‹ L'Angiome du ReinChapitre 10 sur 30 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Avec une symptomatologie aussi peu caractéristique, le diagnostic sera assez difficile à établir ; cependant, en possession de tous les caractères cliniques et avec en plus l’apport de la radiologie, il sera possible de poser un diagnostic de présomption, sinon de certitude qui pourra se vérifier par la néphrotomie; bien que Judd et Simon aient affirmé que l’angiome ne pouvait être diagnostiqué, même si l’on avait le rein ouvert sous les yeux.

L’Hématurie, l'expulsion de caillots et les coliques néphrétiques qui en résultent, se voient dans beaucoup d’affections rénales. Elles n'auront d'intérêt que pour déceler le côté qui saigne et qui est malade.

Le caractère capricieux, variable dans sa durée et dans sa fréquence de l’hématurie et des phénomènes qui l’accompagnent, ne sont pas non plus caractéristiques. Toutefois, la durée des troubles qui s’échelonnent souvent sur un grand nombre d'années, si l’on met à part les deux ou trois cas où une hématurie grave a exigé la néphrectomie, sera d’un grand secours pour soupçonner le caractère bénin de l'affection rénale.

Les épreuves de perméabilité rénale montreront une légère insuffisance de la perméabilité rénale du côté malade, perméabilité qui est elle-même fonction de

LG

l'étendue de la lésion et de la destruction ou de la compression du parenchyme sain qui en résultent. L'intérêt des examens du sédiment urinaire, abstraction faite des circonstances exceptionnelles où, comme le malade de Fenwick, il y avait une pyélonéphrite concomittante, résidera surtout en ce fait qu'en dehors de la présence des globules rouges et de quelques cellules épithéliales, ces examens ne montreront aucun élément symptomatique de néphrite hématurique. Il faut noter toutefois que l’angiome peut, dans certains cas, s'accompagner de néphrite secondaire.

La radiographie simple ne fournit aucun renseignement. La radiographie après injection intraveineuse d’une substance opaque s’éliminant par les voies urinaïres, permettra d'apprécier le fonctionnement des deux reins, mais sera insuffisante pour affirmer un diagnostic précis.

La pyélographie rétrograde à la Chevassu, est recommandée par la plupart des auteurs. C'est elle qui peut donner les meilleurs renseignements, tant par l’image elle-même que l’on obtient que par la comparaison que l’on pourra faire de plusieurs images prises à des intervalles assez éloignés. En dehors des malformations des voies excrétrices (uretères bifides vus par Jacobs et Rosenberg, puis MM. Gayet, Gabrielle et Martin), qui ont fait soupçonner à ces auteurs la présence de l’angiome, la pyélographie a pu montrer à diverses reprises un aspect spécial que Jacobs et Rosenberg ont affirmé être caractéristique de la présence de l’angiome. Il s’agit d’un aspect tacheté, tigré, « motled » du bassinet, accompagné d’une irrégularité

des contours des calices au point où est situé l’angiome. Aspect qui serait dû au passage de la substance opaque s'introduisant dans le parenchyme rénal et remplissant les lacunes de l’angiome. Jenkins et Drennan ont insisté également sur cet aspect qu’ils ont retrouvé chez un de leurs malades. La pyélographie que nous apportons le reproduit à peu près.

L’urétéro-pyélographie rétrograde nous donne donc un point très important pour le diagnostic. Cependant, un certain nombre d’angiomes des papilles à aspect macroscopique caractéristique et à caractères histologiques non moins évidents, n'ont jamais donné aucun signe à la pyélographie. Il semble qu’il serait hasardeux d'attribuer cela à une mauvaise technique ou à une mauvaise interprétation. En réalité, les examens négatifs ont été faits alors que le rein avait cessé de saigner, et quand des caillots devaient obstruer les sinus et les lacunes hémorragiques qui constituent l’'angiome, rendant ainsi impossible l’imprégnation de la lésion par la substance opaque.

Ïi n’en reste pas moins que la pyélographie ascendante doit permettre presque toujours de voir la lésion et que des images prises à des intervalles plus ou moins éloignés, seront d’un très grand intérêt, même si elles ne donnent pas l'aspect « motled » caractéristique. Elles permettront de constater le caractère stationnaire de la lésion, et c’est là, en vérité, le point le plus important que pourra nous montrer la pyélographie : l’absence d’évolutivité, c’est-à-dire, l’absence d’une lésion cancéreuse.

Notons encore que l'examen général a permis à

Page 1