‹ L'angine couenneuse et le croupChapitre 47 sur 50 · OBSERVATION XXIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIX

477. J... B..., âgé de 20 mois, bien constitué, d’un tempérament sanguin. Lorsque cet enfant fut atteint du mal épidémique, son frère et sa sœur venaient de succomber l’un après l’autre du croup. Us avaient été traités, selon mes informations, avec les moyens usités (cautérisations, vomitifs, chlorate de potasse, etc.)

I.e 28 mars 1858. Je constate une angine tonsillaire intense, la présence d’une fgrandef plaque couenneuse, ovale, d’un jaune sale, sur l'amygdale gauche, un engorgement ganglionnaire considérable du cou, avec une forte fièvre.

Quatre sangsues derrière les apophyses mastoïdiennes ; eau alcalinomuriatique ; frictions avec la teinture d’iode iodo-brom. sur le cou.

478. Décroissement des phénomènes phlegmasiques et du gonflement ganglionnaire. — Eau d’Adélaïde n° II; frictions.

Le 1er avril. L’engorgement du cou et des amygdales est presque dissipé, la plaque diphthéritique s’est diminuée d’un tiers de son étendue primitive et l’état général est si satisfaisant , qu’une prochaine guérison est en perspective. Etant fort occupé et demeurant loin du domicile du malade, je recommande sérieusement à mon départ de continuer sans cesse le traitements de m’avertir si un changement quelconque survenait. Malheureusement, mes conseils ne sont pas suivis. Je ne suis appelé que leHO avril, où je trouve le malade dans une situation fort grave. Lejtroisièmc jour après ma dernière visite, il n’y eut en apparence plus aucun phénomène morbide. Les parents avaient cessé le traitement, lorsqu’ils voyaient leur enfant, dans la nuit du 9 avril, soudainement pris d’uue toux et d’une forte oppression. Ces accidents s’étaient calmés, mais ils revinrent vers le matin avec plus de violence. A mon arrivée ,* dans l’après-midi, je constate une laryngite diphthérique , présentant les symptômes les plus alarmants de la deuxième période de cette maladie : gêne extrême de la respiration, inspiration sifflante, toux croupale sourde, aphonie complète, avec accablement profond. L’exploration du gosier me.fait voir les deux amygdales, qui sont de nouveau tuméfiées, les piliers, la luette et la paroi postérieure du pharynx envahies par des concrétions épaisses, d’un blanc sale. Je remarque, en outre, derrière l’oreille gauche, une excoriation revêtue d’une couenne blanchâtre, épaisse, lardacée et inondée d’une matière puriforme et sordide» de la largeur de 2 centimètres et de la longueur de la conque. J’ordonne l’eau d’Adélaïde n° I, et des frictions avec la teinture d’iode iodo-brom. sur le cou d’heure en heure.

4/9. Le H avril. Amendement des symptômes du croup ; réduction des tonsilles à leur volume normal. Quelques lambeaux des concrétions du gosier sont enlevés, et la muqueuse, mise à nu, présente une couleur rouge foncée, pointillée. — La plaque derrière l’oreille s’est rapetissée et prend un meilleur aspect.

Frictions toutes les 3 heures ; eau d’Adélaïde n0 1 à continuer.

480. Toux (croupale) un peu humide, d’une moindre intensité ; inspiration rarement silllante; dyspnée décroissante; selles noires et infectes, renfermant des pellicules diphthéri tiques.

La plus grande partie des fausses membranes de la gorge est tombée. De même, une modification notable de l’exsudation concrète derrière l’oreille s’est opérée; elle a diminué de la moitié de son étendue primitive, elle s’est amincie considérablement et offre une teinte blanche et nette.

Trois frictions par jour; l’eau d’Adélaïde est continuée.

481. Le 15 avril. Toux catarrhale; respiration insonore et facile; timbre de la voix encore altéré. Inspection du gosier : tout ce qui reste encore des concrétions, se réduit à une raie blanche, s’étendant le long du bord intérieur des amygdales. La muqueuse, sur laquelle les couennes avaient leur siège, est profondément rougie ; la muqueuse environnante offre une couleur moins profonde, et prend une teinte plus claire et enfin rose, à mesure qu’elle s’éloigne des points qui, auparavant, étaient affectés de la diphthérite.

482. La fausse membrane derrière l’oreille est entièrement résorbée ; on ne remarque en cet endroit qu’une excoriation d’un centimètre de largeur environ, recouverte d’une couche mince d’un mucus transparent. Tandis que l’excoriation est profondément rougie à sa périphérie, tout le reste de sa surface présente une rougeur vive, parsemée de points d’une teinte plus obscure.

483. La sécrétion de la muqueuse nasale, pharyngienne et buccale a augmenté; la peau est humide, le pouls peu accéléré. Dans la journée, quelques évacuations alvines, brunâtres et d’une odeur moins fétide, ont lieu. Comme les téguments du cou commencent à devenir très -douloureux, on pratique les frictions alternativement sur la partie antérieure de la poitrine et sur la face interne des bras ; on prescrit l’eau d’Adélaïde n ’ III.

484. Le 17 avril. Toute trace d’exsudation diphthérilique dans l’arrièrebouche a disparu. L’excoriation derrière l’oreille a diminué et commence à sécher. La toux est humide et insignifiante. L’excrétion urinaire est presque suspendue; les mains et les pieds s’oedématisent. L appétit revient. — Le 19 avril. Guérison.

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