Cœdmon et Cynewulf
Cependant le moine bouvier Cœdmon fait exception à la règle. Il est le premier poète en langue anglosaxonne, de cette lignée des grands poètes qui compte Shakespeare, Milton, Byron, Shelley, Browning, Tennyson.
^. Elle le sera bientôt dans l'un des volumes de cette collection. Voir VAverlissemcnl.
•2. On verra cependant tout à l'heure qu'Aldlielm et mome Bède ne néiîliscrent pas complètement leur langue. Mais notre remarque reste vraie pour l'ensemble.
Les événements de sa vie sont mêlés de légendes g-racieuses. Ce berger déjà vieux ne savait pas chanter; une nuit, dormant dans son écurie au milieu de ses bœufs, il rêva qu'il improvisait un chant sur la puissance de Dieu créateur et Père qui a envoyé son fils pour sauver le monde. L'illustre abbesse Hilda, ayantappris le fait, fit venir Cœdmon et l'admit à AYhitby, où une nombreuse famille monastique composée de vierges, de moines et de vassaux obéissait à ses lois. Il se mit à traduire la Bible en anglo-saxon. 11 ruminait ces récits, nous dit Bèdc, et comme un animal très pur, il les transformait en chants si doux, que tous ses auditeurs en demeuraient ravis ' .
Il mit ainsi en vers la Genèse, l'Exode, d'autres parties de l'Ancien Testament, puis la vie de Notre- Seigneur, et les Actes des Apôtres -.
Le récit de Ca'in etAbel, l'histoire des patriarches, du déluge, d'Abraham, sont racontes presque littéralement et sans ornements. La paraphrase, par une abrupte transition, passe d'Abraham à Mo'ise, de Moïse à Daniel. Une partie, qui peut être considérée comme plus originale, est consacrée à décrire les scènes, si populaires au moyen âge, de la descente du Christ aux enfers, de la délivrance des justes, de la résurrection, de l'Ascension, du dernier jugement