‹ L'Angleterre chret́ienne avant les NormandsChapitre 106 sur 118 · cf. Monasticon anfjlicanum, t. Il, p · texte numérisé non relu

cf. Monasticon anfjlicanum, t. Il, p

2. Cf. l'art, de Waiuœn dans Tlie Academy, H déc. 1883, n. 710, p. 30i, et Dki.isle, Mémoire ciic,p.il-2.

3. or. la notice de Cii. Fif.p.vii.le, Revue des Sociétés savantes, série, t. VI, p. 34-41; Les préfaces du missel de Wincficster.

XII' siècle, avec introduction et notes, par le même (texte des 190 jiréfaces), le Havre, -1882, 8". extrait du Recueil des publications i!e ta Société havraisc d'études diverses, 1880-1881, p. 401-450; Note sur les mss. anylo-saxons et les mss. de Jumiéges conservés à la biblioth. de Rouen, par ral)l)é Sai vaoe, le Havre, 1888; Dei.isle, Mémoire cité, p. 272.

4. Il est à la BiblioUièque nationale de Paris, MS latins, 943.

Cf. aussi la lisie des ponlilicaux anglais imprimés ou mss. si- ^,'nalés par Greenwell dans la Préface du Pontifical d'Et/bert, loc. cit., ci la liste de sarramentaires donnée par Warren, dans son missel de Léolric, loc cil. (notamment p. 271-275, j). 295-302, etc.).

d'Egbert, contient un ordo pour le couronnement des rois qui semble plus ancien que Yordo contenu dans la plupart des pontificaux anglo-saxons (WiLsox, p. xvin.

4" Le sacre des rois.

Chez les Anglo-Saxons la cérémonie du couronnement des rois et une importance particulière. L'un des plus anciens exemples d'un sacre est celui d'Aidan, roi d'Écosse, par saint Colomba à lona en 574. La cérémonie dut être fort simple, car Thistorien de Colomba la décrit ainsi : in regem [eum) ordinavil imponensque manum super caputejus ordinans benedixit '. Gildas nous parle à son tour du sacre des rois en Grande-Bretagne, ungebantur reges et panlo post ab uncloribus trucidabanlur ^. S'il faut voir autre chose ici qu'une figure oratoire, comme dans plus d'un passage de Gildas, un nouvel élément de la cérémonie, l'onction, nous est ici donné. Le douzième canon du concile de Celcyth, 787, mentionne aussi l'onction : A'ec Chrisliis (oint) Domini esse valet nec rex totius regm qui légitima non fuerit connubio genemlus. A ce même concile, Egferth, fils d'Offa, fut couronné etoint, comme le rapporte la chronique anglo-saxonne {anglo-sax. Chron., 795). C'e.st même d'Angleterre que la coutume de l'onction semble avoir passé en France où elle aurait été importée par saint Boniface, un saxon, comme on sait 3.

Le Pontifical d'Egbert contient un ordo coronationis

1. Adamnanus, De s. Columba Scolo, t. III, c. v; cf. Montalem- HEiiT, Les moines d'Occident, t. III, p. l'J(J.

•2. Gildas, De Excidio Brilannix, éd. Stevenson, p. 27.

.3. Marlène dit que le plus ancien exemple authentique qu'il ait pu trouver de l'onction royale en France est celle de Pépin par saint Boniface en "5-2. De antiquis Ecclesix rilibus.v II, p. 21-2.

APPENDICE I

régis qui est sans doute le plus ancien qui existe. Il diffère de Vordo donné parle Benedictional de l'archevêque Robert, et par la plupart des autres pontificaux anglo-saxons

La cérémonie a lieu pendant la messe qui est propre (épitre : lecture du Lévitique, xxvr, 6-9; évanyile : Mat., XXII, 15 sq.; introït, graduel, alléluia, offertoire, communion, sont tirés de l'Écriture. Les oraisons sont également adaptées à la circonstance). Elle se place après l'évangile, et se compose de trois oraisons sur la dignité royale, et les devoirs des rois.

L'onction a lieu ensuite. Le prélat consécrateur verse sur la tête l'huile, les autres évêques oignent le roi, pen dant que l'un d'entre eux dit l'oraison : Deiis, electoriuii fortiludo et Itumilium celsitndo, qui in p)-iinordio per e If usionem diluvii crimina mundi castigare voluisti, et per coluinbam, ramum olivœ portantem, pacem terris redditam demonstrasti, iterumque Aaron famulum iuum per unctionem olei sacerdotem sanxisti, et postea per hujus unguenti infusio7iein ad regendni/i popaluiu Israheliticum sacerdotes, ar reges et prophetas perfecisti, vultumque ecclesiœ in oleo exhilarandum per propheticani famuli tui vocem David esse predixisli : ila quœsumus, omnipotens Pater, ut per hujus creaturœ pinguedinern hune servum tuum sanclificare tua benedictione digneris, cumque in siinilitudinem columbe pacem sini' pîicitalïs populo sibi subdito preslare, et exemplo Aaron in Dei servitio diiigenter imitari, regnique fastigia in consiliis scieniiip et wqualitate judicii souper assequi, vultumque hilaritaiis per hujus olei unctionem tuamque benedictionem, le adjuvante, toti plebi paratum habere facias. Per.

Tous les évoques avec les princes donnent ensuite le

1. WiLsON, Ihe Benedictional of Archbishop Robert, London, 1903 p. XIX. Le Pontifical Lanaleteiise (encore inédit) contient aussi cet ordu ancien.

sceptre à l'élu avec des prières du genre des acclamations :

Benedic, Domine, hune presiUem principem, qui régna regum omnium a seculo moderaris. Amen...

Da et a tuo spiramine cum mansueludine ita regere populum, sicut salomonem fecisti regnum obtinere pacificum. Amen.

Tibi semper cum timoré sit subdilus, tibique militct, cum quieto regno sit tuo clypeo protectus cum proceribus, et ubiçue maneat sine pugna Victor. Amen, etc. Ces acclamations sont d'un bon style liturgique et expriment une belle conception de la royauté.

On lui donne ensuite le bâton, nouveau signe de commandement. Les pontifes prennent alors le casque et l'en coiffent, avec ces paroles : Benedic, Domine, fortitudinem régis principis, et opéra manuum illius suscipe, et benediclione tua terra ejus de pomis repleatur, de fructu cœli et rore atque abyssi subjncentis, de fructu salis ne lune, de vertice anliquorum montium, de pomis œternorum collium, et de frugibus terre et plenitudine ejus, etc.

Le peuple chante alors les acclamations Vivat rex in sempiternum.

On dit ensuite la septième et dernière oraison : Deus perpetuitatis auctor, dux virtutum, omnium cunctorumque hostium victor, benedic hune famulum tuum tibisuum capud inclinantem : effunde super eum gratiam prmam, et in militia in qua probatus consista, prolixa sanitate cura, prospéra felicitale conserva, et ubicumque, vel pro quibuscumque auxilium tuum invocaverit, cito adsis, protegas et défendus. Per, etc.

On chante alors l'offertoire, et la messe se poursuit à la façon accoutumée. A la fin de la messe et pour terminer la cérémonie, on lit le premier Mandatum du roi au peuple : Rectitudo régis est noviter ordinati, et in solium sublimati, hœc tria prsecepta populo Christiano

APPENDICE I

sibi subdilo precipere : in primis ut ecclesia Dei et omnis populus christianus veram pacem servent in omni lempore. Ame}i.

Aliud est, ut rapacilates et omîtes iniquitates omnibus gradibus interdicat. Amen.

Tertium est, ut in omnibus judiciis œquitatem et misericordinm precipiat, ict per hoc nobis indulgeal misericordiam suam clemens et misericors Deus. Amen.

D'après Waitz, dont Robertson et Wilson semblent adopter la conjecture, le nouvel ordo coronationis que l'on trouve dans l'autre groupe des pontificaux ou bénédictionnaires anglo-saxons, aurait pour auteur saint Dunstan et aurait été adopté à Bath, en 973, pour le sacre du roi Edgar, où Dunstan était le prélat consécrateur Une recension spéciale en a été faite par le D"" Wickham Legg 2.

L'Eucharistie et la messe.

Un auteur catholique anglais, Bridgett, a recueilli avec beaiico#p de patience dans un gros ouvrage tous les faits concernant l'histoire de la messe et de l'eucharistie en Grande-Bretagne, depuis les origines Cette longue histoire prouve que sur ce point la Grande-Bretagne suivit pour le service liturgique les coutumes et les traditions générales de l'Église latine occidentale au moyen âge.

I. E-IW. RODF.p.TsoN, //(S(o)'ica/£ssa!/», 187-2; W11..SON, loccil.. p. xix. l'our le récit de la cérémonie, cl. Hislorians of York, Life of SI Oswatd, p. 437 (liollx .lercis, -1879).

-2. Eiif/lish Coroiiation records C. D. S., vol. XIX, 1901, I.ondon.

3. T. E. Bridgett, Ilislory of (lie holy Eucharisl in Grcal Brilain, ■2 vol. in-8", I.ondun, 1881. I/ouvrage de Daniel Rock que nous filons aussi plus loin, Tlic Church ofour fnlltcrs. est spécialement consacré à l'iiisloirc de la liturgie de la messe en Angleterre et du culte divin.

Si la liturgie en usage chez les Bretons avant la conquête comporte certains rites particuliers et certaines formules, les Anglo-Saxons adoptèrent sans difficulté les usages romains importés par saint Augustin et par ses compagnons, et l'on a vu dans les pages qui précèdent qu'ils cherchèrent à s"y conformer dans les moindres détails, sauf le rite de la bénédiction épiscopale à la messe, comme nous avons dit. Cérémonies de la messe, usage des autels et des églises, messes publiques et messes privées, messes pour les morts, dévotions, communion fréquente, réserve du saint sacrement tous les exemples cités nous amènent à cette conclusion que l'Église d'Angleterre est restée depuis les temps les plus anciens de son histoire en union avec l'Église romaine et avec l'Église latine et a professé sur l'Eucharistie les mêmes doctrines -.

La transsubstantiation se trouve enseignée par des docteurs comme Alcuin qui, par ses origines, appartient

1. Sur ce dernier point qui a été contesté, il suffirait de citer le canon d'.Elfric fini ordonne de renouveler la sainte réserve tous les sept ou quinze jours, et condamne les prêtres qui gardaient les saintes espèces toute une année. Thorpe, t. Il, p. 361. .-Vlexaudre Keckam, en H80, parle de la piside ou fUilorium (pbjlacteriucn) in quo co nservet ur tl ig » i.-ts; i m f riirhnri.ilia, snliis animai flde- Uum. quarn nisi quisque fideliler firmilerque crediderit salvtts esse non poterit.U. Wmgbt, Library of national anliquities, t. I, p. 119.

'2. Quelques formules dont se sert .îlfric. au x' siècle, dans un recueil d'homélies, formules assez inexactes, ont donné lieu aux docteurs anglicans de dire que les.Vnglo-Saxons ne crurent pas à la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie, ni à la transsubstantiation. L'auteur, du reste assez obscur, de ces homélies, n'est pas un représentant officiel de Tliglise d'Angleterre; ses expressions sont susceptibles d'ailleurs d'un sens ortiiodoxe. Cf. Kingtos Oliphan't, The otd and Middle EnrjUsh, 1878, p. 153 ; T. P. Bulltbee, .1 History oflhc Church of England, 18"9, p. 134; LEcuLEn. John Wiclif and his English Precursors, 1878, t. I, p. 72, 73; So.imes, Anglo-Saxon Church, p. 2-25, 2-26. A rencontre, Lincard, Anylo-Saxon Church, t. II, note 1 ; et Bridgett., loc- cit., t. I, p. 132-liG.

APPENDICE I

à cette Église, ou par Aimoin, son disciple. C'est du reste en Angleterre que Bérenger trouva quelques-uns de ses principaux adversaires dans la personne de Lanfranc et d'Anselme '. L'eucharistie, à la dédicace des églises, était placée avec les reliques dans la pierre de l'autel 2. Le pain dont on se sert pour l'eucharistie est le pain sans levain, comme dans les autres églises d'Occident ' ; les autels portatifs étaient faits parfois de matériaux précieux comme le jaspe, et couverts de plaques d'or ou d'argent '*.

Certains prêtres célébraient la messe plusieurs fois par jour. Les canons de saint Dunstan et de saint Oswald défendent de la dire plus de trois fois par jour ^. Pour la communion sous une seule espèce, la Grande-Bretagne suivit aussi l'usage commun des autres pays d'Occi dent 6.

Unité du calendrier et usage de Rome.

L'Église de Bretagne voulait unifier sa liturgie d'après l'usage de Rome. Le concile de Clovesho en 747 promulgue ce canon (c. 13) qu'il est important de citer : ut uno eodemque tempore ubique festivilales dominicx seu rnartyrum nativitales ptraganlur. Tertio decimo deftnitur decreto : ut uno eodemque modo dominicx dispensationis in carne sacrosanctie feslivitates, in omnibus ad cas rite competentibus rébus, id est, in baptismi nfflcio, in missarum celebrationc, in cantilenœ modo, celebrenlur, juxtaexemplar videlicet quod scriptum de liomana habemus Ecclesia. Itemque ut per gyrum totius anni na-

i. r.r.iDGETT, lor. cil., I. I, p. i-2-2, 123, i'iO, etc. ■2. Haddan et STuniis, lor. cil,., t. III, p. "iSO. ;i. Br.iDGETT, loc. cit., t. I, p. 167 sq. 'i. Cf. Archaeolo;iical JournaU vol. IV, p. 243-2'i8. n.kDDAN et Stubds, loc. cit., t. ni, p. ii".

(i. lililDCETT, loc, cit., t, II, p. 2;i SfJ.

L'AISGLETERRE CHRÉTIENNE.

talitia sanclorum uno eodemque die,juxla martyrologium ejusdem romanœ Ecclesiœ, cum sua sibi convenienli psalmodia sen canlilena venerentiir ^ .

Le canon 17 du même concile gardait précieusement la mémoire de saint Grégoire et de saint Augustin : « Constitiitum est prspceplo, ut dies nataiilius beati Papu' Gregorii, et dies quoqxie depositionis, qui est VII Kal. Jun. sancti Auguslini episcopi atque confessons, qui genti Anglorum missus a prxfato papa et pâtre nostro Gregorio, scientiam fidei, baptismi sacramentum, et cœlestis patriœ notiliam primns adlulit, ab omnibus, sicut decet, honoriftce venerantuv. lia ut uterque dies ab ecclesiastieis elmonasterialibus feriatus habeatur nomen eiusdem beati Patriset doctoris nostri Auguslini in Lœtaniœ decanlalione post sancti Gregorii vocalionem semper dicalur^. » Saint Boniface mourut en 755; dans le synode tenu l'année suivante, son anniversaire fut déclaré jour de fête, diem nalalicii... staluimus annua frequcnlatione solemniter celebrare [Epist. Cuthberti ad Lullum, ib., t III, 391).

La même chose eut lieu pour le roi Edouard (+ 978, qui fut inséré au calendrier par un AVitenagemot, en 1008 ^, et pour saint Dunstan dans une assemblée do même genre tenue à Winchester en 103.'^ '•.

Pour les autres saints du calendrier anglo-saxon, on trouvera des tableaux soigneusement dressés par Warren dans son introduction au missel de Léofric, et l'on se rendra compte ainsi du nombre des saints bretons et anglo-saxons et de la date de leur insertion au calendrier ^.

I. WiLRiîis, Concilia, t. I, p. 96, Cf. aussi le c. 15 pour les heures canouiques.

-2. Haddax et Studbs. loc. cit., t. III, p. 3G8. 3. TnoRPE, A)icient Laws, t. II, p. 308. 1. Loc. cit., p. 370.

."i. Leofric Missal, p. xlviii-xlix sq.

APPENDICE I

Pour les autres usages, l'Église anglo-saxonne suivait la coutume romaine : « Nos autem, dit Robert d'York dans un de ses dialogues, in Ecclesia Ânglorum idem primis mensis jejunium, ul noster didascalus bealus Gregorius in suo antiphonario et missali libro per pœdagogum nostrum beatum Augustinum transmisit ordinatum el rescriplum ... servamus... Hoc aulem jejunium idem beatus Gregorius perprssfalurum legalum in antiphonario suo et missali, in plena hebdomada posl Pentecosten Anglorum Ecclesix celebrandum destinavit. Quod non solum nostra testantur antiphonaria, sed et ipsa quse cum missalibus suis conspeximus apud apostolorum Pétri el Pauli limina *. »

Le pallium.

Le 'pallium au moment où il s'introduit en Angleterre, c'est-à-dire avec saint Augustin qui le reçut du pape saint Grégoire, a une signification liturgique et hiérarchique bien déterminée que nous avons à étudier ici à ce point de vue particulier.

Il n'en fut pas toujours ainsi. A l'origine le pallium, comme la plupart des vêtements ecclésiastiques, est un insigne de dignité pour les officiers ou les magistrats impériaux ; il se porte sur le manteau comme une sorte d'écharpe. On peut en voir la forme dans Saglio 2. Dès la fin du siècle, le pape, comme insigne de sa dignité, porte le pallium, en forme de longue écharpe de laine blanclie, drapée sur les épaules, un côté pendant par devant, l'autre par derrière.

L'évéque d'Ostie le porta, par un privilège spécial,

Page 1