CHAPITRE IT
Dans l’évolution de Victor Hugo après la disparition du Conservateur Littéraire, Walter Scott joue un rôle très important. Au mois de mai 1821, poussé par « le besoin d’épancher certaines idées qui lui pesaient, et que notre vers français ne reçoit pas », Hugo entreprend « une espèce de roman en prose » ‘, qui s’intitulera Han d'Islande. « Ce roman, explique-t-il à sa fiancée, était un long drame dont les scènes étaient des tableaux, dans lesquels les descriptions suppléaient aux décorations et aux costumes. Du reste, tous les personnages se peignaient par eux-mêmes. C’était une idée que les compositions de Walter Scott m’avaient inspirée et que je voulais tenter, dans l’intérêt de notre littérature *. » La peinture des sites et des mœurs, y était en outre, particulièrement soignée : Victor Hugo dit avoir passé beaucoup de temps à amasser des matériaux historiques et géographiques *. À ces deux éléments, la manière dramatique et la couleur locale, s'ajoute un troisième non moins caractéristique de Scott, à savoir, le souci de mêler étroitement une intrigue subalterne à une affaire d’État, de sorte qu’elle devienne l’occasion d’un vaste tableau historique *.