I. WiiKiNs, Concilia, t. I, p. 8."i
-2. Dirt. des Anliq. grecques el romaines, fig. 191 i et 1915. — Cf. aussi le diptyque consulaire, n. 308-1871, au Musi-c de Kensington, représentant Anastase, consul en 51".
comme consécrateur du pape ; les évêques de Ravenne paraissent aussi sur les mosaïques avec cet insigne. Symmaque le concéda à Césaire d'Arles et à ses successeurs, et saint Grégoire à plusieurs évêques
A cette époque, il est regardé comme une relique du manteau de saint Pierre ; il était déposé toute une nuit sur la tombe de l'apôtre, et devenait par là même un emblème de juridiction, un signe d'union spéciale avec le pape, et de pouvoir sur les autres évêques; il était même plus spécialement, dans certaines circonstances, le signe de la dignité métropolitaine. C'était le cas pour Augustin; saint Grégoire, dans sa lettre^, le lui concédait comme symbole de sa juridiction archiépiscopale sur l'Angleterre. Depuis ce temps, les archevêques de Cantorbéry prirent l'habitude d'aller chercher à Rome le pallium, où ils le prenaient de leurs propres mains sur l'autel de l'apôtre 3.
Quand l'archevêque ne pouvait aller à Rome, il allait rencontrer le messager qui l'apportait de Rome, jusqu'aux portes de Cantorbéry, entouré d'un cortège de seigneurs, d'évéques et d'abbés. Le pallium était porté en procession, placé sur le grand autel et l'archevêque le prenait de ses mains, en faisant obédience au pape.
1. Au \' siècle et peut-être dès le iv"^, les évcques des Gaules, d'Espagne et d'Afrique avaient aussi un pallium qu'il ne faut pas confondre avec le pallium papal, et qui semble un insigne ordinaire de l'épiscopat. Cf.DicnF.ssE, Les Origines du eulte chrétien, éd. anglaise, 1904, p. 38i-390; Damel Rock, The Chitrch of our Fathers. éd. 1903, p. 104 sq. avec la correction, t. iv. i). 304.
2. Ep. XI, 30; Beda, Hist. EccL, I, 29 : ■ Pallium prxterea pcr latorem prœsenlium /raternilati tuse... direximus : quod videlicet tantum in sacrosanrlis celebrandis inysleriis ulendi licenliam imperlivimus. »
3. Voyez la lettre éditée par M.vniLi.ON :• Incipit cpistola pirivilegii. quam jubente Johanne Papa, suscepla benediclione ab en Dunstan archiepiscopjus' a suis manibus accepit, sed pallium a suis manibus non accepit, sed eo jubente ab allare sancti Pétri Apostoli. ' Acla Sanct. Ord. sancti Bened., t. VIII, p. 043.
APPENDICE I
En voici du reste la formule : Forma dandi pallium Johanni arcliiepiscopo Canluariensi anno MCCCXXXIV . Ad honorem Dei omnipolenlis et B. Virginis, et SS. Pétri et Pauli, et D. Papœ Johannis XXII, et S. P. E. necnon et Cnnluariensis ecclesix tibi commissse, tradimus tibi pallium de corpore B. Pétri sumptum, pleniludinem indelicet pontiflcalis officit ; ut xitaris eo infra Ecclesiam tuam cerlis diebus, qui exprimuntur in privilegiis ei ab apostolica sede concessisK
Bénédiction épiscopale.
On trouve dans les livres liturgiques anglo-saxons un rite qui ne se rencontre pas dans les missels ni dans les sacramentaires romains, c'est la bénédiction dite épiscopale, parce qu'elle n'était donnée que par Tévêque ; elle est placée à la messe entre la fraction de l'hostie et la communion. Cette bénédiction était donnée avec une formule dont l'expression varie, mais dont le moule reste le même.
Cette cérémonie liturgique parait avoir eu une grande solennité en Angleterre, et on peut dire qu'elle y est représentée par une littérature liturgique spéciale. 11 existe, en effet, des bénédictionaux ou bénédictionnaires anglo-saxons, dont nous avons déjà décrit deux types spéciaux, le bénédictionnaire d yEthehvold et celui de
1. WiLL. DK Denk, Hist. Roffemis, dans Wliarton, AiifjUa sacra 1. 1, p. 372. Cf.sur le l'allium, la dissertation de Riinart, De palliô archicpiscopali, le traité le plus important sur ce sujet, dans Ouvrarjes posthumes de D. J. Mahillon et de D. Thierry Ruinarl, Paris, 172i, t. ii, p. 397 sq.; etc.. Mohin, Le Pallium, dans la Revue béncdicline, 188 t. VI, p. 2."i8-266.
Robert. Le missel de Léofric contient aussi des séries de ces bénédictions ainsi que le pontifical d'Egbert.
La question se pose maintenant de savoir quelle est l'origine de cette cérémonie et quel en est le caractère.
Un premier fait à constater, c'est qu'on retrouve cette bénédiction dans les liturgies gallicanes.
Dans le rite mozarabe, la bénédiction a lieu après l'oraison dominicale et la fraction.
Le IV« concile de Tolède (c. 17 al. 18) en 033 dit : ut post orationem dominicum et conjimctionem partis et calicis, benediclio in populum seqiialur, et tune demum corporis et sanguinis Domini sacramentiim sumatur*.
Les livres liturgiques mozarabes ont conservé les formules de ces bénédictions '-.
Il en était de même en Gaule où la bénédiction suit l'oraison dominicale et précède la communion. Saint Germain dit : ante communionem benedictio traditxir. Il faut remarquer que la fraction et le mélange des éléments ont eu lieu avant. Il dit aussi que la formule dont se sert le prêtre doit être plus courte : propter aervandum honorem ponlificis, sacrali cnnones constituerunt ut longiorem benedictionem epixcopus, breviorem presbyter funderet 3.
Aussi a-t-on pu écrire que cette bénédiction avant la communion est caractéristique des rites gallicans'. On
1. Cf. MiGNF.. p. L.A. LXXXV, col. ses. Dans ce rite la bénédiction
est généralement introduite par ces mots : Ilumiliale vos benediclioni. En Espagne, il ne semble pas qu'il y eût de différence entre la bénédiction du prêtre et celle de l'évéque, tandis qu'en Gaule les conciles (Agde, par exemple, c. 4i) ou interdisent au prêtre de bénir, ou prescrivent une bénédiction plus courte, comme le dit saint Germain dont on trouvera le texte plus loin.
i. Cf. dans nos Moniunenta Lilurrjica, le t. V. Liber ordinum. p. ->29, 211, 246, 218, 2r;8, etc. et MiGNE, P. L., t. LXXXV, col. 119, 5GS,
etc.
.3. Cf. MlGNE. P. L., loc. cit., col. .'iSS.
4. I.EJAY, dans notre Dicl. d'archéol. et de liturr/ie, t. I, col. 1419.
APPENDICE I
la trouve donc dans les Sacramentaires gallicans. Dans le Missale gothicum et le Missale gallica.num velus, la hcnediclio popiili précède la post-communion, comme dans la liturgie mozarabe, et se compose aussi de quatre membres avec la conclusion. On ne les trouve pas dans le Bobbiense.
De Moléon, dans son voyage liturgique, retrouva les traces de la bénédiction dans un grand nombre d'églises : Paris, Arles, Lyon, Rouen, Clermont, Angers, Le Mans, Chartres, etc.'.
Mais John Gage n'a pas retrouvé cette bénédiction dans un exemplaire delà Missa secundun conaiietudinem Gallicoriim, imprimé à Messine en 1480 -.
Dans le rit ambrosien les paroles : Pax et communicalio Domini nostri Jesu Christi sit semper vobiscum. ^ Et ciim spirilu tuo, qui suivent aujourd'hui la commixtion et précèdent le baiser de paix, répondent à la bénédiction dont la formule, selon saint Germain de Paris, est : Pax, fides et carïlas, et comnmnicatio, elc.^.
Cependant John Gage chercherait plutôt la trace de notre bénédiction dans celle qui, dans ce rite, est donnée après la post-communion et le Procedamus in pace. Hac flnita, dit la rubrique, facial crucem super altare, et osciiletnr eam. Postea det populo benedictionem, quœ conveniat missœ quam dixit sequens benedictio generaliler dicilur ad omnes missas dominicales et feriales nisi alia nssignetur. Benedicat vos divina majeslas, Pater f el Filius t et Spiritus sanctus f. Amen. Si celebrnlur de sanctis, in benediclione fit commemoratio illius vel illorum sanctorum, de quihus agilur hoc et simili modo. Prc-
I. Voi/af/e lilurr/irjue en France, Paris, 17->T. -2. Lor. cit., p. y, noie u.
;». C'est l'opinion de I^f.jay; cf. Ainbrosien (rit) dan.s notre Dici. (Varchcol. chrét. et de liturgie, col. 1419. Cf. la formule dans le Sarranicntaire de Bergame, dans Auclariim Solesmense, Solcsmes, 1900, p. 9:;.
cibus et meritis B. pontifîcis et confessons Ambrosii, Deus vos henedicat et perducat ad goudia paradisi. Et sic de rt/iis'. Mais cette bénédiction correspond é^^demment à la bénédiction ordinaire du prêtre à la fin de la messe romaine.
Le Pontifical ambrosien du xi« siècle, publié par Magistretti. contient aussi une collection de bénédictions épiscopales"-. Elles sont au nombre de soixante-sept, dont plusieurs concordent avec celles éditées par Ménard, Muratori et Gerbert. Leur présence dans ce manuscrit prouve, comme le conclut Cériani, que la bénédiction pontificale fut en usage à Milan, comme dans les églises des Gaules et d'Angleterre. Ces bénédictions avaient place avant la communion. L"Eglise d'Afrique avait certainement ces bénédictions, comme on le voit par la lettre du concile de Carthage à Innocent I^'' pape contre Pélage, et par la lettre 179 de saint Augustin à Jean de Jérusalem. Il semble bien que c"est à cette bénédiction que fait allusion Optât de Milève quand il s'adresse aux donatistes en ces termes : hiter vicina. momenta. dum manus imponilis et delicla donatis, mox ad altare conversis, dominicain orationem prœtermiltere non potestis (Lebrun, III, 150; Bona, Rer. Lit., I. II, c. xvi, édition Sala, t. III, p. 337:.
Saint Augustin y fait allusion de son côté dans ces paroles : Interpellaliones autem, sive. tit nostri codices habent, postulationes fiunt cum popidus benedicitur. Tune enim antislites relut advocati siisceptos suos per manuum impositionem misertcordissime offenint potestati : quibiis pjeraclis et parlicipato tanto sacramenlo gratiarum actio cuncta concludit^. Le second concile de
1. Marténe, De anliquis ecclesix ritibus. .intwerp. JT9G, t. I, p. 4*8; Joirs Gage. loc. cit.. p. 8.
2. Magistretti. Pontificale in usum Ecclesix Mediolanensis, dans ilonumenla veleris lit<'.r()i»ambrosianx,Hediol»ni. 1897. Cf. p.xxxii.