Beeverell, op. cit.,t. VI, p
ce passage , mais il l’a modifié selon son procédé habituel dans un morceau qui devait d’abord figurer dans le texte”, mais que l’auteur à ensuite supprimé . « Voici comment fut confectionné Staviraza, qui eut l’honneur d’être le nain de Jacques IV, roi d’Ecosse. Des artistes en ce genre de sculpture l’avaient acheté âgé d’un an à sa mère mendiante. Ces ciseleurs lui avaient coupé le nez, les lèvres et les oreilles et lui avaient sculpté le crâne. Cela fit une tête de mort, qui chanta plus tard des chansons bachiques. En outre on le mettait la nuit dans une boîte trop étroite où il dormait comme il pouvait, de façon qu’il grandit tordu. Cette croissance comprimée le maintint petit et le fit comique. Le roi Jacques IV le vit, en fut charmé, et voulut l'avoir. Les inventeurs qui avaient acheté l’enfant brut 10 ascalins, le revendirent terminé 100 jacobus d’or. Bonne affaire. Il est vrai qu'ils l'avaient élevé, formé et nourri. On maria Staviraza à une naine et il eut des enfants qui malheureusement n’eurent rien d’assez monstrueux pour pouvoir figurer à la cour. On essaya de les sculpter, on s’y prit probablement mal, ils moururent. Staviraza lui-même, que sa torsion dans la boîte avait rendu rachitique, mourut jeune après avoir fait dix ans les délices de la monarchie écossaise. »
Il est vrai que « Jacques IV, roi d’'Ecosse » est une surcharge et que le manuscrit portait d’abord : « Voici comment fut confectionné Staviraza, qui eut l’honneur d’être le nain de... roi de Portugal. »
Victor Hugo se souvient aussi, sans doute, du roman de Walter Scott, Peveril du Pic, qui peint les mœurs de la Restauration et que Victor Hugo à certainement lu à cette époque, puisqu'il y à pris certains traits de sa comédie Mangeront-ils ? (1867, voir p. 152). Le nain Geoffrey Hudson y paraît. Son rôle cependant y est très honorable, et ne consiste nullement à amuser un roi : accusé de
4. Cf. l'indication suivante qui se trouve dansle Reliquat, f° 107 : » Mogons. et Monstres (Délices de l’Anglelerre, voir la table) ».
2. Dans l'alinéa qui commence ainsi : « Un enfant destiné à être un joujou pour les hommes, cela a existé... » L'Homme qui rit, &. I, p. 38.
3. V. Reliquat, fo 56. Le fragment est publié aussi dans les notes de l'édition Imp. nat. de L'Homme qui rit.
complicité dans la prétendue conspiration des Papistes, il à été enfermé à Newgate. Il est irascible et courageux et à tué un certain M. Crofts en duel. Son seul ridicule est d’être un lecteur trop assidu des romans de Mme de Scudéry. Sir Geoffrey est mentionné aussi dans l’article € Nain» du Dictionnaire de Conversation (1834) auquel M. Berret montre ‘ que Hugo a eu recours ?.
Pour ce qui est des punitions décrétées dans le «statut des premiers temps de Guillaume et Marie », qui aurait eu pour effet, selon Hugo, de disperser définitivement l’affliation des acheteurs d'enfants *, ce sont tout simplement, comme l’a montré Mile Maclean‘, les peines qui frappaient depuis longtemps déjà, — Chamberlayne les décrivait dans l’édition de 1671 de son Etat present de V'Angleierre — les félons profitant du bénéfice du clergé, les vagabonds, les parjures et les femmes querelleuses ‘.
Plus tard, lorsqu'il s’agit de la punition de celui qui avait volé et mutilé Gwynplaine, le nommé Hardquanonne, Hugo lui fait appliquer les lois des Wisigoths et des Frisons citées par Ducange à l’article Plagium, Plagiare, Plagiarius, où se trouve aussi la définition de « Plagiaire », donnée par Alexandre Nequam ‘. Mais Hardquannonne refuse de répondre à l’interrogatoire de ses juges, sans doute, comme l’affirme le sheriff, « dans l'espoir que lPenfant perdu ne serait pas retrouvé et qu’(il) échapper (ait) au châtiment ‘ » : ce qui permet à Hugo de décrire en détail « là peine forte et dure * », telle qu’elle est appli-
4. Revue d'histoire littéraire de la France, 1914, article cité.
2. Hugo fait allusion à « Jeffrey Hudson », dans L'Homme qui rit, vol. L, p. 40.
4. Modern Language Review. 4 octobre 1913. Comment Victor Hugo utilisa « L'État présent de l'Angleterre » de Chamberlayne dans « L'Homme qui rit. »
5. Victor Hugo les décrit d’après Chamberlayne (op. cat, 1re partie, pp. 55- 59). J1 ajoute, à propos du « eucking-stool », punition réservée, selon Chamberlayne aux femmes querelleuses, mais selon Hugo, aux femmes qui seraient trouvées parmi les comprachicos : « La loi anglaise étant douée d'une longévité bizarre, cette punition existe encore dans la législation d'Angleterre pour « les femines querelleuses ! » L’Homine qui rit, t. I, p. 26