‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 172 sur 202 · Op. cit., 1e partie, p. 461 et suiv · texte numérisé non relu

Op. cit., 1e partie, p. 461 et suiv

4. Le Speclateur ou le Socrale moderne…., Amsterdam, 1714, in-12, pp. 87-8.

publiée dans la Revue des Deux Mondes, du 15 avril 1860, sur «les Clubs de Londres », par Esquiros, qui ne nomme pas Mme Visart, mais qui dit bien que « Gabriel Riquetti,

comte de Mirabeau, fut nommé à l’unanimité membre

honoraire, lors de son voyage à Londres * ».

Remarquons aussi ce que le portrait de lord David doit aux Mémoires du Chevalier de Grammont, par le comte Antoine Hamilton. Hugo me semble avoir eu recours, notamment, à l'édition publiée par G. Brunet en 1859 . Dans son introduction, G. Brunet donne une peinture intéressante de la cour de Charles IT, en utilisant le Journal de Pepys, celui d’'Evelyn, et les articles publiés par E. D. Forgues, sur John Wilmot, comte de Rochester, dans la Revue des Deux Mondes (15 août et 1eT septembre, 1857). Hugo me semble avoir pris dans l'introduction de G. Brunet le trait suivant des mœurs de la cour de Charles IT : en 1660, dit-il « les bonnes vieilles mœurs faisaient leur rentrée, les jolies femmes régnaient et gouvernaïent. Evelyn en à pris note ; on lit dans son journal : «Luxure, profanation, mépris de Dieu. J’ai vu un dimanche soir le roi avec ses filles de joie, la Portsmouth, la Cleveland, la Mazarin, et deux ou trois autres ; toutes à peu près nues dans là galerie du jeu‘ »… Voici le passage d’Evelyn, tel que G. Brunet le reproduit : « Je ne saurais oublier la scène de corruption, de dissipation et d’oubli de Dieu dont je fus témoin la semaine dernière, dimanche soir : le roi badinait avec ses concubines, Portsmouth, Cleveland, Mazarin, etc. ; un petit Français chantait des vers sur des paroles indécentes ; une vingtaine de personnes de la plus haute distinction jouaient à la bassette autour d’une table *.… » ;

G. Brunet donne beaucoup de détails à propos des orgies de la jeunesse dorée sous Charles IT : il nous montre Rochester et Buckingham enlevant la femme d’un vieux

1. L’Angleterre et la Vie anglaise, Paris, 4869, vol. II, pp. 30-1. 2. Paris, in-18.

4. Hamilton, Mémoires du Chevalier de Grammont, éd. G. Brunet, introduction, p. xLI.

puritain, lord Buckhurst impliqué dans une affaire de vol, mêlée d’assassinat, Buckhurst et Sedley courant les rues la nuit tout nus, d’autres jeunes courtisans RTACRENS Sir John Coventry de sa voiture et lui coupant le nez, ete. Ce sont là évidemment les aventures dont Hugo se souvient lorsqu'il décrit les fredaines du Fun Club et du. Mohock Club”. N°y aurait-il pas quelque rapport entre une certaine « société des Ballers », dont parle Pepys, dans un passage cité par Brunet, et où l’on dansait nu et faisait «toutes les sottises imaginables * », et le Club des Eclairs de Chaleur (Merry Danses Club) où, selon Hugo, « l’on se donnait pour spectacle un vers de Lucrèce, Tune Venus in sylvis jungebat corpora amantum * ?... » Et le She romps Club, où de jeunes lords forçaient des bourgeoises à marcher sur les mains, les pieds en l’air, ne serait-ce pas un souvenir de la menace proférée un jour par le comte de Pembroke contre sa belle-sœur, la duchesse de Portsmouth * ?

Notons, aussi, la part de la Chronique de la Régence et du règne de Louis XV, par Barbier ‘ (que Hugo lisait à cette époque pour son roman de Quatre-vingt-treize), dans ces inventions. Barbier parle à plusieurs reprises des « convulsionnaires », qui cherchaient à accréditer la religion par des moyens extraordinaires. Victor Hugo à noté, parmi

ses notes de travail pour Quatre-vingt-treize, le trait sui-

vant, Cité par Barbier : « Convulsionnaires rue Saint- Honoré. Une femme nommée Nicette y danse sur la tête, jupes tombantes, attitude peu propre à la canonisation dit Barbier ‘. » Ce trait serait-il pour quelque chose dans

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