‹ L'anglais à la portée des enfantsChapitre 7 sur 46 · MISTRESS · texte numérisé non relu

MISTRESS

Marguerite. Quel grand mot que washerwoman !

Madame Duval. Il est formé de deux mots : washer^ laveur ou laveuse^ et woman, femme. C'est comme si Ton disait une laveuse femme. Et le mot imsher vient de washy qui veut dire laver.

Léonie. Ah;, oui; nous avons plus loin^ she washedy elle lavait.

Albert. Mais, puisque tooman veut dire femme, c'est donc la même chose que icife ?

Madame Duval. Non, mon ami. Woman veut dire femme, en général; et ivife veut dire femme mariée, épouse. Comprenez-vous celte différence ?

Albert. Oui, madame. You are the loife of Mr^ Duval.

Madame Duval. Très-bien, mon enfant; je vois que vous avez compris, et que vous savez appliquer à propos les mots que vous avez appris.

Léonie. Et entre girl et daiighler^ y a-t-il aussi une différence?

Madame Duval. Oui. De même que woman, girl est un mot général, qui veut dire petite fille, ou jeune fille, tandis que daughter marque la parenté. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

Léonie. Oh,oui, rnaman. Attends; je vais faire comme Albert: I am a good liltle girl, and 1 am your daughter.

Anatole. Maman, tu nous as dit que The persons she washed for veut dire, Les personnes pour qui elle lavait. Mais j'ai beau me casser la têle pour comprendre le mot à mot. Les personnes elle lavait pour, je ne peux pas m'expliquer comment on a pu arriver à faire une phrase aussi drôle et aussi embrouillée : Les personnes elle lavait pour !

Madame Duval. Il y a, dans cette phrase, un mot sousentendu ; tu sais que cela veut dire un mot qu'on ôte pour abréger, pour aller plus vite.

Anatole. Oh, je sais bien. C'est comme The brother and sister, pour The brother and the sister.

Madame Duval. C'est cela. Et de plus il y a une iiiversioUj c'est-à-dire qu'on a ôté un mot de sa place ordinaire pour le mettre à un autre endroit. Cela ^a te paraître plus clair quand nous aurons remis la phrase dans son ordre régulier. Va nous écrire sur le tableau^ The perdions for ichom she ivashed.

Anatole [après avoir écrit). Je comprends très-bien commue cela; c'est comme en français : The persons, les personnes ; for ichom, pour qui ; she icashed^ elle lavait.

Madame Duval. Maintenant^ efface whom ; et puis efface encore for^ et écris-le après icashed. Tu vois qu'il y a un mot sous-entendu et un mot transposé^ c'est-àdire changé de place.

Anatole. Je comprends bien maintenant comment on a fait pour arriver à cette manière de parier; mais cela n'empêche pas que c'est un drôle de caprice que de bouleverser les mots comme cela. En français, nous ne faisons pas de ces choses-là.

Alphonse. Tu crois cela, toi. Et quand on dit en français, J/a/rre corbeau, sur xm arbre perché^ est-ce qu'il ne serait pas plus naturel de dire. Maître corbeau, perché sur un arbre? Tu vois bien qu'il y a des inversions en français comme en anglais.

Madame Duval. Attaquons cette difficulté, pour nous en rendre maîtres tout a fait. A votre tour, Marguerite. Écrivez-nous sur le tableau, The friend to ichomyou are wriling,

Marguerite (après avoir écrit). Cela veut dire, L'ami à qui vous êtes écrivant, ou à qui vous écrivez.

Madame Duval. Bien. Maintenant, effacez whom; maintenant, effacez to, et remettez-le à la fin de la phrase. Maintenant, relisez-nous le tout.

Marguerite. The friend you are writing to.

Madame Duval. Maintenant, Charles, en prenant cette phrase pour modèle, écrivez-nous en anglais, Les étran-

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gers qu'elle regardait. Vous avez vu qu'on dit en anglais regarder à quelqu'un.

Charles {au tableau), The strangers she was looking at.

Madame Duval. Très-bien. A vous, Lucile. Écrivez: The family I am acquainled imlK

Lucile {au tableau). Cela veut dire, La famille avec qui je suis en connaissance, ou bien, La famille que je connais.

Quelle est cette leçon?

What was the name of his wife?

De qui madame Comi était-elle la femme ?

Who was a washerwoman ?

Quel était le métier de madame Court ?

Que faisait-elle, pendant que sa fille restait à la maison?

Did she go far ?

Que portait-elle?

To whom did she carry the linen ?

Who remained at home ?

Où sa fille restait-elle ?

Que faisait-elle principalement ?

Qu'est-ce qu'elle ourlait ?

Que raccommodait-elle ?

What was the name of her dau^hter?

Madame Duval {à Jules^ qui s^est noirci le bout du nez avec de V encre), Wash your face.

Tous les enfants éclatent de rire, et répètent ensemble : W^ash your face. Lavez-vous la figure.

Jules va se regarder dans la glace, éclate de rire à son tour, et revient en disant, Yes^l must washmy face^ Oui, il faut que je me lave la figure.

Mâda^je Duval. Qui yoiîs a appris le mot ijes ? Nous ne Tavons pas encore yu.

Jules. Je ne sais pas où je Tai appris ; mais tout le monde connaît ce mot-là.

Madame Duval. Ourlez votre mouchoir.

Marie. Hem your handkerchief.

Madame Duv.\l. Mend your clothes.

Albert. Raccommodez vos habits.

Madame Duval. Portez le linge à la blanchisseuse.

Alphonse. Carry the linen lo the washerwoman.

Madame Duval. Remain at home.

Juliette. Restez à la maison.

Madame Duval. Regardez-moi.

Alfred. Look at me.

Madame Duval. I am at home.

Léonie. Je suis à la maison.

A TRADUIRE EN FRANÇAIS

The shoe-maker was a poor nian.

The httle girl washed her cherries.

Mr. and Mrs. Short were the parents of Peter and Fanny. The girl remained at home, while the boy went about town.

She did not carry her hnen very far.

The tall young man went about town.

La blanchisseuse était une grande femme. Le petit garçon lavait son mouchoir.

Le cordonnier et sa femme étaient très-pauvres. Le frère écrivait, pendant que sa sœur cousait. Je ne restais pas à la maison^ avec ma famiUe, La timide jeune femme allait avec son frère.

CO l,'ANf,LA!S A LA PORTÉE DES ENFANTS.

LECTURE

Eighth lesson.

Mr. Short h ad begun to teach

his own trade to bis son; but^

seeing tbe child did not like it,

be bad given up tbis project,

and bad sent bim to a school,

wbere his progress astonished

bis master.

Le petit questionneur. Madame, vous nous avez Hit que quand il n'y aurait pas de signe sur le th, il faudrait toujours le prononcer th dur.

HUITi£ME LEÇON.

Madame Duval. Oui, à moins qirii ne se trouve dans un mot que nous avons déjà vu, et sur lequel nous ne mettons plus de signes.

Le petit questionneur. Mais dans le mot eighthy vous nous faites prononcer élt-th, comme s'il y avait nonseulement th dur, mais encore un t avant le ih. Moi^ j'aurais dit éï-th.

Madame Duval. Votre observation est très-juste, et je vais vous dire la raison de cette singularité. Le mot eighth, huitième^ vient de eight, huit. Vous avez dû remarquer que^ depuis la quatrième leçon^ le numéro de chaque leçon fînil toujours par ih: fourth, fiflh, sixth, SBventh, Cette terminaison th répond à notre terminaison française ième. Mais comme le mot eight finit par un t, on a cru, sans doute, qu'il suffirait d'y ajouter h, au heu de th. Malgré cette abréviation^ faite probablement par des paresseux^ on prononce comme si le mot était régulièrement écrit eight'lh.

TRADUCTION A

DE l'anglais en FRANÇAIS,

Kighth lesson. .

Mr. Short liad begun.

to teach his own trade.

lo liis son ; . , . .

liut, secing

the cliild did net like it^

Le iiad given up this project^

and had sent him. . .

to a scliool, ....

^vhere his progress .

astoihshed his master .

LTERNATI VE

ET DU FRANÇAIS EN ANGLAIS

Huitième leçon.

M. Short avait commencé

à enseigner son propre métier

à son fils ;

miiis voyant (que)

Fenfant ne T ai niait pas^

il avait donné en haut ce projet (il avait abandonné ce projet),

et avait envoyé lui

à une école,

où son progrès

étonna son maître.

Alphonse. Comment se fait-il que donné en haut signifie abandonné?

Madame Duval. Je ne trouve aucune explication satisfaisanle. Tout ce que je puis vous dire^ c'est que notre mot français abandonner est aussi difficile à expliquer. Nous y trouvons le mot donner, comme dans given up nous retrouvons give ; mais que signifie aban? Selon les unS;, cela vientdeàèan^ c'est-à-dire à bannissement ; selon d'autres cela vient de a privatif grec, qui veut dire sans y et du mot celtique band^ lien...

Ici plusieurs entants commencent à bâiller.

Alfred. Madame, Voulez-vous me permettre de dire comment je m'explique given up?

Madame Duval. Oui^ mon ami. Vous nous rendrez service à tous.

Alfred. Voici : quand on abandonne une chose, on fait souvent ce geste-là. (// jette sa main en Vair.) Un jour^ que mon cerf-volant était bien haut;, j'ai lâché la ficelle^ j'ai fait comme cela; je l'ai donné en haut^ je l'ai abandonné.

Madame Duval. Très-bien^ mon enfant. Si votre interprétation n'est pas la vraie^ du moins elle est ingénieuse, et nous aidera à retenir le sens de given up.

Le PETiT QUESTIONNEUR. Daus la première leçon^ nous avons vu children^ et dans celle d'aujourd'hui nous voyons child ; est-ce que ce sont encore deux mots qui signifient la même chose ?

• Madame Duval. Non; children est le pluriel de child. C'est une exception^ car vous avez vu qu'ordinairement le pluriel se forme comme en français^ en ajoutant une s au singulier.

Marguerite. Qu'est-ce que c'est que le pluriel et le singuher ?

Madame Duval, Le pluriel^ c'est quand il y a plusieurs

personnes ou plusieurs choses ; le singulier, c'est quand il n'y en a qu'une seule.

QUESTIONS

Quelle est cette leçon ?

Who had begun to teach his own trade to hîs son?

To whom had he begun to teach his own trade ?

Qirest-ce que M. Short avait commencé à faire ?

Who did not like this trade?

Qu'est-ce que Tenfant n'aimait pas ?

Qu'est-ce que le père avait vu ?

Qu'est-ce que le père avait abandonné ?

Where had he sent his son ?

Whom had he sent to a school ?

Whom did his progress astonish?

Qu'est-ce qui étonna son maître ?

Afin de rendre l'exercice suivant plus instructif, nous le disposerons à l'avenir sur deux colonnes. Nous mettrons dans la première colonne les phrases que madame Duval donne à traduire, et dans la seconde colonne la traduction faite par ses élèves. Si nos jeunes lecteurs ne veulent pas se fatiguer, ils se contenteront de lire chaque phrase avec sa traduction, comme ils Tout fait jusqu'ici. Mais, s'ils ont envie de faire des progrès plus rapides, et qu'ils ne craignent pas de rendre leur lâche un peu |)lus difficile, ils cacheront d'abord la colonne de droite, et lâcheront de traduire d'euxmêmes les phrases de madame Duval. Ensuite, ils découvriront la colonne de droite, couvriront celle de gauche, et retraduiront les phrases des élèves.

Nous supposons ici le cas où des enfants s'exerce-

raient seuls, dans l'intervalle entre une leçon et la suivante.

MADAME DU val.

Peter did not like the trade of his father.

Fanny n'aimait pas la fille de l'étranger.

The little girl had begun to learn English.

Le petit garçon avait commencé à apprendre sa propre langue.

Teach me your own language.

Enseignez - moi la langue anglaise.

1 see your master.

Vous voyez mon enfant.

The little girl had given lier cherries to lier brother.

Le petit garçon avait donné un mouchoir à sa sœur.

The father had sent his son yery far.

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