OO OO & C2 IN
s'attache aux «bizarreries de l’ordre social" ». « Nous avons essayé, explique-t-il, de soumettre ces symboles capricieux d’une pensée profonde à une analyse sévère. Nous y avons vu la raison du poète, raison assez puissante pour $e jouer de ses trésors, se cacher sous des arabesques étincelantes de couleurs variées *. » Victor Hugo, aussi, est persuadé de la profonde signification philosophique des comédies de Shakespeare : « Qu'est-ce que la Tempête, Troilus et Cressida, les Gentilshommes de Vérone, les Commères de Windsor , le Songe d'été, le Songe d'hiver ? C’est la fantaisie, c’est l’arabesque.. » Oui, mais, « on distingue à claire-voie, derrière l’arabesque, toute la philosophie ? ».
Une des idées les plus remarquables de William Shakespeare est celle de l’unité profonde de Pœuvre de Shakespeare, considérée dans son ensemble, unité que la diversité apparente des pièces individuelles ne parvient pas à cacher. Hugo y revient à plusieurs reprises. Shakespeare « fait savamment sentir la simplicité du fait métaphysique sous la complication du fait dramatique » (p. 213) : l’on retrouve dans l’âme de Juliette le même appétit mélangé de peur qui inspire les meurtres de Macbeth (ibid.). Les comédies de Shakespeare reproduisent les figures de ses tragédies : Angelo (Mesure pour Mesure), c’est un autre Richard ITT, ou Macbeth; Léontès (Conte d'hiver), c'est un autre Othello ; Jachimo (Cymbeline), c’est un autre Iago…. (p. 303). Shakespeare a «la grâce profonde... cette profondeur dans le sourire qui, en même temps qu’une élégance, fait voir un abîme » (p. 209), etc.
L'idée se volatilise un peu, quelquefois, perd la netteté de ses contours, en passant par la Bouche d’'Ombre : cela n'empêche pas qu’elle ait pour fondement quelques pages du très solide Essai de Guizot : |
« On trouverait difficilement dans les tragédies de Shakespeare, dit Guizot, une conception, une situation,