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tiers de cette façon leur dernière pensée à Dieu et aux
hommes, et parfois ces missives de la mer abondaïent à l’amirauté. Un parchemin conservé au château d’Audlyene (vieille orthographe) et annoté par le Comte de Suffolk, Grand Trésorier d'Angleterre sous Jacques Ier, constate qu’en la seule année 1615 cinquante-deux gourdes, ampoules et fibules goudronnées contenant des mentions de bâtiments en perdition, furent apportées et enregistrées au greffe du lord-amiral'. » Une des gravures du cinquième volume de l'ouvrage de Beeverell montre « À General Prospect of the Palace of Audlyene, ou Vue générale du Palais d’Audleyene, à douze lieues de Londres, appartenant au Comte de Suffolk, et bâti par son grand-père, Grand Trésorier d'Angleterre sous le règne de Jacques Premier : ».
Une autre de ces gravures représente « Doddington dans le comté de Lincoln, maison de campagne de très honorable Seigneur Thomas Husey, Baronnet ».
Victor Hugo, après avoir dit que la fonction occupée par Barkilphedro à été supprimée «il y a plus d’un siècle », ajoute : « Le dernier titulaire fut William Husey, de Doddington en Lincoln *. »
Une autre des gravures de Beeverell montre « Coley, près de Reading dans le comté de Bercks., maison de campagne de Tanfeild Vachell, Ecuyer ».
« Elisabeth, qui parlait volontiers latin, dit Hugo, demandait à Tanfield de Coley en Berkshire, l’officier Jetson de son temps, lorsqu'il lui apportait quelqu'une de ces paperasses sorties de la mer : Quid mihi scribit Neptunus ? Qu'est-ce que Neptune m’écrit ? * »
2. Beeverell, op. cit., t. V, gravure ru a. Cette gravure semble, d'ailleurs, avoir vivement frappé l'imagination de Hugo. C'est probablement à elle qu'il pense lorsqu'il dit, à propos du palais où Gwynplaine se trouve après la révélation de sa haute naissance : « Cet ensemble avait l'aspect carré et massif du temps de Jacques I, mode vieillie et superbe. » L'Homme qui rit, t. II, pp. 181-2. k
3. 1bid, t. 1, p. 350, « d'une famille de baronnets », ajoute une phrase supprimée du MS (fe 204).
4. L'Homme qui ril, L. 1, p. 352. Toutes ces précisions, d'ailleurs, ont été intercalées dans le MS.
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La restauration de la pairie de Gwynplaine.
20 Le Wapentake. — Soucieux de nous ménager des surprises de roman-feuilleton, Hugo fait emmener Gwynplaine pour la confrontation avec Hardquanonne, le seul survivant des Comprachicos, par un officier, nommé « Wapentake! », dont un des devoirs principaux est de garder un silence absolu pendant l’exercice de ses fonctions. Cette arrestation silencieuse donne lieu à un petit traité historique qui semble indiquer de longues recherches consciencieuses et une Connaissance approfondie de la vieille législation anglaise, mais qui, en réalité, n’est qu’une suite de textes cueillis dans le Dictionnaire de Ducange et arrangés par Victor Hugo selon sa méthode habituelle.
Dans les deux textes suivants l’on remarquera que les mots (soulignés) qui seuls en constituent tout l’à-propos ont été ajoutés par Hugo lui-même !
DucaxGE (art. Servientes Spathæ.)
De horum officio, sic vetus consuetudo Normannie. Ms. I, part.
a) L'Homme qui rit? :
« Etre arrêté de la sorte, c'était être saisi « à le glaive de l’es-
pée » (Vefus Consuetudo Nor- sect. {, cap. IL : « Sous les manniæ, Ms. 1., part. Sect, I, Viscomtes sont les Serjans de cap. I). Les magistrats anglais l'espée, lesquieux... doivent
« se prévalaient speciaiement justicier vertueusement à l’es-
de cette prescription considérée comme faisant partie des antiques franchises féodales de l'Angleterre : « sous les viscomtes sont les serjans de l'espée, lesquels doivent justicier vertueusement à l'espée, tous ceux qui suient malveses compagnies, gens diffamez d’aucuns crimes, et gens fuitis et forbannis.. et les doivent si vigoureusement ef si discrelement apprehender (c'est moi qui souligne) que la bonne gent qui sont paisibles soient gardez paisiblement, et que les malfeteurs soient espoantés.… »
pée tous les malfeteurs et tous ceux qui suient malveses compagnies, gens diffamez d’aucuns crimes, et gens fuitis et forbannis, et les doivent 6 le glaive de l’espée et avec autres armes si vigoureusement justicier que la bonne gent qui sont paisibles feussent par les Serjans de l’espée gardez paisiblement, et que les malfeteurs soient espoantez... »
1. Hugo méconnait le sens exact du mot « wapentake », v. Chamberlayne op. cit., 2° partie, p. 105 et cf. L'Homme qui rit, t, IX, pp. 33-4.
Ducance (Sergentare) :
« Ils (les magistrats anglais) ci- « Charta Phillippi Regis Franc. taient la charte du roi Phillippe, Ann. 4307... Multos tenebimus de i307 : Multos tenebimus bastonerios, servientes, vel ofbastonerios qui. obmutescentes, ficiales quosque. qui pignorare, sergentare valeant. » seu sergentare valeant... »
b) L'Homme qui ril* :
D’autres textes cités à ce propos par Victor Hugo ont un rapport plus apparent mais non plus réel avec le silence du Wapentake. Il à consulté notamment l’article Silentium, mot que Ducange définit comme le nom d’une convocation ou réunion où s’agitent des questions ecclésiastiques, et à propos duquel Ducange cite Landulphus sagaæ, lib. 16 : « Fecit Imperator Silentium, adducens Patriarcham, et jubens eorum recitari confessiones. » Voici l’usage que Hugo à fait de ce texte : « Les magistrats anglais qui pratiquaient cette sorte de prise de corps, s'appuyaient sur de nombreux textes normands... Ils citaient Lundulphus sagaæ, paragraphe 16 : Facit imperator silentium ‘. »
Victor Hugo a consulté aussi l’article Signum, où sont décrits les différents signes adoptés par les moines, dans certains monastères, afin de ne pas violer le vœu de silence. Le signe qui indiquait chez les moines lintention de s’habiller et de se déshabiller lui à semblé particulièrement applicable, moyennant une petite altération, aux procédés du wapentake : « Pro signo vestiendi cum pollice et digito sequente vestem in pectore apprehendens trahe deorsum. Pro signo exuendi, trahe sursum », dit le « liber ordinis $. Victoris Parisiensis MS ». Et Victor Hugo : — « Pro signo exeundi, sursum trahe, dit le cartulaire normand : l'individu sur lequel venait se poser l’iron-weapon n’avait d'autre droit que le droit d’obéir. Nulle réplique à cet ordre muet. Les rudes pénalités anglaises menaçaient le réfractaire *. »
Les exemples historiques qui servent à prouver que cé