de la tonsille droite a disparu. — A la paroi postérieure du pharynx, sur le côté ga uclie, l’on remarque, en partie détachée et (lottante, une bande membraneuse, longue, étroite et blanche, le reste de la muqueuse pharyngée, autant qu’elle est accessible à la vue, se montre tout-h-fait libre d’exsudat.

Un enduit d’un blanc sale couvre encore la pituitaire nasale ; l’humeur qui s’écoule des narines, prend une consistance séro-glaireuse. L’infiltration séreuse du visage, 1 injection des yeux et l’épiphora n’existent plus.

Eau d’Adélaïde ; trois frictions par jour.

/'jour. La bande membraneuse dans le pharynx a disparu, la tache

sur l’amygdale gauche se dislingue à peine. La muqueuse nasale est complètement dégagée de son enduit couenncux ; le dernier fragment» un long lambeau grisâtre, est retiré de la narine gauche, à l’aide d’une pince ; l’écoulement du nez s’amoindrit et devient plus clair, la toux s’humecte de plus en plus, mais le timbre de la voix reste encore altéré. L’eau d’Adélaïde est continuée, mais l’enfant la prend irrégulièrement.— Deux frictions par jour.

406. 8» jour. La tache sur la face antérieure de la tonsille gauche s’est effacée, mais l’on remarque maintenant sur l’extrémité de son bord une nouvelle tache de couleur jaune, formant une ligne longue et étroite.— Expulsion de lambeaux membraneux avec les selles.

Même prescription.

9" jour. La concrétion sur la tonsille gauche apparaît plus étroite que la veille et d’une teinte plus claire, de jaune paille. La tumeur des parties latérales du cou s’est entièrement dissipée, et l’épiderme se détache en larges lambeaux.

407. Le malade se porte parfaitement bien , il n’y a aucun symptôme de fièvre, toutes les fonctions sont revenues à leur état physiologique. Néanmoins, la concrétion sur le bord-de la tonsille gauche, aussi insignifiante qu’elle soit, résiste toujours; de plus, je découvre même sur l’amygdale droite, à son bord intérieur, une nouvelle concrétion semblable et cerclée d’une ligne cramoisie. Le reste de la muqueuse tonsillaire, ainsi que la muqueuse qui revêt les autres parties du gosier, offre une coloration normale d’une pureté remarquable.

Je trouve en même temps, en examinant le cou, qu’il y a au-dessous de l’angle droit de la mâchoire inférieure , un nouvel engorgement ganglionnaire de la grosseur d’une noisette.

408. Commcj’ai dit plus haut, l’eau d’Adélaïde a été prise pendant les derniers jours avec négligence.— Attribuant à cette circonstance le retard de la guérison, j’insiste avec plus de fermeté pour que ce médicament soit employé avec plus d’assiduité et plus méthodiquement. Les frictions sont également réitérées, on les applique trois lois dans la journée sur la partie postérieure du cou et à la région mastoïdienne.

I Ie jour. Toux, la plupart du temps humide ; mais parfois un peu rauque, respiration bruyante pendant le sommeil. Concrétions sans changement. Le malade est un peu agité.

12" jour. Disparition de la concrétion sur l’amygdale droite et diminution de l’engorgement ganglionnaire.

Même prescription.

13° jour. Rapetissement de la concrétion qui existe encore sur la ton-

silic gauche et qui se présente comme une ligne d’une grande finesse et d’une blancheur extrêmement pure.— Toux rare et grasse, expectoration de crachats épais et jaunes, dont quelques-uns sont mêlés de filaments membraneux blanc-jaunâtres. Les yeux s’injectent de nouveau.

Le 14e jour, le malade entre en convalescence.

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