Ibid., t. 1, pp
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Bretagne, comme on retrouve un jaguar à demi digéré dans le ventre d’un boa ‘ ».
Josiane n’a, cependant, rien d’une vague et abstraite personnification et, selon son procédé habituel, Hugo tient à garantir sa parfaite authenticité comme type historique. Bien que la plupart des cas historiques semblables cités par Hugo, dans le texte imprimé, appartiennent à l’histoire de France?, il est possible que l’infatuation de Marie Stuart pour Rizzio, que Victor Hugo appelle, je ne sais d’après qui, «un cron” », ait été pour quelque chose dans la conception de Josiane. Hugo y fait plusieurs allusions dans le Reliquat. La note suivante se trouve sur une enveloppe collée au feuillet 157: «Marie Stuart out la fantaisie d’un bossu, David Rizzio. Josiane princesse. aussi... le caprice d’un monstre. le doigté des aristocrates. » Et encore, dans un petit carnet, qui contient, d’après l'inscription qui se trouve sur la couverture, « tout ce qui est nécessaire pour faire le grand chapitre sur le Londres du xvire siècle », mais où il n’y à pas un mot sur Londres, il y à l'indication suivante : « à Josiane affolée de Gwynplaine, Barkilphedro dit : Pourquoi ne lui demandez-vous pas un rendez-vous ? Marie Stuart l’eût fait *. » Obéissant peut être à ce conseil Josiane décide d’aller consulter une sorcière pour savoir le moyen de communiquer avec Gwynplaine : la sorcière lui donne les conseils que l’on devine et ajoute : « C’est par ce moyen que Marie Stuart fit venir près d'elle Rizzio 5. »
Mais l'exemple de Marie Stuart n’a pas suffi à Hugo. Dans un passage du chapitre préliminaire sur les Compra chicos, il attribue des goûts contre nature à plusieurs pairesses anglaises du xvIre siècle : « Barbe, duchesse de Cleveland et comtesse de Southampton, avait pour page un sapajou. Chez Françoise Sutton, baronne Dudley, huitième pairesse du banc des barons, le thé était servi par
A. Lettres du Rhin, t. IL, pp. 366-8.
. L'Homme qui rit, t. I, pp. 308-9.
. Ibid., t. 1, p. 308. Delandine appelle Rizzio « un vieillard dégoûtant », . Reliquat, f° 154.
. L'Homme qui rit, éd. Imp. nat., notes de l'éditeur.
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un babouin vêtu de brocart d’or que lady Dudley appelait « mon nègre ». Catherine Sidley, comtesse de Dorchester, allait prendre séance au parlement dans un carrosse armorié derrière lequel se tenaient debout, museaux au vent, trois papions en grande livrée. Une duchesse de Medina-Coeli, dont le cardinal Polus vit le lever, se faisait mettre ses bas par un orang-outang ‘… » Les ratures et les ajoutés du MS. de l'Homme qui rit , sont ici très significatifs et indiquent la valeur historique de ces détails. Dans ce passage, qui n’est d’ailleurs qu’une intercalation, il n’y avait d’abord aucun nom propre : Hugo s'était contenté de dire : « les plus hautes dames d'Angleterre. » Puis, soucieux de « fidélité historique absolue », il à consulté le Catalogue des Pairs d'Angleterre selon leur Rang dans l’ouvrage de Chamberlayne * et à choisi des noms au hasard. Il à eu des hésitations significatives aussi à propos des détails : Lady Dudley se faisait servir le thé, d’abord par «un... en livrée », puis par «un orang-outang » : ce n’est qu’au troisième essai que Hugo à trouvé le « babouin vêtu de brocard d’or ». De même, c'était d’abord Catherine Sidley, comtesse de Dorchester, qui « se faisait
mettre ses bas par un orang-outang » : et Hugo ajoutait tout de suite son commentaire, « les singes montés en grade... »
La source de ce trait est probablement l’article Nain du Dictionnaire de la Conversation, 1834, où on lit: « Les Orientaux aux yeux desquels l’homme semble être fait pour servir de jouet à l’homme, apprirent aux Grecs et aux Romains l’art d'empêcher la croissance et de créer pour ainsi dire des nains artificiels. Les dames de Rome payaient fort cher de DAEONS serviteurs qu’elles employaient à différents usages‘. »