‹ L'Angleterre chret́ienne avant les NormandsChapitre 60 sur 118 · Egbert · texte numérisé non relu

Egbert

Parmi les disciples de Bède, il faut nommer en première ligne Egbert (Ecgberl), l'archevêque d'York, de 735 à 766, qui était de race royale, étant le frère d'Eadbert plus tard roi de Northumbrie. En 735 il reçut le Pallium qui consacrait en x\ngleterre les droits du métropolitain. De concert avec le roi son frère, il travailla à rétablir la discipline ecclésiastique en Northumbrie. Des monnaies de ce temps portent le symbole de cette entente; elles ont la légende du roi et de l'archevêque.

Dès le commencement de son épiscopat, il reçut de son maître Bède cette lettre fameuse sur laquelle nous reviendrons au chapitre suivant, qui est un document de première importance pour l'histoire de l'Eglise d'Angleterre à cette époque, et pour la réforme des mœurs ecclésiastiques. Egbert semble avoir tenu grand compte de ces avis, qui témoignaient de la sagesse et du zèle de Bède, et pendant plus de vingt ans d'épiscopat, il exerça sur celte église d'York et sur tout le nord de l'Angleterre la plus salutaire influence. On lui doit la création de plusieurs utiles institutions et en premier lieu, de cette célèbre école d'York, qui fut au ix'' siècle un des grands foyers de la science ecclésiastique en Europe, Egbert, élevé à Yarrow, transporta à York les traditions qu'il y avait puisées, et cette nouvelle

école par son organisation et le caractère plus large de son enseignement éclipsa bientôt celle où Bède avait enseigné. On a pu dire qu'York devint le centre de l'Europe intellectuelle pour un demi-siècle ' .

Egbert lui-même en fut longtemps le président effectif. Dès qu'il avait un moment de loisir, il envoyait chercher l'un ou l'autre des clercs, pour les instruire ; il leur faisait discuter devant lui des questions littéraires pendant ses repas, et, même au lit. il leur donnait des leçons^.

11 a laissé quelques ouvrages restés fameux.

Son Pontifical, qui est un des documents liturgiques les plus précieux du moyen âge, contient les formules dont se servait un évêque du ix'^ siècle pour ordonner les prêtres et les autres ministres, consacrer et dédier les églises, et d'une façon générale toutes les bénédictions réservées à l'évêque^.

Il est aussi l'auteur d'un Dialogue sur l'institution catholique composé de demandes et de réponses, où sont exposés el résolus des cas de conscience selon l'esprit du temps ' .

Son Pénitentiel est un autre ouvrage intéressanl

1. Cf. Gaskois, Alcitin, his Ufe and lus works, p. 3i; Stopfoud Brocke, EnQlish Lilcralur, p. 120 sq.

2. nia B. Aluini, Jaffé, 10-11 ; Alcuin a écrit sa vie, De SS.Eborac. eccL

3. Ce précieux manuscrit a été édité pour la première fois parla Surlecs Society (vol. XXVIl). en 1853, par M. Greenwell. Voyez à l'appendice sur la liturgie la description de cet ouvrage, p. 2"J8.

4. Édité d'abord par J. W.vre. Dublin, l(i64; puis par L.vbde, Conrilia, t. VI. col. 1604-16H; par Maxsi. t. XII, 482-488; par Hadda\ et Sti DBS, t. 111, p. 403-413. MlGNE, t. LXXXIX, Col. 43j-ii2.

pour le droit canon, où l'on énumère les péchés, et les pénitences que l'on imposait suivant leur gravité'. Il donne une idée assez exacte de la législation canonique de cette époque.

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