‹ L'Angleterre chret́ienne avant les NormandsChapitre 17 sur 118 · Eli. XLVI, P. L., t. XXII · texte numérisé non relu

Eli. XLVI, P. L., t. XXII

->. PitDSp. AyiiT., Clir(jn.,a. iX); Prosperi contra collai., c. 41. Usseliirs. Britannic. ecctesiai: Antù/iutalcs, Dublin, 1630. p. 798; Tili.f.- MoNT, Mcm. sur VHUl. ceci., t. XIV (1709), p. 154, et note ii sur sainl Pallade. p. 737.

reusement nous avons peu de renseignements. C'est vers le commencement du v'' siècle qu'éclate dans ce pays une hérésie qui devait susciter d ardentes controverses et donner naissance à l un des développements les plus intéressants du dogme catholique. Pelage est un Celte, venu d'Angleterre, mais qui est resté longtemps à Rome, et semble y avoir construit son système qui consistait à nier l'importance et la nécessité de la grâce de Dieu dans l'œuvre du salut. On nomme même son maître, un certain Rufm de Syrie ^ C'est en occident, surtout en Gaule et en Afrique, que le pélagianisme va soulever des polémiques, et saint Augustin par ses ouvrages lui donnera la plus grande notoriété. Mais quelques disciples de Pélage revinrent en Angleterre pour y répandre leur hérésie. Elle y fit des progrès rapides"-.

Les cvêques bretons un peu désorientés devant ces subtilités curent recours à Rome et à leurs voisins des Gaules. Le pape Célestin leur envoya Germain d'Auxerre et Loup de Troyes, deux évêques connus pour leur sainteté et leur science, qui restèrent deux ans en Angleterre, 429-431. Un peu plus tard en 447, sur un retour offensif du pélagianisme,

1. Sur Pelage voir .surtout les témoignages de saint Augustin, d'Orose, de saint Jérôme, réunis dans le cardinal Nor.is, Hisioria Pelarjiana, Patavi, IG73, et dans Tille.moxt, Mémoires, t. XII, p. .soi sq.

2. Cf. J. B. BiiiY, The origin of Pelagius, dans Hcrmallicna,t. XXX. 1904, p. 290 sq., et aussi le R. P. Ooi g.h d, dans Les noms anciens des îles Britanniques, Revue des questions historiques, oct. 1907, t. LXXXni, p. 5i2-5i3.

! saint Germain revint en Angleterre où il passa encore quelques mois

Nous n'avons que peu de détails sur ces missions, mais nous savons que saint Germain ne se borna pas à combattre l'hérésie de Pélage. Il établit chez les Bretons des écoles et des monastères. La plupart des grands monastères bretons Lan-Iltud, Nant- Carban (ou Lancarvan), Ti-Gwen, Bangor-sur-Dee, lui doivent directement ou indirectement leur origine. Il aida même les Bretons dans une circonstance mémorable à repousser une invasion des Pietés et des Scots. C'était au moment de la Pâque de 430; une tribu de Bretons venait d'être baptisée par les évôques gaulois, quand elle fut assaillie par les sauvages. Germain, qui avait été comte avant d'être évêque, rangea eu bataille ses néophytes, leur inspira son ardeur, et les jeta sur l'ennemi aux cris (ï Alléluia, qui était le chant de Pàque et le chant du baptême et qui devint ce jour-là leur cri de guerre. Les barbares furent mis en déroute ; c'est ce qu'on appelle la bataille de Y Alléluia '-.

Il semble que le Pélagianisme ait été extirpé de Grande-Bretagne à partir de ce moment, carGildas ne le mentionne pas. Les thèses construites sur un

1. Puosp. Ayi iT., Citron., ail a. 429; Constance, VitaS.Germ. Aiilissiod., 1. 1, c. 5, (i sq. dans Boll., 31 .lulii, t. Ml ; Bf.dk, Hist eccL, 1. 1, 17, 20.; Tii.i.EMoxT, toc. cit., t. XV, p. Pélack, Chronic.a Minora, 1, 474. J. 'T\:\\yiv.\.,PHarje ci le Pclatjianisme dans les églises celtiques, dans Annales de Bretaync, avril 100-2.

2. PiiOsi'Eii AyiiT., a, 4-29; Constance, loe. cit., I. iS; Bédi;, Jl. ecel., I, 20. UssEnii s, Rer. Brilannic., lue. cit., p. 3i"> sq.

prétendu pélagianisme latent dans la race celtique sont du roman historique ^ .

4. — Le V'^ et le VI" siècle; invasion des Pietés et des Scots.

La domination romaine avait été acceptée sans trop de peine en Bretagne, et la résistance que les insulaires lui opposèrent n'est rien en comparaison de celle qu'elle avait rencontrée en d'autres pays, notamment en Gaule. Si Rome avait ravi aux Bretons leur indépendance, elle leur avait donné en échange la sécurité. L histoire de la domination romaine en Angleterre n est guère que l'histoire des luttes des légions contre les Pietés et les Scots qui, à tout instant, menaçaient d'envahir les provinces du sud de l'île, et que les Bretons étaient impuissants à dominer. Le mur d'Adrien et celui de Sévère furent

1, Cf. GORiM, Défense de l'Église, t. II, p. -2-25. Ce qui est curieux cependant et mérite d'être noté, c'est la conservation du commentaire de Pélage sur les épîtres de saint Paul, retrouvé en partie dans les manuscrits irlandais de Wurzbourg (Sedulius Scott) et (le Vienne (Marianus Scott). Cf. les travaux de A. Soiteh, The commenlary of Pelagius on llie Epistle of Paul dans les Proccedings of the British Aeademy, 1907. La collection irlandaise des canons (du viii" s.) cite Pélage à côté de Jérôme et d'Augustin. Wasserschleben, Jrishe Kanonensammlung, -27, 13; 42, 4. Tikmel, Pélage et le Pélagianisme dans les églises celtiques d'après un livre récent (Zimmer) dans : Annales de Bretagne, avril 1!)02. p. 309- 32"2. donne trop de crédit à la lettre de Dinoot, évoque deBangor, pour montrer que les églises celtiques sont opposées au pape. Cette lettre est apocryphe, elle a été composée au xvi" siècle, comme l'a démontré J. Loin. La prétendue lettre de Dinoot, évéque de Bangor, à Augustin, An7iales de Bretagne, nov. 1902, p. 139-liO.

un rempart solide que les barbares du nord osèrent rarement franchir.

Mais lorsque sur tous les points à la fois, les barbares commencèrent à déborder dans l'empire, IIonorius, impuissant à les refouler partout, fit la part du feu ; les légions de Bretagne furent rappelées en 410, et les Bretons laissés à eux-mêmes.

Ils ne surent pas profiter de leur liberté. Ils se divisèrent comme avant la conquête en petits groupes ou clans sous la conduite de chefs, réunis en fédération sous les ordres d'un grand-chef, le chef des chefs, désigné par l'élection. Des institutions romaines presque rien ne resta.

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