En Voyage, éd. Imp. nat., pp
laid, qu’elle appelle affectueusement « ce sapajou de Serio * ».
Josiane (Josoefa Anna) est, comme Gwynplaine, un symbole. Elle représente la domination de lAngleterre, au xvrre siècle, par des mœurs espagnoles : « le reste des mœurs espagnoles et papistes, personnifié dans la duchesse Josiana (sic), dit Hugo dans une lettre inédite à un libraire londonien *, étonnera certainement la modestie anglaise actuelle, mais c’est au stuartisme et au catholicisme qu’il faut s’en prendre. Je ne suis, moi, qu’historien et philosophe.» Ces mœurs espagnoles se révèlent, dans l'Homme qui rit, pax d’autres traits : Ursus, par exemple, compose et fait réciter dans les foires, des vers espagnols ; et le peuple comprend : car « l'espagnol était alors une langue courante, et les marins anglais parlaient castillan de même que les soldats romains parlaient carthaginois ? ». À vrai dire, il en est ainsi en Angleterre depuis le règne d'Élisabeth : « Après la défaite de l’Armada, le castillan fut - chez Élisabeth un élégant baragouin de cour... les modes castillanes pénétraient en Angleterre ; en revanche, les intérêts anglais s’infiltraient en Espagne :. »
L’idée n’est pas nouvelle dans l’œuvre de Hugo. Elle est exprimée, surtout, et d’une façon qui en accuserait peut-être, le manque de profondeur, dans la Conclusion des Lettres du Rhin : à la fin de la comparaison que Victor Hugo y établit entre l'Espagne du xvire siècle et l’Angleterre du x1x® siècle (voir p. 98), il indique «une dernière et définitive assimilation » : « l'Angleterre a dévoré l’Espagne... Un état n’en dévore un autre qu’à la condition de le reproduire »; en effet, « aujourd’hui, en parcourant du regard les domaines britanniques, on ne voit que noms portugais et castillans... ; partout l'Espagne est visible,
partout l'Espagne reparaît.… ; on reconnait toute la
monarchie espagnole dans les possessions de la Grande-