Ibid
5. Etudes sur William Shakespeare, Marie Stuart et l'Arelin, Paris, 1852.
an
rains que le sixième ou septième rang ! : cela semble justifier l’idée favorite de Victor Hugo sur le dédain que les génies ont toujours rencontré chez leurs contemporains envieux. Chasles indique aussi le rapprochement, évident il est vrai, qu’on peut établir entre Falstaff, Panurge et Sancho, tous trois « nés au xvIe siècle, quand le moyen âge expirait », tous trois représentant « le corps qui se raille de l’âme * ». Hugo fait le même rapprochement et dit spirituellement à ce propos, « Sancho Pança, adhérent à l’âne, fait corps avec l'ignorance * ». Nous avons déjà vu qu’il comparait Rabelais, Cervantes et Shakespeare, comme les représentants, — les deux premiers uniquement railleurs, et, par conséquent, partiels, — de la « clôture du
moyen âge » (voir p. 139).
Mais surtout Chasles présente Shakespeare sous un aspect nouveau : il prétend que la découverte de Montaigne fut l'événement capital de sa vie, et qu’il faudrait le considérer, non comme un « génie monstrueux », mais comme «un poète sceptique, observateur calme et souvent cruel, frère de Montaigne, ému d’une pitié un peu ironique pour les hommes et d’un profond dédain pour les caprices du sort qui les élèvent ou les écrasent *… »
Évidemment, c’est là un Shakespeare peu fait pour plaire à Victor Hugo. Pourtant, celui-ci concède que la philosophie de Shakespeare, si elle tient d’Ézéchiel par la vision, « tient de Montaigne par le doute” ». « Hamlet, le doute, est au centre de son œuvre‘. » « Hamlet est formidable, ce qui ne l'empêche pas d’être ironique ‘. »
Chasles voit dans le Songe de la mi-août, dépouillé de ses couleurs poétiques, « une piquante ironie de l’amour * » ; et dans la Tempête, il montre l'ironie de Shakespeare qui
. Op. cit, p. 105.
. Ibid., p. 297.
.- William Shakespeare, p.211.
. Chasles, op. cit., p. 194.
. William Shakespeare, p. 460,
. Ibid., p. 210.
. Ibid., p. 253.
. Chasles, op. cil., p. 199.