Paris, 1852, in-18, pp
vous ne voulez perdre liberté de vous fayre fayre l'amour...» .… Chasles, dont on pourrait certainement dire que l’exactitude était son moindre défaut : !
Victor Hugo élève de la même façon à la dignité d’un texte historique une autre phrase du livre de Chasles. Darnley, dit Chasles, « voit d’un œil jaloux les bontés de sa femme pour le secrétaire piémontais *… » Et Hugo « Marie Stuart avait eu des « bontés » pour un cron, Riz- A (ENS)
Mais, pour les personnages secondaires, le Dictionnaire de Chaudon et Delandine a été sa source de prédilection : certains faits qu’il cite le prouvent clairement.
a) Élisabeth. Delandine fait allusion aux connaissances d’Élisabeth en matière de langues étrangères, à sa traduction d’'Horace, au soufflet qu’elle donna à Essex, etc. % et dit à propos de son protestantisme : « La haine contre l'Église Romaine s’étoit encore fortifiée dans son cœur depuis que Sixte-Quint, qui ne pouvoit s'empêcher de l'appeler en l’anathématisant, un gran cervello di Principessa, l’avoit excommuniée. » Le mot de Sixte-Quint à frappé Victor Hugo : «Dans la bouche de Sixte-Quint anathématisant Élisabeth, la malédiction tourne au madrigal. Un gran cervello di principessa, dit-il °. »
b) Anne Boleyn. « Ce n’étoit point une beauté parfaite, dit Delandine, mais ses grâces firent oublier les défauts de sa figure. On rapporte qu’elle avait six doigts à la main droite, une tumeur à la gorge, et une sur-dent. Henri VIII la vit, et ne s’en aperçut pas. »
Victor Hugo, curieux de tératologie, s'empare avidement de ces traits : « Les belles elles-mêmes pouvaient sans inconvénient être contrefaites. C'était accepté. Anne
1. Voici les mots employés par Marie : «.…. que. c'estoit follie à tous ceulx qu'affectoient vostre mariage avec M. le duc d'Anjou d aultant qu'il ne se pourroit accomplir, et que vous ne vouldriez jamais perdre la liberté de vous fayre fayre l'amour... » (Labanoff, éd. Marie Stuart, reine d'Ecosse, Lettres, etc., Londres 1844, vol. VI, p. 51): 5