‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 168 sur 202 · II. PERSONNAGES FICTIFS · texte numérisé non relu

II. PERSONNAGES FICTIFS

20 La duchesse Josiane. — Cette aristocrate éhontée et perverse qui aime Gwynplaine pour sa difformité même n’est pas une conception nouvelle de Victor Hugo et ne provient certainement pas des recherches spéciales qu’il à faites sur l’histoire d'Angleterre pour L’Homme qui rit. Dans une lettre écrite à Louis Boulanger en 1839, pendant qu'il voyageait en Suisse, Hugo décrit un groupe de bateleurs qu’il vit un jour sur la place de Berne : il y avait parmi eux un homme très sale et très laid, qui dormait, insensible aux caresses qu’une jeune femme, d’une beauté remarquable, lui prodiguait : « Les femmes ont souvent du plaisir à sentir qu’elles font partie d’une antithèse, commente Hugo. Les plus belles, les plus jeunes et les plus charmantes se prêtent volontiers, par je ne sais quel sentiment inexplicable, à jouer leur rôle dans cette figure de rhétorique vivante, idolâtrant leur vieux mari à cause de sa vieillesse, et leur amant bossu à cause de sa bosse. Et maintenant, je suis tout prêt à applaudir l’écrivain quelconque qui voudra faire un roman intime intitulé : Histoire mélancolique des amours d’une colombe et d’un pourceau ‘. » Un passage curieux de Choses Vues, intitulé D’après Nature, et daté 1849, montre aussi une belle femme amoureuse d’un homme

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