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des proscrits dans l’île ‘ : «lors de son installation, la proscription avait trouvé à Jersey, outre P« hospitalité » matérielle, une grande sympathie morale ”. » Le gouverneur de l’île, le général Love, assistait en 1852 à une vente organisée en faveur des exilés nécessiteux et venait y acheter un objet d'art. Un médecin exilé, le docteur Barbier, y acquit bientôt une très nombreuse clientèle. La plupart des exilés * purent y gagner leur vie, les uns dans les professions libérales, les autres, dans le commerce, les autres par le travail manuel. Quelques-uns épousèrent des J ersiaises ‘. Même l’œuvre de propagande accomplie par les exilés fut « non seulement tolérée mais encouragée » : «€ N apoléon le Petit se vendait à profusion, et à Jersey et à Londres. Les journaux de l’île, imitant les autres feuilles d’Angleterre, ouvraient leurs colonnes aux écrits des proscrits et joignaient leur indignation à la nôtre *. »
Cependant, entre la grande majorité des Jersiais et les proscrits il existait une incompatibilité foncière qui rendait la bienveillance de ceux-là superficielle et précaire. Auguste Vacquerie à insisté sur cette incompatibilité ‘.
Il y avait d’abord la pauvreté des proserits. «€ J usque-là Jersey n'avait guère connu, en fait de réfugiés, que des seigneurs, des princes et des rois. Mais les réfugiés de
A. Les Hommes de l'Exil, Paris, 1875, pp. 1480 et suiv.