‹ L'Angleterre chret́ienne avant les NormandsChapitre 91 sur 118 · Les invasions danoises · texte numérisé non relu

Les invasions danoises

La mort de saint Dunstan, en 988, marque une date importante dans 1 histoire. Il disparut après avoir fait son œuvre, au moment où la décadence,

BIBLIOGBAPHIE. — .Elfkic. The homilies of llie aiiylo-saxon rhurcii : Itoiailics of jElfric, in tlie original Anglo-saxon, witli an Knglisli version, éd. Benj. Thorpe, .«Elfric Soc, a vol., London, 1844- 184<>. Compléti'; par Buino-Aymann, Angclsurhsictte Homilien i«. Uei lifjenlcbeH, dans C. \V. M. Giikix, Bibliot/iek der Anfjelsachsischen l'rosa, vol. III, Cassel, 1889. (Le plus grand écrivain en prose anglosaxonne de son temps, dit Gros, n. 1440; voir aussi pour ses autres ouvrages les n"" 1427, li3S, 1437, 14C-2, 1480, 1481, et cf. VA. UIF.TUICII, .\hl ÂHIfrik, Zeilscti. f. die Jlisloric/ic Théologie, t. XXV, 487-594; XXVI, 1(v>-2j6, Gotha, 18j5-l8;iB (bon). — C. L. Wiutk, Mlfrie : a new alv.dy of his Life aiid wrilings. Boston, 1898; le meilleur en anglais, basé en partie sur le précédent. — /Ef/'i i'c'.s lives of snints, being a net of sermons, etc., éd. Skeat, Londres, Early English texl Ho. ciely, 1881. ^£tfric's Grammalik u. Glossar, éd. J. JrpirzA, 1880.

L'AiNGLETERRE CHRÉTIENNE.

l'ignorance et la barbarie, arrêtées par les efforts réunis des hommes d'église et des rois, allaient fondre de nouveau sur l'Eglise d'Angleterre et sur la nation tout entière, menaçant l une et l'autre d'une ruine complète et définitive. Cette dernière période de l'histoire des Anglo-Saxons (988 à 1066) est trop souvent attristante pour l'historien.

Cependant ce n'est pas, comme on l'a trop dit, l'histoire d'une décadence ; on y trouve encore de belles pages, on sent que cette race, si menacée qu''elle soit, ne veut pas mourir. Dans la fortune adverse, elle conserve encore cette endurance, cette constance, une patience qui attend son heure, et qui fait présager le relèvement futur.

Les Normands pourront à la fin de cette période conquérir les Saxons, devenir les maîtres de l'Angleterre. Les Saxons, sans révolution sanglante, reprendront peu à peu le dessus et absorberont presque leurs vainqueurs. Toutefois la leçon leur aura servi et désormais ce peuple saura conserver son indépendance envers et contre tous.

Ethelred, appelé par les chroniqueurs redeless, qu'il faut traduire sans doute par imprudent, avait

— CoUoquium JElfrici, éd. Thoupe, Ajialeela Anglo-saxonica. n"« éd. Londres, 1868, p. 18-3f., écrit entre we-lOOO; exercice pour apprendre le latin. — Wclfstas. év. d'York, 1003-1023; son sernio Lupi ad anglos : Wulfstan : Sammiung (1er ihn zugeschriebeneii Homilien, éd. A. Napiek, Berlin, 1883. — J. P. KrxARD. A Sludy of Wulfstan s HûmUies, Baltimore, 1897. Cf. aussi Gross. n" 1433. — The life and Times of Wulfstan Bishop of li'orcester. by W. F. Hook, The archaeological Journal, 18C3, t. XX, p. 1-28.

INVASIONS DANOISES. 253

succédé, en 982, à son frère Edouard le Martyr. Ce long règne (982 à 1016) est l'un des plus tristes de l'histoire d'Angleterre. II n'y est question que d'invasions danoises, de défaites, d'impôts payés aux envahisseurs pour les écarter, de trahisons et de crimes. Jamaisencorc l'autorité royale n'étaittombée en de pareilles mains. Non seulement Ethelred laissa perdre par son inertie et son incapacité tout le fruit des victoires de ses ancêtres, mais lui-même semble avoir aliéné une partie de ses sujets par sa conduite et par sa cruauté La maison de Cerdic, dont il fut un des derniers représentants, et qui avait donné tant de rois à rz\ngle terre, semble épuisée dans sa sève et produit ce misérable rejeton sans vigueur. Rien de plus lamentable que la lecture de la chronique saxonne sous ce règne ; c'est un calendrier lugubre dont chaque année est marquée par une défaite ou par une nouvelle honte -. 11 n'est peut-être qu'un tableau plus ignominieux, c'est celui du Danegeld, l'impôt du Danois ; le roi chaque année levant sur ses sujets une taxe à payer à l'ennemi pour l'éloigner, et les exigences toujours croissantes de l'envahisseur Palliatif insullisant du reste, car les

i. Son riîgne est raconte dans la chronique avec un détail et une précision qui trahissent un contemporain. i. Voir ce calendar dans IIùikjki.n, p. ;no.

;{. Voici ce tableau d'apri's Hodi;kin :

en '.m premier paiement 10.000 Livres d'argent.

en '.m second paiement IG.OOO — —

en 100-2 troisième paiement 24.000 —

en 1007 quatrième paiement .to.ooo — —

en \m) paiement partiel 3.000 — —

L'AN'GLETEnitE ClIRÉTIENNIi. 15

Danois, qui avaient mesuré la faiblesse de leurs adversaires, étaient bien décidés à en profiter.

En 994, un pirate norvégien, le redoutable Olaf Tryggvason, s'unit à un chef danois Sweyn (Suénon) pour tenter de conquérir l'Angleterre. Leur flotte combinée remonta la Tamise jusqu'à Londres qui résista vaillamment, et repoussa les assauts des Normands le 8 septembre, fête de la nativité de la sainte Mère de Dieu « dont la miséricorde, dit la chronique, nous délivra de nos ennemis ». Les maraudeurs se contentèrent de ravager FEssex, le Kent, le Sussex et le Hampshire. Il fallut leur verser une énorme rançon pour les écarter.

Impuissant à repousser les Danois, Ethelred eut recours à la trahison. Un jour de l'année 1002, le 13 novembre, fête de saint Brice, fut fixé pour le massacre des Danois. Il est difficile à travers l'obscurité des chroniques qui relatent cette Saint-Barthélemy comme un fait divers, de se rendre compte de l'étendue du massacre. Mais il n'est que trop certain que, sur l'ordre du roi, et dans tous ses états, les Danois sans défense furent assaillis, assassinés parle glaive, ou brûlés vifs.

eu 101-2 cinquième paiement vs.OOO Li^Tes d'argent.

en 1014 sixième paiement 21.00J — —

Page 1