Victor Hugo raconté, éd, Nelson, t. IL, pp
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Plusieurs critiques ont douté que Hugo eût déjà, en 1822, « objecté l'exemple de Shakespeare ‘ ». Une phrase de la lettre du 16 février 1822, à la ‘fiancée, permettrait peutêtre d'expliquer d’une autre façon pourquoi la collaboration fut interrompue : « si Soumet, était moins occupé qu’il ne l’est par sa tragédie de Clytemnestre, dit Victor Hugo, notre comédie pourrait être finie dans un mois et jouée dans six. » Hugo, impatient de la nonchalance de Soumet, aurait-il décidé enfin de finir seul la comédie * ?
Quoi qu’il en soit, il est certain qu’à cette date Victor Hugo n’avait qu’une connaissance très imparfaite de l’œuvre de Shakespeare.
Une lettre du 17 janvier 1822, écrite à Jules de Rességuier * montre que si Hugo est devenu moins sévère pour le drame, c’est toujours en Allemagne et non en Angleterre qu’il en trouve les modèles : il s’enthousiasme pour Saül, la tragédie de son ami Soumet, « cet ouvrage entièrement original, sévère comme une pièce grecque et intéressant comme un drame germanique ».
Victor Hugo commence pourtant à lire Shakespeare, encouragé sans doute par la publication de deux nouvelles éditions de la traduction des Œuvres Complètes de Shakespeare, par Letourneur : (a) « revue et corrigée par F. Guizot et A. P. (sic), traducteur de Lord Byron’ »; (b) « corrigée et augmentée des commentaires de Voltaire et de Laharpe », et formant les douze premiers volumes du Répertoire des théâtres étrangers *.
Deux odes, datant du mois d'avril, 1822, portent comme épigraphes des passages tirés du Songe d’une Nuit
1. V. Séche, Le Cénacle de Joseph Delorme, t. 1, pp. 258-9. Allais (G.), Les débuts dramatiques de Victor Hugo : Amy Robsart (1822-1828) Paris, 1905, p°447
2. D'ailleurs, les deux poètes furent devancés : un mélodrame en à actes, à grand spectacle, intitulé Le (häteau de Kenilworth, par Boirie et Lemaire, fut représenté à la Porte-Saint-Martin. le 23 mars 1822; et le 25 janvier 1823, Leicester, ou le Chäleau de Kenilworth, opéra-comique en 8 actes, par Scribe et Melesville, musique d'Auber. fut joué à l'Opéra-Comique.