Aspect physique
Le 26 août de l'année 55 avant Jésus-Christ, vers dix heures du matin, César, avec deux légions et un détachement de cavalerie, abordait en face des
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falaises de Douvres pour conquérir la Bretagne ^ Quelles furent les conséquences de cette expédi-
vaux antérieurs). — Early-Brilain. by Alf. J. Cmucn, Lond., Fischer, 1889, \ vol. de la Siori/ of the nations (intéressant! comme archéologie). — Thomas B.vtf.max, Tca years' digr/iDr/x in Celtic and Saxon Grafe-HiUs in the rounties of Derby, Stafford and York, Irom 1818 to 1838. 1 vol.. pp. 309. I.ond., 18G1. — On the Doundaries thcit scparated the Welsh and English races during the 75 years ivhich followed the capture of Bath a. d. 577 ; ivilh spéculations as to the Welsh Princes, who during thaï period were reigninrj ovcr Somersetshire, by Edwix Guest, dans T/ie ArcheologicalJournal, June 1859, t. XVr. |). 103-131. — Thomas Ixnes, A critical essay on the ancient inhaOitants of the northern parts of Britain or Scotland, London, 1729. — Davies (John). The Celtic élément of the English peopAe,i3.ns Cambrian Archaeol. Assoc. Archaeologia Cambrensis. i'" série, X, li)"i--22l, 2;)-2-2C7 ; XI, 10-24 , 97-10";, London, 1879-1880. — GiEsT (Edwin), Origines CeSticae and other contributions to the History of Britain, 2 vol., London, 1883 (origines celtiques, Pudens et Claudia. Invasion de la Bretagne par César), t. II, 331-340. — Campagne de Plautius, t. II, 381-408». Givoss, n" 1260 sq. — O'Aunois DE JLBuxviLLE, Jntroduction à l'étude de la Littérature celtique, Paris, 1883. — D'A. DE J., Les Celtes et les langues celtiques (leçon d'ouverture), dans Revue archéol., 1882. fév.-mars. Paris, 1882. — lo., Cours de littérature celtique (surtout ch. II. le cycle mythologique irlandais et la mythologie celtique), Paris, 1884. — Id., Les Celtes depuis les temps les plus anciens jusqu'en l'an 100 avant notre ère, Paris. 1904. — Id.. Les premiers habitants de l'Europe, Paris, 1877, 2"= éd., 2 vol., 1889-1894. — E1.TOX. Origins of the English history, London, 1890. — Sur la littér. des Celtes insulaires, cf. Revue de synthèse historique, t. III, p. 60-97; t. VI, p. 317-3C2; t. VIII. p. 78-104. — Gaidoz, Esquisse de la Religion des Gaulois, dans Encycl. des sciences relig., de Lichtenberger, t. V. p. 428-441, et les autres articles du même auteur sur ce sujet, cf. Dottio, Manuel, p. III. — J. Déchei.ette, Manuel d'archéol. préhistorique celtique et gallo-romaine, Paris. 1908. — E. W. B. Niciiolson, Keltic Researches,Loxiàoxi. 1904. — On trouvera la bibliographie de l'anthropologie celtique dans \V. Z. Ripley, The races of Europe, a sociological Study, Lond., 1900, p. 140-141. — J. Riivs, Early Britain : Celtic Britain, tonilon, 1882. (La Bretagne sous les Romains ; Pietés et Scots; ethnologie de la Bretagne). — Renan, La poésie des races
1. Pour les détails de cette campagne, voir l'Histoire de Jules César, t. II, p. 137 sq. (Paris, 186C).
tion? Nous dirons plus tard comment la civilisation romaine s'établit dans l'ile.
celtiques, dans : Essais de morale et de critique, Paris, 1890. — .Surtout G. DoTTiN, Manuel jiour servir à l'élude de l'antiquité celtique, l vol., Paris, Champion, 1S06. (Le plus complet elle plus méthodique, avec une bibliographie abondante). Voir aussi bibliogr. du ch. II ci-après et bibliogr. générale.
Les textes des Grecs et des Romains sur l'Angleterre, dans les commentaires de César, l'histoire naturelle de Pline, les ouvrages de Tacite, ceux de J)ion Cassius, de Suétone, de l'histoire Auguste, d'Ammien .MarccUin, Slrabon, l'itinéraire d'Antonin, etc., sont réunis dans les collections suivantes : Hakdv, Catalogue of Materials, vol. I, p. cxvi-cxxxiv, cité ci-dessus, p. vi. — Giles J. A., History of ihc ancicnl Britons, 2 vol., I.ondon, d8'»7. Le t. n contient les extraits des auteurs grecs et romains, de Gildas et autres auteurs et des inscriptions, etc. — V£.tMT., Monumenta, cité cl-dessus, p.vi. T .S. Cayzeu, lirilannia, a coUeciion of (lie principal passages i II Latin authors tliat refer lo Ihis Island, London, 1878. — Voir aussi Dlkcv, Hisl. des Romains, t. I, et Ff.kiîeho, Grandeur et décadence de Home, t. II, Jules César, Paris, ifiO.'i, p. 90 sq. — G. B. Airy, Essays on tlie invasion of Britain by J. Cwsar ; Ihe invasion by Plaulius, etc., London. 18G5. — H. G. Coote, TIte Romans of Britain, London, 18i8 (critiqué par Krecman, Macmillan's Magazine, juillet 1870). — FiiANcis Haveufieid. Early British Chrislianily, dans Enr/lish liist. Review, XI, 417-430, Lond., 1896. — Napoléon III, Hist. de J. César, 2 vol., Paris, 18G,i-186(i ; trad. Wuight, Hist. oj ■J. Csesar, 2 vol., Lond.. 18G.J-I8r)6. —T. Kice Holmes, Ancien Britain and tlie invasions of Jti.lius Csssar, i vol. in-8", Oxford, 1907. — Fraxcis TiiACKEitAY, Rcscarc/ies into tlie ecclesiastical and political State of ancient Britain under l/ie emperors, 2 vol., Lond., 1843. Autres : Gross n" 1297 seq. — Tlie Romanization of Roman Britain, by F. J. Havejifield, 19iJj (from tlie Proceedings of Ihe British Academy, vol. il), London, 1907 (étude au point de vuearchéol. sur les sculptures et autres restes romains ; montre que la civilisation romaine s'implanta rapidement en Grande-Bretagne, mais de différentes laçons suivant les provinces. Sa thèse est que la romanisation a été plus profonde que ne disent quelques-uns). — Vinogradoff. Growth of Ikc Manor, Londres, 1905 (sur les questions romaines).
Plan des routes romaines : Baldwin Brown, T/ie aris in early England, Ihe Life of Haxon England, elc, et autres plans; Gravure ilu mur romain, i6id., lig. 6. — The campaign of Aulus Plaulius. by EdwinGu£.st {The archacological JoMr/ia/,sept.l8G(>, t. XXIII. i).159- 180).— Contributions lo Ihe Ilistory of Britain under the Romans.
Au premier aspect, la Grande-Bretagne s'offrait à César comme une sorte de nouveau continent, et les contemporains saluèrent avec enthousiasme le général qui donnait à Rome une terre nouvelle ^
En réalité ce n'était qu'une île de dimensions restreintes, et qui, comparée à l'Europe (l'Irlande et les autres îles comprises), n'a pas même un trentième de l'étendue de cette masse continentale 2. Elle n'est séparée de l'Europe que par un étroit bras de mer. Des côtes de France, on aperçoit par un temps clair les hauteurs crayeuses de Douvres. On dirait une péninsule qui, à l'ouest, complète la carte d'Europe et fait contrepoids à la presqu'île Scandinave; il paraît démontré en effet que dans les périodes géologiques antérieures, elle se rattachait à la France.
Roman Inscriptions and sepulchral remains at Lincoln by the Rev. Edward ïroli.ope and A. Troi.lope [The arch. Journal, Mardi 1860, vol. xvn, p. 1-21). — Sur les Pietés, cf. J. Lotii, Les Pietés d'après des travaux récents {Annales de Bretagne, t. VI, 1890, p. 111-116).
Inscriptions : John Housley, Britannia romana, or the roma)i antiqnities of Brilain, London, 17,32, très bon. (Le t. II, roman inscriptions and sculptures) Cf. aussi les revues citées ci-dessus. — Em. Hubxei!. Inscriptiones Brilannix Latinœ, C. 1. L., vol. VII, RerliD, 1873. Addenda : Epheincris Epigr., t. III, 113-155, 311-318; t. IV, 194-21-2; t. VII, 273-354, Berlin, 1876-1892; et HAVEftFiELD, Archaeolofjical Journal, XLVII, 2-29-267; XLIX, 176-233; L, 279-321.
Sur le mur romain : Tii. Hodckin, The Literary hislory of the Roman wall, Arcliceologia jEliana, XVIII, 83-108, Newcastle, 1896. — Autres travaux sur ce mur fameux :GriOss, n'>M277 a, 1278,1279,1289.
1. EuuÈNE, Paner/., p. 171. Cependant, Cicero, Epist., 1. II, ep. 14 et 1. III, ep. I.
2. Superficie des îles Britanniques, 314. 951 km. carrés. Cf. Reclus,
Nouvelle Géographie Universelle, t. IV, l'Europe du nord-ouest, p. 343, et Sir A. C. liamsay, Tiie physical Geology and Geography ofGreal Britain, 6- éd., London, 1894.
Comme ensemble, les proportions de l'île manquent d'équilibre et d'harmonie ; elle a l'aspect d'une sorte de pyramide imparfaite dont la base est trop large, le sommet trop éloigné du centre. 11 y a plus de six cents milles entre la base et le sommet. Aussi l'unité nationale sera-t-elle très longue, très difficile à établir. 11 faudra près de dix siècles pour faire des habitants du nord et de ceux du midi un seul peuple, et encore l'Ecosse garderat-ellc son autonomie morale, longtemps après avoir perdu son indépendance politique. Durant la période que nous avons à étudier, du cinquième au onzième siècle, ces conditions topographiques auront une influence capitale et néfaste sur l'histoire de l'Angleterre. Le nord deviendra le repaire de peuplades pillardes et sauvages qui, défendues par leur éloignementet retranchées dans les montagnes qui hérissent cette partie de l'île, descendront périodiquement sur le midi, pour dépouiller, rançonner et tuer. Les Romains conquérants sentirent les premiers le danger de celte situation, et, pour isoler les Pietés et les Scots, ils tentèrent d'élever en deux endroits un mur foi'tifié pour garantir la sécurité de leur séjour.
Quant à l'Irlande, sa situation crée pour l'Angleterre un nouveau péril. Le nom d ile sœur est d'une amère ironie, car la nature semble avoir voulu faire de ces soeurs, deux rivales de force inégale, destinées presque fatalement à se combattre. L'Irlande est assez grande et assez étendue pour avoir droit à
posséder son autonomie, et à vivre comme une contrée indépendante ; elle est trop voisine de l'Angleterre pour que cette autonomie même ne constitue pas pour la prospérité et la sécurité de cette dernière un danger redoutable. Ce problème politique, constitué par la configuration physique autant que par la différence de race, n'a pas encore jusqu'au xx^ siècle reçu de solution satisfaisante.
Au point de vue géologique, même défaut d'homogénéité, qui exercera aussi son action sur le développement historique de ces peuples. Au nord de la Clyde et de la Fortli, s'étend une contrée montagneuse, âpre et sauvage, découpée de baies, creusée de lacs profonds, et dont le climat est l'un des plus durs de l'Europe; c'est une terre de brouillards intenses, de violentes tempêtes, de vents impétueux, où les beaux jours sont rares.
Les monts Cheviots. les monts Grampians et les monts de Ross en sont les principales chaînes et constituent les highlands ou hautes terres d'Ecosse. Les côtes sont découpées de fiords, semées d'iles et d'îlots d'aspect sauvage, surplombées de falaises, dont les grottes profondes, au jour de tempêtes, retentissent du mugissement des vagues.
Le centre de l'île et le midi, quoique plus homogènes, présentent encore de frappants contrastes. La région montagneuse de l'ouest (pays de Galles et de Cornouailles), composée de soulèvements anciens, présente des croupes chauves, modérément élevées, des plateaux lourds et massifs, semés souvent de
lacs. Los monts de Cornouailles, dans la presqu'île de ce nom, les monts Cambriens, dominés par le Snowdon (1.089 m.), et les monts du Cumberland. dans le pays de Galles, offrirent dans leurs vallées retirées un refuge aux Bretons, reculantdevant les flots de l'invasion saxonne.
La large plaine du sud-est, plus fertile que la partie occidentale, présente des mamelons aux ondulations gracieuses ; elle est formée de terrains récents, calcaires, craies, sables et argile; aux époques anciennes, la partie la plus méridionale était couverte de vastes forêts dont de beaux restes subsistent encore dans le Hampshire, le Surrey et le Sussex. Les falaises crayeuses du côté de Douvres et de Newhaven, que l'on aperçoit de France, ont fait donner à l'Angleterre le nom d'Albion ou la blanche terre.
Le climat de cette partie de l'ile est tempéré, grâce aux courants d'eau tiède qu'amène le Gulfslream, et dont la température en hiver est plus élevée que celle de l'air'.
Mais, si au point de vue géographique l'Angleterre ressemble à une péninsule détachée de l'Europe par accident, elle est physiquement, politiquement, historiquement, une île dans toute la force du terme. Montesquieu, ayant à disserter sur l'Angleterre, sa constitution, ses lois, son esprit, débute par cette phrase restée célèbre : « L'Angleterre est
1. cf. Ramsay, Pliysical Geolony andGco()raphij ofGrcal Brilain, cl llF.CLI S, loc. cil., p. 3.">-2.
une île ». C'est bien là, en effet, le trait caractéristique et essentiel qui domine l'histoire de TAnglcterre, et qui a déterminé la plupart des autres. Elle eut constamment à travers les âges, son autonomie; elle resta toujours elle-même, conservant jalousement son indépendance, son caractère insulaire ; et quand les étrangers vinrent s'y établir, on peut dire qu'ils furent conquis par elle plus qu'ils ne la conquirent. Ceci est vrai surtout depuis les temps anglo-saxons; caries Celtes, qui leur furent antérieurs, n ont jamais eu un grand pouvoir d'assimilation.
Au point de vue ecclésiastique, la situation isolée de la Grande-Bretagne faillit de bonne heure aussi lui devenir fatale. Les Bretons convertis, séparés pendant deux siècles de leurs frères du continent, développèrent une originalité qui aurait pu facilement se transformer en schisme, si les missionnaires romains n'étaient venus rattacher fortement l'ile à l'unité romaine. Des tendances séparatistes se manifestèrent encore quelquefois dans la suite des siècles, jusqu'au jour où des politiques habiles et sans scrupules surent profiter de ces conditions et de ces tendances pour détacher l'Angleterre de l'unité catholique et la constituer en église nationale.