‹ L'angine couenneuse et le croupChapitre 37 sur 50 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

417. M... D..., âgé de 20 ans, d’une constitution robuste. Ce jeune homme qui jouissait jusqu’ici d’une santé parfaite, avait rendu le <50 novembre une courte visite au malade qui est le sujet de la précédente observation. Lq lendemain matin, il se sent pris de malaise, de mal de gorge et de céphalalgie. Je fus appelé le soir.

Le 1” décembre 1857. Fièvre, mal de tête, dysphagie, nausées. Amygdalite, tuméfaction des parties latérales et de la région sub-menlale du cou.

La langue est couverte d’un enduit épais et uni, blanc, d’un poli luisant; elle semble enduite d’un vernis brillant. — Vomitif; vomissements mucoso-bilieux ; diarrhée. — Application de la teinture d’iode iodo-bromurée sur le cou ; eau d’Adélaïde n° IL Le malade boit un litre entier de cette eau pendant la nuit.

418. Le 2 décembre. L’enduit de la langue s’cst modifié notablement, en perdant son poli et son éclat, il apparaît ramolli. La tumeur ganglionnaire est moins tendue. La rougeur et le gonflement des amygdales, sur lesquelles on ne découvre aucune exsudation , ont diminué. Il survient un écoulement nasal aqueux. Le malade rejette par expectoration une quantité considérable de matières albumineuses , offrant les mêmes propriétés physiques décrites dans le cas précédent. La fièvre et la dysphagie, qui s’étaient amendées dans la matinée, augmentent le soir.

419. Le 3 décembre. La fièvre s’est modérée, le pouls est égal, mais un peu dur et tendu (90 puis.). La déglutition se fait presque sans difficulté; la peau est chaude et humide. — L’enduit de la langue a disparu, sa pointe est rouge et le reste de sa surface est légèrement couvert de mucus. La rougeur et le gonflement des tonsilles continuent à diminuer, ce qui permet d’explorer le pharynx. La muqueuse pharyngée présente une couleur très-foncée. On remarque maintenant une bande membraniforme longue, étroite, blanche, en partie détachée et flottante, au fond du pharynx.

Les frictions et l’eau d’Adélaïde sont continuées.

420. Le 4 décembre. Fièvre insignifiante, pouls mou (90 puis.). Pendant que les amygdales et la luette paraissent encore rougies à leurs parties inférieures , leur base offre une coloration beaucoup plus claire. Sur ce fond pâle, on aperçoit disséminés un grand nombre de points d’un rouge foncé.

La rougeur phlegmasique de la muqueuse pharyngée s'est amoindrie, et la bande membraniforme qu’on voyait la veille, a disparu. L’expectoration est beaucoup moins abondante, et la matière réjetée plus liquide et plus transparente. Elle contient un assez grand nombre de fragments membraneux, longs et étroits. Dans les selles on trouve également des lambeaux pseudo-membraneux , mais longs , assez larges et teints de sang vif. — Même traitement.

12) . Le 5 décembre. Sur la base de la luette on voit aujourd’hui une concrétion blanc- jaunâtre, lenticulaire, et sur la base des tonsilles il } a quelques petites taches diphthéritiques de la même forme. Les points rouges qu’on apercevait la veille, ont entièrement disparu. — La tuméfaction antérieure et latérale du cou s’est dissipée. La l’éjection de matières albumineuses continue , mais leur quantité est encore moindre que la veille.

Continuation de l’eau d’Adélaïde ; cessation des frictions.

Le. 7 décembre. Résorption des concrétions sur la luette et les amygdales. Cessation complète de l’expectoration.... — Guérison.

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