‹ L'Angleterre chret́ienne avant les NormandsChapitre 67 sur 118 · liu.DwiN Br.owx, loc. rit · texte numérisé non relu

liu.DwiN Br.owx, loc. rit

2. Cf. ïiioiii'K, Ancienl Laws, p. IDl, qui prouve la multiplication des églises sous Edouard le Confesseur, et Ghi.l. de iM.u.MiisBiT.ï Gesta Pontif., Rollis sortes, n. oZ-, ad a. 1017.

apporté leurs procédés, leur puissance, leur esprit de suite, mais c'est parce qu'ils ont trouvé en Angleterre de fortes traditions architecturales et un glorieux passé, qu'ils ont pu édifier leurs chefsd'œuvre

On voit quelle part revient à chacun des éléments qui concoururent à l'éducation des Anglo-Saxons.

Les Celtes, qui eux-mêmes avaient puisé leur éducation en Gaule ou en Italie , furent leurs principaux éducateurs comme ils le furent d'une partie de l'Europe. Ces éternels émigrants qu'un fond d'inquiétude , une humeur voyageuse , l'attrait de l'inconnu , un certain esprit d'aventure, poussent sur toutes les roules de l'Europe, étaient, pour ce temps, de grands scholars. Personne, au moyen âge, ne cultive comme eux le grec ^.

Les Saxons leurs élèves y mirent une ardeur plus tranquille, plus de persévérance aussi. Ils y apportèrent leur esprit de méthode, un sens plus rassis ; l'imagination, la fantaisie, la poésie sont à peu près absentes de leur œuvre, mais en somme ils dépas-

\. Pour les autres arts, peinture, sculpture, peinture sur verre, orfèvrerie, méialluri,'ie, cLBaldwinBiiown, T/iearls in early England, loc. cit., et AxDEnsoN {^.), Scotland in early Christian Times, Ediriburgh, 1881 ; cf. aussi Giioss, n. 2G8 et sq.

2. G. T. Stdkes, The Knoweldge of (jreek in Ircland, dans les Proceedings of the Royal Acad., 111 série, vol. 11, p. 187 sq. Zi.MMEn, Ueber die Bedeulumj des irischen Eléments fiir die mitlelaUerlicheCullur,(]AnsPreussischeI(thybi'.cher, t. MX, transi, by I;. Edmonds, sous ce titre : The Irish Elemcnl in Sledieeval cuUur, Nefw-York, 1881.

scrent leurs maîtres. Les Celtes ne laissèrent presque rien que de grands souvenirs. Les grandes œuvres qui demeurent, celles qui exercèrent une influence profonde sur le moyen âge, eurent pour auteurs Bède, Egbert, Alcuin.

Il ne faut pas oublier non plus les maître romains , Augustin, Hadrien, Théodore, qui eurent leur large part dans la formation de l'esprit anglo-saxon .

Mais au fond les uns et les autres sont redevables à la culture romaine. La poésie des races germaines, le génie des barbares Anglo-Saxons, n'eurent guère d'autre représentant que le bouvier-poète de Lindisfarne. Tous les autres s'inspirèrent de l'esprit classique ; ils voulurent parler latin et même penser en latin. Sous ce vernis classique, le génie saxon manqua d'étouffer, et ce n'est que de longs siècles après, et grâce à son intense vitalité, qu'il se réveilla et secoua ses habits d'emprunt pour être lui-même.

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