‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 15 sur 202 · V. Han d'Islande, préface · texte numérisé non relu

V. Han d'Islande, préface

7. V. Killen (A.). Le roman terrifiant ou le roman « noir » en France. Paris, 4924, pp. 102 et suiv. Victor Hugo connaissait aussi les romans d'Anne Radcliffe. Cf. le passage des Lettres du Rhin, où Hugo raconte comment il entra, à 4 heures du matin, dans une auberge de Freiburg : les hôtes de « ce château d'Udolphe » lui firent l'effet do figurer dans un « conte d'Anne Radeliffe ». Lettres du Rhin, pp. 202-6.

8. Cf. La Vengeance (Cons. Lilt., t. HI, 28e livr., signée J.). Orlando jure de

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Vers 1820, et les années suivantes, le roman « noir » anglais avait connu une nouvelle vogue en France, due en partie au Vampire de Polidori, rédigé sur des propos de Byron’, en partie aux romans de Mathurin, qui fit alors son entrée en France * et devint tout de suite célèbre, faisant oublier presque les Radcliffe, les Lewis, les Spiess, et les autres maîtres du «genre frénétique * ». Cette nouvelle vogue fut telle qu’on en vint à confondre le genre romantique avec le genre « frénétique : », et qu’il devint à peu près inutile de publier un roman d’où cet élément fût absent *. Victor Hugo, pressé par des besoins d’argent,

ne pouvait dédaigner ce moyen de gagner la faveur du

public.

Si Victor Hugo s'était déjà bien rendu compte que ce qui constituait l'originalité des romans de Scott était leur caractère dramatique, il était encore loin de se douter de l’heureuse influence que ces romans étaient susceptibles d’exercer sur le théâtre ; et, tout à son « grand sujet tragique », lorsque Soumet vint, au commencement de 1822, lui proposer de tirer une comédie de « l’admirable roman de Kenilworth », il accepta d’y coopérer sans enthousiasme, — « cet ouvrage pouvant rapporter plusieurs milliers de

venger son frère tué par le comte de Catane, qui a quitté l'Italie après son meurtre. Orlando rompt ses fiançailles et se fait moine. Le comte, rassuré, revient en Italie. Orlando le voit à l’église : « Tiens, traître, tu m'as fait commettre plus de mille sacrilèges! », le poignarde, et puis se tue.

1. Amédée Pichot dit que le Vampire, attribué d’abord à Byron, avait « autant contribué à faire connaître lord Byron en France que ses poèmes les plus estimés », cit. Larat, op. cit., p. 126. Cf. Estève : Byron et le romanlisme français, Paris, 4907, pp. 71-8.

2. En 1821, parurent en France deux traductions de Melmoth, et Nodier et Taylor donnèrent une libre adaptation de la tragédie de Bertram.

3. Les épigraphes des 2, 10°, 15e, 23°, 33e et 47° chapitres de Han d'Islande sont tirées du Bertram de Mathurin.

4, V. Killen, op. cit., pp. 433 et suiv.

5, « Comment le métier funeste qu’on appelle le genre romantique cesserait-il d’être cultivé? C’est le seul qui nourrisse l'artiste ou l'artisan qui s'y consacre, et, je le répète, c’est le plus facile de tous » (Ch. Nodier, Annales de la Littérature et des Arts, 5 mai 1821, article sur Spiess).

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francs », dit-il à sa fiancée . La collaboration des deux poètes ayant cessé, pour des raisons que nous examinons plus loin, il est infiniment probable que Victor Hugo ne prit pas la peine de terminer seul la pièce, dont il avait pourtant déjà écrit trois actes. Dans le manuscrit d’'Amy Robsart, déposé à la Bibliothèque Nationale (Fonds Victor Hugo, n° 57), il y à deux écritures : celle dans laquelle à été écrite la version primitive des I, II, et IVe actes ; et celle dans laquelle ont été écrits (a) les nombreuses et importantes intercalations qui se trouvent dans ces actes (b) les IIIe et Ve actes. Celle-ci est beaucoup plus serrée, plus fine, et plus sobre que celle-là : elle ressemble de très près à l'écriture du manuscrit de Cromwell, et à celle des additions et corrections faites par Victor Hugo en 1827, sur la copie de la Censure, conservée aux Archives Nationales =. L'hypothèse s'impose : Hugo écrivit les fer, 2, et IVe actes d’Amy Robsart en 1822, les remania en 1827, et y ajouta les IIIe, et Ve actes. Nous étudierons cette pièce, par conséquent, sous la date de 1827-28.

ÉPIGRAPHES SHAKESPEARIENNES, 1822

La collaboration de Soumet et de Hugo à la comédie d'Amy Robsart aurait cessé, selon le Témoin, pour la raison suivante : « (M. Soumet) n’admettait pas le mélange du tragique et du comique, et il voulait effacer tout ce qui n’était pas grave et sérieux. Victor Hugo avait objecté l'exemple de Shakespeare, mais alors les acteurs anglais ne l’avaient pas encore fait applaudir à Paris, et M. Soumet avait répondu que Shakespeare, bon à lire, ne supporterait pas la représentation... Les deux collaborateurs, ne s’entendant pas s'étaient séparés à l’amiable; chacun avait repris ses actes et son indépendance, et complété sa pièce comme il avait voulu *. »

4. Lettres à la Fiancée, 16 février 1822. A cette date, Victor Hugo à déjà écrit les deux premiers actes,

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