‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 102 sur 202 · Ibid. février 1839. La Grande Bretagne en · texte numérisé non relu

Ibid. février 1839. La Grande Bretagne en

M mn d css 5 dant PRET di 4 " on ie ape ani Leds sat dant gcc ler ex À 08 CCS gr à CE at à QE fo ce dd a 6 y 9 vo À CO D cd

tape Nr Re Le, 0 à Gi

Victor Hugo fréquente aussi chez le marquis de Custines’. Ce cosmopolite n’aime point l’Angleterre. « L’Angleterre, dit-il, n’est qu’une grande boutique servie par des commis de mauvaise humeur *. » Les Anglais sont insensibles à tout sauf au bien-être matériel, au confortable (« qu’heureusement nous ne pouvons traduire dans notre langue * »). La fameuse excentricité anglaise n'existe nulle part Pesprit d'imitation, la crainte du ridicule, produit partout en Angleterre une désolante uniformité; nulle part, la mode, le fashion, n’est si universellement obéie, nulle part l'étiquette n’est observée avec autant de pédanterie. Aucune poésie, aucun goût pour les arts ; tout est mécanique ; le paysage anglais même à l’aspect artificiel d’un parc.

Parmi les jeunes écrivains qui fréquentent le salon du Maître, place Royale, il y à de fervents anglophiles, tel ce légendaire Jules Vabre qui pousse le culte de Shakespeare jusqu’à se nourrir exclusivement de mets et de boissons anglais, et qui reste quinze ans à Londres, pour pouvoir donner à l’école romantique une traduction absolument fidèle de Shakespeare ‘; tel aussi le jeune Victor Hennequin, qui dédie à Victor Hugo son Voyage philosophique en Angleterre et en Ecosse” dans lequel il fait un louable effort pour comprendre l’industrialisme et le mercantilisme anglais.

L’élévation de Victor Hugo à la pairie, en 1845, lui permet de rencontrer certains politiciens anglais. En juin 1846, il rencontre lord Palmerston et lord Lansdowne à un dîner chez Decazes, et cause quelques instants avec eux de lIrlande, des céréales et de la maladie des pommes de terre. Il trouve Palmerston «un peu vulgaire » et, à propos du mariage de celui-ci, il dit que « lord Palmerston appartient

un peu à l’histoire et beaucoup au roman ». Lord Lans-

1. V. Ancelot (Mu V.), Salons de Paris, Paris 1858, p. 243; et Fontaneÿ : Journal intime (éd. Jasinsky), Paris, 1925, pp. 112, 118.

2. Custine, Mémoires et Voyages. Paris 1830. t. IL. p. 464, Hugo possèdera ce livre plus tard à Guernesey.

sb, ll; p 2151; 4. NV. Gautier (Th.), Histoire du Romantisme, p. 39 et suiv. 5. Paris 1836. Hugo possèdera cet ouvrage plus tard à Guernesey.

downe, au contraire, est « grand, brun, sec, grave et gracieux, l’air distingué; un gentleman * ».

Il a une conversation plus intéressante en janvier 1847, avec le marquis de Normanby, ambassadeur d'Angleterre à Paris. Celui-ci, « élégant, gracieux, grand seigneur, bon carçon et dandy.… » lui parle non seulement des questions d'actualité, de laffaire de Cracovie et d? O’ Connell ;, mais aussi de la procédure adoptée dans les séances du parlement anglais *. Le soin avec lequel Hugo note les renseignements que Normanby lui donne à cette occasion, révèle bien les préjugés qui ont toujours dominé sa conception de l'Angleterre et qui dicteront plus tard, en grande partie, l'Homme qui Rit.

« Dans les deux Chambres anglaises, note Hugo, les membres siègent en paletots, et en redingotes, le chapeau sur la tête. On ne se découvre que lorsqu'il vient un message de la couronne. Les membres des communes n’ont pas de costume officiel. Le costume des pairs se compose d'une robe. Le petit costume est une robe de drap rouge, le petit collet (lord Normanby prononçait collier) d’hermine. Des bandes d’hermine appliquées sur la robe indiquent le titre du pair. Les dues ont quatre bandes à droite et à gauche ; les marquis quatre bandes à droite et 3 bandes à gauche ; les comtes 3 bandes à droite et 3 à gauche ; les vicomtes 3 à droite et 2 à gauche ; les barons 2 bandes seulement de chaque côté. Le grand costume ne se porte que le jour du couronnement. C’est une vaste robe de velours écarlate avec collet d’hermine, sans bandes. Les pairs portent sur la tête la couronne de leur titre.

Lorsqu'il y à conférence entre les comités des deux Chambres, les pairs sont assis à une table en habit de ville, avec leur chapeau de cérémonie sur la tête, qui est pointu comme au temps de Charles Ier, les membres des communes sont debout et découverts. »

Victor Hugo rencontre Normanby de nouveau, une

1. Chosés Vues, première série, éd. ne varielur, 1887, pp. 109-110. 2. Choses Vues, première série. ed. n. v. 1887, pp. 174-2.

3. Cette partie de la conversation est rapportée dans l'édition de l’Imprimerie nationale de Choses Vues seulement, t, 1, p. 208.

cf SSD re ca Curie bé God né ae

Éd onde ts ut cb Dépt en

semaine plus tard, à un dîner chez Salvandy, et il note à ce propos que lord Normanby est «un fort aimable homme quoiqu'il soit l'ambassadeur de la mauvaise humeur * ».

En novembre 1848, Victor Hugo rencontre chez Odilon Barrot, à Bougival, un membre du parlement anglais et sa femme et il trouve celle-ci « laide, avec de belles dents et de l'esprit * ».

4. Choses Vues, première série, 1887, p. 174. 2. Choses Vues, nouvelle série. Paris 100, p. 249.

Page 1