‹ L'Angleterre chret́ienne avant les NormandsChapitre 110 sur 118 · Loc. cit., p. G sq · texte numérisé non relu

Loc. cit., p. G sq

APPENDICE I

s'il est vrai que dans ceux où se trouvent les formules de bénédictions, il faut les considérer comme des additions gallicanes, — cette absence, disons-nous, ne prouverait pas grand'chose, car, naturellement, ces sacramentaires ne contiennent pas les parties qui, comme les épitres, les évangiles, ou les portions chantées, sont recueillies dans les livres litui'giques séparés ^

Il nous semble d'après tout ce que nous avons dit sur la liturgie anglo-saxonne, qu'elle est romaine par ses origines, exclusivement romaine. Rien d'impossible, assurément, dans l'hypothèse d'un emprunt fait par Augustin aux liturgies bretonnes ou gallicanes qu'il trouvait en usage autour de lui. La lettre de saint Grégoire, déjà citée, lui donnait sur ce point toute liberté. Cependant, étant donné le caractère d'Augustin, il semble peu porté aux nouveautés et, pour le dire en un mot, il est d'esprit plutôt étroit et formahste. Déplus, les relations entre Bretons et moines romains ne furent rien moins que bienveillantes.

Ces derniers semblent bien plus portés à reprocher aux Bretons leurs singularités, qu'à leur faire des emprunts.

Puis, à étudier ces formulaires de bénédictions dans les manuscrits d'/Ethelwold, de Robert, d'Egbert, la forme ot le style .sont bien plus romains que gallicans, si l'on

1. Laiiibecius a édité, comme appartenant au sacramcntaiic grégorien romain, donné à Cliaricmagne, un bénédiclional, Lambecius, Comment, de liibtioth. Cœsar., 1. II, c. v, p. 2!Kt. Le sacramentaire grégorien de tlrinioldus, publié par Pamellus, contient aussi un bénédictional ; le grégorien, édité par Angelo Kocca,n'a pas les bénédictions ; Dom Ménard inséra les bénédictions comme partie intégrante du grégorien dans son éd. déjà citée, et les Mauristes, éditeurs des œuvres de saint Grégoire, llome, l'O.'i, suivirent son exemple. Muratori donne aussi un bénédiclional à la fin de son édition du sacramentaire grégorien. Et ces bénédictions sont maintenues dans l'éd. de Venise du pontifical romain en l.';-20. Sur cette éd. cf. .Ioiin G\ce, loc. cil., p. 3 et li.

doit attacher quelque importance à cette question.

Enfin, si l'on remonte au delà de l'époque où s'affirment les différences entre familles liturgiques, la bénédiction épiscopale apparaît comme un de ces rites généraux dont on retrouve un peu partout les vestiges.

L'un des plus anciens exemples est celui qui nous est conservé dans la Peregrinatio ad loca scinda de la fin du iV^' siècle. La bénédiction épiscopale y apparaît comme un rite qui n'est pas approprié à la messe, mais qui parait la finale obligée de tous les grands offices '.

A côté de ce témoignage, il faut citer ceux de plusieurs autres écrivains anciens. \ous n'avons pas à revenir sur ceux de saint Augustin et d"Optat de Milève, sinon pour faire remarquer que ces docteurs n'en parlent pas comme d'un rite particulier à l'église d'Afrique, mais plutôt comme d"un rite général. Cur errjo manus imponitis. et benediclionis optis credilis, dit saint .\mbroise '-^ : Extenla manu, dit de son côté saint Jérôme, ut benedicere eos putes, si nescias, pretia accipiunt salulandi^.

Le pape Damase, écrivant à Prosper, évéque de Numidie, et à d'autres évéques africains, condamne les chorévèques qui exerçaient les fonctions d'évéques, et donnaient la bénédiction au peuple ^. Mais il ne condamne pas cette bénédiction en elle-même.

Il semble donc que l'Eglise romaine n'ait pas ignoré ce rite. Les liturgistes admettent, du reste assez généralement, que la liturgie de l'Église d'Afrique devait être à peu près semblable à celle de Rome. 11 serait donc possible, selon nous, que les formulaires de bénédictions

1. Dom Cadrol, Les Églises de Jérusalem, élude sur la Peregrinatio Sitvia;, Paris, 189.'j, p. 4.»; cf. aussi C Rampoila^ SarUa Metaiiia giuniore senalrice Romana, p. 2oS.

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