‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 147 sur 202 · Ibid. t. I, pp · texte numérisé non relu

Ibid. t. I, pp

et c’est dans le Dictionnaire de Delandine qu’il trouve ses renseignements.

« Un autre rebelle, ayant eu l'honnêteté de déclarer qu’une femme anabaptiste lui avait donné asile, eut sa grâce, et la femme fut brûlée vive », dit Hugo ‘. Macaulay raconte qu’une vieille dame appartenant à la communion baptiste fut dénoncée par l’homme qu’elle avait sauvé, mais il ne dit pas que cet homme eut sa grâce pour récompense ‘. Delandine dit, au contraire, dans son article sur Monmouth : « une dame anabaptiste fut brûlée pour avoir reçu charitablement dans sa maison un des cou- - pables et ce malheureux fut sauvé pour avoir eu la perfidie de déposer contre elle. »

«Lady Lyle, qui pourtant avait envoyé son fils en guerre contre Monmouth, mais qui avait caché chez elle deux rebelles, fut mise à mort », dit Hugo *. Macaulay raconte longuement le procès de lady Alice Lisle (sic), mais il ne dit pas qu’elle avait envoyé son fils en guerre contre Monmouth ‘. Delandine, au contraire, dans l’article sur Monmouth, dit : «Miladi Lile (sic), sans autre crime que d’avoir aussi donné retraite à deux rebelles après le combat, fut également punie de mort, quoiqu’elle eût envoyé son fils combattre Montmouth (sic). »

Mais Victor Hugo n’a pu s'empêcher, cependant, de broder un peu sur le texte de Delandine. Voici comment celui-ci raconte un des exploits du colonel Kirke : Il Lui tomba dans l’esprit de faire pendre trois fois un même homme pour s’instruire (c’est Delandine qui souligne), disoit-il, par cette bizarre expérience ; et chaque fois il lui demanda s’il ne se repentait pas de son crime. Mais ce misérable s’obstinant à protester que, malgré ce qu’il avoit souffert, il étoit toujours disposé à s'engager dans la même cause, Kirke le fit étrangler. » Victor Hugo écrit : « Kirke multipliait les exemples. Ce colonel utile fit un jour pendre et dépendre trois fois de suite le même homme,

APTbid L1Np 201; - 2, Macaulay, History of England, t. I, pp. 664-6. 3. L'Homme qui rit, vol. I, pp. 290-1.

k, Macaulay, History of Engtand.…., t, I,pp. 639-44.

un républicain (!!), lui demandant à chaque fois : Abjurestu la république ? Le scélérat ayant toujours dit non, fut achevé. — Je l’ai pendu quatre fois, dit Kirke satisfait. Les supplices recommencés sont un grand signe de force dans le pouvoir ‘. »

Dans sa description de la vie privée de Jacques IT, Hugo a suivi Delandine très fidèlement. Delandine raconte que dans sa vie privée, Jacques IT « paroiss(ait) fort ingénu ». Victor Hugo observe que Jacques IT « était ingénu et féroce? ». Delandine fait allusion à la laideur des maîtresses de Jacques IT : « Il ne sut pas mieux choisir ses maitresses que ses ministres. Charles IT disoit, qu’il semblait que son frère recût ses maîtresses de la main de $es confesseurs, qui les lui donnoiïent pour pénitence. Elles étoient toutes assez laides. » Hugo fait sien le mot de Charles IT : « Jacques II... était un prince imbu de la vraie religion, il se mortifiait par la laideur de ses maîtresses *. »

Delandine raconte comment le roi anglais passa son temps pendant son exil : « Le monarque détrôné, désespérant de recouvrer son royaume passa le reste de ses jours à Saint-Germain, touchant les écrouelles et conversant avec les Jésuites.» Hugo dit de même: « Jacques IT put supporter dignement l’exil et donner dans sa retraite de Saint- Germain le spectacle d’un roi supérieur à l’adversité, touchant avec calme les écrouelles et conversant avec les Jésuites ‘. »

Enfin Delandine rapporte les miracles qui se seraient produits sur le tombeau de Jacques II : « Quelques Jésuites irlandais prétendirent qu’il se faisoit des miracles à son tombeau, et que ses reliques avcient guéri l’évêque d’Autun de la fistule. » De même Victor Hugo: «Jacques II alla mourir en exil où il se fit des miracles sur son tombeau, et où ses reliques guérirent l’évêque d’Autun de la fistule *.… »

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