Saint Ninian, Palladius
Avec les témoignages du iv* siècle nous sommes, avons-nous dit, sur un terrain plus solide. Nous n'avons pas encore une histoire suivie, mais les quelques faits épars que nous pouvons réunir, viennent jeter une lueur assez vive sur cette église bretonne.
Nous connaissons un apôtre des Pietés et des Scots, saint Ninian. fils d'un chef breton (Bède, III, 4), qui fut sacré à Rome par le pape saint Siricius, vers 390. Cette mission dut présenter bien des dangers, car les Pietés et les Scots du nord étaient un des peuples barbares les plus féroces. Les historiens anciens les accusent même d'anthropophagie.
1. Le Lucius breton serait Lucius .Elius Septimius Megas. et la forme Britianio serait la traduction de la forteresse de Birtha qui n'est autre <iu'Édesse. Harnacr. Der Briefder Britischen Kôuigs Lucius an dcii Papst Eleulherius, dzns SU :,i(ngsb. der lionigl. pvevssisrhen AUademic der Vissensch., 1904, p. 909-916.
•2. C'est la note du Liber Pondficatis qui paraît la source de la légende; du moins ne peut-on remonter plus haut jusqu'ici. On ignore à (|ui le Liber Ponlifienlii a emprunté ce renseignement, cf. Liber Pontificalis, éd. Dlxiiesne, t. I, p. cii. et la note du même auteur : Eleulhèrc et le roi breton Lucius, dans Revue celtique, t. VI, 1883-1885, p. 491 à 493.
Cependant il parvint à établir parmi eux une chrétienté (-j- 432); mais ce n'était encore qu'un germe. Il fonda Candida-Casa qui fut un centre de culture et de sainteté.
On voit dès cette époque reculée des Bretons venir à Rome et même en Palestine. Saint Jérôme dans un passage célèbre parle de ces Bretons pèlerins : « Quiconque dans les Gaules est d'une condition élevée, vient ici (à Bethléem). Le Breton, séparé de notre monde par l'Océan, laisse son pays et vient, s'il a fait quelque progrès dans notre religion, visiter ces lieux dont lui parlent la renommée et les Écritures ' . »
Au milieu du v"^ siècle, le pape saint Célestin envoie un missionnaire, Palladius, pour convertir les Scots. On ne sait s'il s'agit des Scots d'Irlande ou de leurs frères d'Ecosse ^.
L'œuvre et la vie de ce Pallade restent d'ailleurs entourées d'un certain mystère, mais le fait même de sa mission en Grande-Bretagne est solidement attesté.