‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 165 sur 202 · LL · texte numérisé non relu

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L'HOMME QUI RIT à 193

« procédé de police » était «fort usité alors dans la Grando- Bretagne ‘ » ne sont pas très probants non plus, à en juger par celui de Neuhoff, roi de Corse. Selon Hugo, ce roi aurait été arrêté, comme Gwynplaine, sans qu’il sût pourquoi, par les ordres de Walpole. La source de ce détail est vraisomblablement le Dictionnaire de Delandine, qui, à propos de Walpole *, renvoie à l’article Neuhoff. Seulement, Delandine raconte que Neuhoff ayant été mis en prison pour dettes, « M. Walpole eut la générosité de faire pour lui une souscription, moyennant laquelle il appaisa ses créanciers, et délivra de prison ce prétendu monarque ‘… »

La restauration de la pairie de Gwynplaine.

39 L’investiture hors séance. — L’investiture de Gwynplaine se fait en dehors de la Chambre des Lords, dans une antichambre obscure, et en présence de deux ou trois témoins seulement, et ceux-là même presque aveugles. Hugo a d’excellentes raisons pour cela, des raisons de romancier et de poete : il veut sans doute que les autres pairs ne s’apercçcoivent de la difformité de Gwynplaine que lorsque celui-ci prononce son éloquente plaïdoirie pour les pauvres, et que puisse ainsi se révéler de la façon la plus éclatant: la signification symbolique de « l’homme qui rit, cariatide d’un monde qui pleure ». Mais Hugo ne se contente pas de ces raisons : il prétend aussi à une fidélité historique absolue et entoure son invention d’un étalage ridicule d’érudition à bon marché. « Le chancelier étant porteur, quodammodo ostiarius, disent les chartes normandes, januarum cancellorumque potestas, dit Tertullien, il peut officier en dehors de la Chambre sur le seuil, et lord William Cowper avait usé de son droit en

4, Ibid., &. IT, p.102.

2, Hugo avait d’abord nommé Walpole comme un des ministres de la reine Anne : à propos de la comparaison qu'il établitentre Anne et Louis XIV, il avait d'abord écrit : (Anne a) « un Colbert qui est Walpole. » Il a biffé cette phrase et écrit dessus « un Louvois qui est Pembroke » et intercalé, «un Colbert qui est Godolphin. » Ms. L'Homme qui rit, fo, 494. C’est sans doute à ce propos qu'il a consulté l’article Walpole dans Delandine.

accomplissant dans le rond-point vitré les formalités d’investiture de lord Fermain Clancharlie ‘. » La citation de Tertullien est donnée par Ducange (article Cancellarius), mais la définition des «chartes normandes » est tout simplement la conclusion tirée par Ducange lui-même de ses textes : « ex quibus patet Cancellarios dictos, quod ad Cancellos judicum starent. proindeque eosdem fuisse quodammodo ostiarios.… »

Néanmoins les lords font beaucoup de cas de cette irrégularité et il faut leur citer des précédents. « Quant à l’investiture d’un pair sur le seuil, et en dehors de la Chambre même, il y avait des précédents. Le premier baron héréditaire créé par patente, John de Beauchamp, de Holtcastle, fait par Richard IT en 1387, baron de Kidderminster, fut reçu de cette façon *. »

Debrett, dans la préface de son Pcerage, décrit minutieusement la cérémonie de l'investiture d’un pair, et ajoute : « The first who was advanced to the dignity of baron by patent was John de Beauchamp, of Holt Castle, created baron cf Kidderminster, co. Worcester, to him and the heirs male of his body, by Richard II. 1387 *. » Inutile de dire que Debett ne fait aucune allusion à « l’investiture d’un pair sur le seuil ».

Enfin, sans doute pour montrer à quel point il s’est pénétré de l’esprit de la constitution anglaise, Hugo ajoute : «Du reste, en renouvelant ce précédent, le lord-chancelier se créait à lui-même un embarras dont il vit l’inconvénient moins de deux ans après (nous sommes en 1705) lors de l'entrée du vicomte Newhaven à la Chambre des Lords ‘. » En réalité, tout ce que Hugo sait du vicomte Newhaven est que son nom ne figure pas sur la liste des vicomtes dressée par Beeverell*,à la date de 1707, et que sur là liste des Membres des Communes pour 1707, le nom du (Rt. Hon William Lord Cheyne, Viscount Newhaven »

. Jbid,, C'Il*p. 341.

IDUL prete

. Debrett, op. cif. t. I, p. 79.

. L'Homme qui rit, t. I, p. 341.

. Délices..., t. V.

OT d& OU KO

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